jeudi 18 janvier 2018

Regarder : Giotto, le renouveau


Déploration Giotto / Cappella degli Scrovegni / Padoue

Cette déposition, une merveille d'équilibre :
La composition, parfaite.
L’innovation des postures et des gestes.
La dramaturgie, l'expression des visages.
L'harmonie des couleurs, la douceur des drapés.
C'était en 1303, l'émotion est toujours là.
Cette déposition, je ne m'en lasse pas.

mercredi 17 janvier 2018

Voyager : sur les traces du ragondin


Altichiero / Cappella San Giacomo / Padoue


Scoletta del Santo / Padoue

Tandis que je parcourrai les rues de la ville
que je retrouverai d'anciennes connaissances
sera-t-il encore là, lui, mon infatigable nageur ?

Pian della Valle / Padoue


mardi 16 janvier 2018

Vivre : la traversée de l'hiver / 18





Pendant cet accompagnement, fatalement, on est confronté à sa propre fin.
On s’interroge. On demeure pensif. Et triste aussi.

Mais, le plus dur, c’est quand on en vient à penser : surtout pas ça.

lundi 15 janvier 2018

Vivre : Still life / 37




Nos assiettes : blanches, tournées à la main dans une poterie toscane
Nos casseroles et nos couverts : tous de la même ligne sobre, inoxydable.
Nos verres : achetés par douzaines dans un grand magasin suédois, un de cassé dix de retrouvés.

Il n’y a que nos tasses qui font tache : toutes dépareillées, des élues, des rescapées, 
de brocantes en artisans, de coups de cœurs en coups d'éclats, 
le moment du café devient un bric-à-brac coloré. 

dimanche 14 janvier 2018

Lire : les amours contrariées





Comme il était entendu que Wen ne logerait pas à l’université, nous sommes allés passer deux ou trois nuits à l’hôtel des Collines parfumées. C’étaient à l’époque de jolies bâtisses de brique grise, sans étages. Deux rangées de chambres donnaient sur une cour allongée. On se lavait dans la cour, mais il y avait des salles de bains. A peine installés, nous avons eu la visite de deux policiers, c’était en début de soirée. L’un, qui s’était posté sur le pas de notre porte, a crié à l’autre, qui était resté à l’entrée de l’hôtel : Yige waibin, Yige neibin ! littéralement : un hôte du dehors (un étranger), un hôte du dedans ! Nous avons produit notre certificat de mariage. Ils étaient certainement avertis de notre venue, mais voulaient se montrer. Nos nuits : selon le conseil de Stendhal, je saute le bonheur. [p. 69 (ça ne s’invente pas)]

Jean-François Billeter, éminent sinologue suisse, vient de publier aux éditions Allia ce petit livre dans lequel il raconte la rencontre de sa femme Wen et l'aventure rocambolesque de leur mariage dans la Chine du milieu des années 1960. Parti comme étudiant à l'université de Pékin pour y approfondir ses connaissances de la langue, il fait la connaissance d'une jeune femme médecin. Mais cette idylle naissante se heurte à toutes sortes d'oppositions : les Chinois ne sont pas censés entretenir de relations personnelles avec des étrangers. Pour se tirer de cette situation dangereuse et complexe, il doit introduire une demande de mariage en bonne et due forme. C'est le début de toute une série de tracas et d'une histoire d'amour que la mort même n'a pas su interrompre. L'écriture est sobre : une page de l'histoire de la Chine racontée par le biais de quelques tranches de vie. A travers quelques descriptions retenues (une longue tresse noire sur laquelle il a tiré d'un coup ferme lors de leur première rencontre, une pèlerine vert pomme portée lors d'une balade pluvieuse, une prompte répartie face aux questions de policiers fureteurs), on devine la beauté et la force de caractère de la jeune femme qui sourit sur la couverture.
Wen est décédée en 2012, mais elle accompagne toujours J.F. Billeter. C’est cette présence continue qu’il retrace dans Une autre Aurélia, texte qui attend sagement sur ma pile et que j'ai hâte de découvrir.



samedi 13 janvier 2018

Voir : l'apaisement


Drop / Tom Shannon / Chateau Lacoste / Le Puy-Sainte-Réparade

Le lac : 
une mer d’huile
que les nuages
viennent caresser.

vendredi 12 janvier 2018

Vivre : dialogue sentimental


Sarcophage des époux / Villa Giullia / Rome


Il m’a demandé si je souffrais de solitude. Il a insisté : la solitude me faisait-elle souffrir parfois ?
Je l’ai regardé intensément : beaucoup moins que certaines présences.
A vrai dire : beaucoup moins que la plupart des présences.
En envisageant la question sous un autre angle,
il me semblait que je me sentais bien plus privilégiée par la solitude,
que par la présence d’autres personnes à mes côtés.

(si ce n’était la sienne naturellement, ai-je ajouté, amoureusement).