samedi 15 mai 2021

Vivre : recentrage

 
Portrait de Aletta Hanemans (détail) / Frans Hals / Mauritshuis / La Haye
 
 
Que faire quand tout semble étranger, aussi éloigné que la plus éloignée des étoiles ?
Que faire quand tout paraît se taire, que rien ne vient murmurer à nos oreilles esseulées?
Que faire ? Rien. Rien d'autre que se retirer pour se retrouver, s'isoler pour s'écouter.
 

vendredi 14 mai 2021

Vivre : distinction

 
Portrait d'une jeune femme / Sir Joshuah Reynolds / KHM / Vienne
 
Blessés ou vexés, nous voici malmenés. Mais, alors que nous ne pouvons que constater la blessure et tenter de la panser, nous pouvons décider de laisser l'humiliation là d'où elle vient et à qui elle revient. Point besoin de se fâcher, pas question de nous sentir offensés, la vexation est une balle qui ne nous appartient pas et que nous ne ramasserons pas. 

jeudi 13 mai 2021

Vivre : les terriers

 
 
Désormais, dans les premières lueurs du jour, aux chants,
aux croassements, aux roucoulements, aux zinzinulements,
aux trilles, aux cris, aux symphonies, aux gazouillis, 
aux trémolos, aux vibratos, aux différents signaux, 
aux pépiements, aux piaillements, aux gloussements, 
aux hululements, aux piaulements se mêlent mes sifflements :
à force de s'acharner, le bougre finit par s'égarer au plus profond de la forêt.
 

mercredi 12 mai 2021

Vivre : jours de blancheur

 
 

La pluie qu'on attendait s'est mise à tomber.
Le livre qu'on n'espérait plus s'est dévoilé
On frissonne un peu. On regarde le paysage.
On se met à ordonner ses émotions, ses idées.
On comprend qu'on est sur le point d'arriver.


mardi 11 mai 2021

Habiter : la fourmilière

 
La sortie / Roy Lichtenstein / Albertina / Vienne
 
L'observation d'une maison est aussi intéressante qu'un précis d'entomologie. Les objets ressemblent à des fourmis qui vont et viennent, s'activent, se révèlent indispensables (et aussi parfois cassables). 
Une maison qui vit, que l'on soit sensible à l'usage des choses, que l'on se refuse au gaspillage, que l'on soit précautionneux ou maladroit, ne cesse d'évoluer. Un verre tombe. Aïe! C'était le préféré. Il s'agira de le remplacer. La bouilloire rend l'âme après dix ans d'irréprochable activité : il en faudra une rouge, bosseuse et racée, apte à lui succéder. On affiche une carte à l'entrée, texte imprimé en noir sur fond canari : Excuse the mess, but we live here. C'est bien de cela qu'il s'agit : une maison, ça bouge, ça vibre.
Ainsi, les objets, indicateurs de vitalité, s'invitent dans tout l'habitat, impulsent des échanges et des changements, innovent allègrement. Surgissent de nouvelles couleurs, de nouvelles formes, de nouveaux formats. Un coussin, un bouquet, une table basse. Une assiette, un deuxième coussin, une jolie tasse. Une maison est une fourmilière qui danse, valse discrète ou tango passion, un organisme vivant en constante mutation.
Les maisons rances, recluses, délaissées, sont celles où rien ne change jamais. Elles retiennent tout, n'intègrent rien, ne voient plus le temps passer : des horloges arrêtées, des aiguilles qui refusent de tourner. Elles sont poussiéreuses, même si on y passe la poussière. Elles sentent le renfermé, même quand on les aère. Des lieux où personne n'a le désir de s'inviter, parce qu'il n'y a aucun espace pour la nouveauté.
Il y a aussi les maisons déstructurées, stressées, désordonnées. Les lieux où tout se déplace, où rien n'a vraiment de place. Tout change tellement, et tout le temps, que plus rien n'a d'importance, au cœur du chambardement. Oui, les maisons sont les reflets de leurs habitants. Chacune de leurs pièces est une biographie. Chacun de leurs recoins une page de vie On les observe et on comprend. On regarde et on apprend. 

lundi 10 mai 2021

Vivre : l'absence

 
Loneliness / Alice Neel /  National Gallery of Art / Washington
 
Jour de pluie. Elle s'ennuie. Elle observe les perles qui se noient. Elle regarde les branches qui ploient. Elle prend puis repose puis reprend un livre, mais la poésie ne prend pas. Elle hésite, hésite encore, se retient de croquer dans un chocolat. Le temps s'étire, chat indocile, le temps se refuse à être amadoué, se fait rétif, se fait ennemi, colle comme une pâte qui ne veut pas lever, charrie des souvenirs qu'elle voudrait remiser. En verre pervers s'élève entre la vie et elle un mur d'hostilité. Elle regarde le fauteuil vide que personne ne vient habiter. Elle hésite, hésite encore, se retient de pleurer.

dimanche 9 mai 2021

Vivre : lenteurs

 
Cathédrale Notre-Dame.de-Nazareth / Cloître / Vaison la Romaine


 
Sérénité : un pas après l'autre, la certitude d'avancer.