lundi 27 mars 2017

Voyager : slow food



Image tirée du net

Je pars.
Demain j’ai rendez-vous avec de vraies stars, 
une jeune fille et un petit oiseau, 
dans un décor plutôt chic.
Suite à cela, je serai admise à la table de grands maîtres.

Après ces rencontres fastueuses, 
il s'agira de trouver un troquet à la hauteur
pour casser dignement  la croûte le soir venu.

dimanche 26 mars 2017

Habiter : le bon endroit


Vienne derrière un store depuis le Léopold Museum

A la voir, cette maison,
Avec ses lignes épurées, son absence de fioritures (mais non de floraisons)
ses larges baies vitrées, son économie de moyens,
pourrait-on imaginer les interminables séances
lors des mises au point avec les architectes ?
De tous ces débats, R. rentrait lessivé.
J’en sortais émoustillée et bien décidée à avoir le dernier mot.
Au final, beaucoup d'éclats pour peu de chose :
Juste une maison évidente et claire

D’où il fait bon partir, où il fait toujours bon revenir. 

samedi 25 mars 2017

Vivre : sale caractère


Cathédrale Saint-Laurent /  Portail (détail) / Trogir

Sur la terrasse, tôt ce matin, il avait l’air bougon.
Tempêtant, pestant, il m’a poursuivie jusque dans la cuisine,
où il a encore entrepris de me harceler.
Pas commode, aujourd’hui.
J’ai dû le mettre à la porte.
Mais que lui ai-je donc fait,
au vent ? 

vendredi 24 mars 2017

Vivre : furtivement


Rovinj / 2016

Le chemin qui mène au village contourne ce qu’on nomme pompeusement le « château »,
une belle bâtisse début du XIXème fort bien entretenue par ses discrets propriétaires.
Son jardin arrière est clos par un mur sur lequel ondoie une vigne vierge à la belle saison.
Il y a, dans ce mur, juste au coin, un portail en bois patiné, toujours soigneusement fermé.
Le « château », bien que placée en son cœur, est certainement la maison la plus secrète du village .
Sauf que…
certains jours…
pas plus de deux ou trois dans l’année…
le portail est entrouvert (oh, très peu, juste de quelques centimètres)
Comme une invite.
Alors, immanquablement, je ressens l'envie de planter les freins, descendre et me glisser à l’intérieur.
C’est dans ces moments-là, quand mon pied se lève imperceptiblement,
que je me sens le plus proche de mes six ans.
Alors, quoi qu’on m’ait interdit, quelles qu’aient pu être les menaces,
je serais entrée

dans le plaisir électrique des palpitations surmontées.

jeudi 23 mars 2017

Vivre : Still life / 15




Acheter ou recevoir de jolis marque-pages. Oui.
Mais au final, toujours utiliser :
Des tickets de train / des quittances / des emballages de bonbons ou de chocolat / 
des billets d’entrée / des dépliants / des étiquettes de vêtements /
et même des brins d’herbe ou de tapis 

Au fil des lectures rendre utile le voué à l’inutile

mercredi 22 mars 2017

Habiter : à la lisière


Pavillon chinois / Potsdam


La pauvreté, c’est le manque qu’on subit.
La simplicité, c’est ce qui suffit.
Le luxe, c’est, en dehors des modes et des diktats,
ce dont on jouit.

Le luxe inouï : cette biche, à quelques pas, 
qui s’est enfuie.

mardi 21 mars 2017

Vivre : des questions, des réponses


Untitled / 2009 / Troels Wörsel / SMK / Copenhaguen


Désolée. Pas moyen de participer : je ne connais pas 11 nouveaux blogueurs susceptibles d'être sollicités. N’ai sans doute pas assez prospecté et certainement pas assez commenté. Viens tout juste de réaliser que je suis certains blogs depuis des années sans y avoir jamais laissé la moindre trace (j’aurais quand même pu écrire merci, quelque chose de gentil, quelle malpolie !). C’est que, voyez-vous, dans un blog, il faut déjà oser entrer. Et puis, moi, ce qui m’intéresse, dans un blog, c’est… le blog. Le blog avec ses textes et ses photos, laissant entrevoir en filigrane la personnalité qui offre tous ces cadeaux. Je découvre, je lis, j’admire, j’empathise, et je m'en vais sur la pointe des pieds … c’est tout. Je ne suis pas particulièrement fan de « like », d’abonnements en tous genres, ou de points de fidélités.

Cependant, Dédé dont je devine la sensibilité et la forte vitalité à travers ses billets et ses passages ici,  m’adressé comme à 10 autres blogueurs 11 questions. J’ai tenté d'y répondre de mon mieux. Voici :


Que t’apporte ton blog et pourquoi avoir décidé d’en ouvrir un ?]
Je tiens quotidiennement un journal depuis l’âge de 13 ans. Il m’est indispensable et constitue toute ma mémoire. J’y note tout ce qui me marque. Mais je le trouvais un peu chaotique, verbeux, déstructuré. J’ai souhaité en extraire l’essentiel, poser mes expériences et réflexions de manière plus compacte. Ecrire le quotidien, les choses de la vie, des scènes de rue, des questionnements en un minimum de mots. Dans Magari ! je voulais aussi partager mon amour pour l’art à travers certaines œuvres que j’ai photographiées, mais sans discours, en laissant juste parler l’image.

[Quel est le principe directeur de ton existence ?]
« Principe directeur » est un bien grand mot. J’essaie d’être «juste quelqu’un de bien ». Et ce n’est pas évident tous les jours.

[Quel événement de société t’a fortement marqué durant l’année 2016 ?]
Ça n’est pas propre à l’année 2016 : les barques remplies de migrants, les arrivées de convois aux frontières, les dangers bravés, les murs de barbelés Ce qui me marque et me blesse tout à la fois : Au sein de l’Europe et des pays riches, le manque de solidarité et les renvois de balles quant aux responsabilités. Les pays les plus exposés qui doivent faire face et se défendent comme ils peuvent. Les répressions, les refoulements. Migrants économiques, migrants politiques, victimes de guerres, on ne voit pas toujours comment faire la distinction. On rêverait de regards et de solutions globals. Ça fait des années que je me dis : ça ne peut pas durer, ces inégalités nord-sud, ces exploitations de la misère. Moins on échange convenablement et plus les tensions vont augmenter. Il me semble que les pays riches devront tôt ou tard rendre compte de leur richesse et que nous devons forcément adopter un mode de vie décroissant pour que chaque habitant de la Terre ait droit à sa part (nourriture, logement, éducation, santé).

[Quelle est la passion qui te fait vivre?]
A mesure que j’avance, je suis de moins en moins passionnée et de plus en plus intéressée par tout ce qui vit. Je crois que j’ai remplacé la passion par l’observation. Tout simplement. J’aime découvrir la vie et ses multiples facettes, encore et toujours.

[Qu’est-ce qui te rend heureux dans ta vie?]
L’apprentissage sous toutes ses formes. Tout ce qui tremble et palpite. La beauté. La nature. L’amour aussi, naturellement. (Et ces basiques : nager, pratiquer l’art des terrasses et l’inactivité magistrale, bien manger, respirer, lire, créer, …)

[A l’inverse, qu’est-ce qui te rend triste ?]
D’une manière générale, la mort, quelle qu’elle soit. Tout ce qui se termine. Mais il s’agit là d’une tristesse sinon douce, du moins apaisée. Ce qui me désole intensément, c’est l’aptitude de l’être humain à la destruction. Le gaspillage d’énergies dans des conflits et dans la violence. Ça, c’est le pire, parce que la fin et la mort sont des choses naturelles, tandis que les conflits, je me dis qu’ils génèrent des montagnes de souffrance qu’on aurait pu éviter.

[Si tu étais un paysage, comment serais-tu ?]
Un paysage lié à la mer, sauvage, vaste, ouvert sur le large.

[Si on te donnait un appareil de photo pour une journée, que prendrais-tu en photo et pourquoi ?]
Une ville, ses habitants, ses scènes de la vie ordinaire. C’est quelque chose que je ne sais pas faire, que je loupe systématiquement, alors je m’y essaierais encore une fois. En fait, souvent, je pose sur les choses un regard photographique. Je regarde le monde autour de moi et je le photographie en imagination. Je crée des photos mentales… qui se traduisent rarement en bon résultat numérique.

[Quel événement dans l’histoire de l’humanité aurais-tu aimé vivre ?]
La découverte de l’Amérique. Imaginer Christophe (ou Amerigo) se lancer avec courage, naviguer dans l’incertitude et finalement voir poindre une terre inconnue au loin, ça devait être quelque chose. Bon. Après, les ravages causés par cette découverte, c’est une autre histoire…

[Quel monument souhaiterais-tu visiter une fois dans ta vie ?]
Je préfère les paysages aux monuments. Une longue plage au bord du Pacifique, de vastes prairies mongoles.

[Quel livre me recommandes-tu et pourquoi?]
Un ? Alors, disons, le Quarto consacré à Annie Ernaux. C’est une écrivaine qui a très bien su décrire la vie et le réel avec précision, honnêteté, sans le moindre sentimentalisme. Ses thèmes : la femme, la mobilité sociale, la relation complexe aux origines, la vie amoureuse, l’observation scrupuleuse du social dans ses infimes détails. Chez elle, on sent un travail d’écriture rigoureux, sans aucune concession. Elle ne fait rien pour séduire ou appâter le lecteur. Elle n’est pas nombriliste non plus : elle se place comme sujet de la plupart de ses livres mais pour montrer quelque chose d’universel et d’humain. Du reste, le Quarto s’intitule Ecrire la vie. Et puis, comme rab je rajouterais Mémoire de fille, son dernier livre.