mardi 28 avril 2026

Vivre : laisser passer le passé

 
Madonna e bambino tra due angeli reggicortina / Matteo Lappoli 
/ Museo nazione Arte médievale e moderna / Arezzo
 
Il revient toquer à ta porte ? Ouvre grand. Laisse-le entrer.
Ne t'avise pas de résister : accepte d'être remuée. Accepte
de perdre l'équilibre pour le retrouver. Ce vagabond de passage
n'est pas voué à s'incruster. Sois l'hôte qui offre l'eau et le pain. 
Fais-lui une place à ta table. On appelle ça se pardonner. 
 
 

lundi 27 avril 2026

Vivre : rire aux anges

 
Archange Michel / Portail central / Collégiale (ou cathédrale) Saint-Vincent / Berne
 

Certains dimanches matin, partir tôt à Berne, longer l'Aar, contourner la ville si haute si belle, toujours la même balade, mais jamais la même promenade, toujours le même alignement, et jamais les mêmes façades. Avancer parmi les ions négatifs, les murmures nonchalants, les flots bouillonnants, les chœurs volatiles, et, sur le gravier, les poussées cadencées des joggeurs,  les dérapages plus ou moins contrôlés de quelques cyclistes amateurs, les pas légers des marcheurs, et les cloches, quelque part dans les airs, les cloches qui ne cessent de s'appeler de s'interpeler de clocher en clocher. A tant être dans l'instant j'en oublierais mon enveloppe humaine, je suis brise, je suis chant, je suis bronze vibrant, je suis gong qui résonne. Le bonheur des dimanches est là : dans cette fusion totale, cette appartenance universelle. Je fonds dans la ville comme un sucre au fond de son bol. Je fonds et je suis. Je ris aux anges. Je vis.

 

dimanche 26 avril 2026

Vivre : signe et persiste

 
statuette / Museo nazionale archeologico / Taranto
 
 
 impossible de reculer, impossible de les fuir
ces moments où la vie nous impose de grandir 
 

samedi 25 avril 2026

Vivre : un ouragan d'objections

 
Portrait du Comte Preben Bille-Brahe /C.W. Eckersberg / NYCarlsberg Foudation / Copenhague
 
 
 A l'homme rempli d'indignation 
objecter cette simple évidence :
quand on adresse une demande
on peut se voir répondre : "non"
 
 

vendredi 24 avril 2026

Vivre : réveiller la lumière

 
Château d'Issogne / Val d'Aoste
 
 Tous les matins
quelle que soit la saison
 être éveillée avant son entrée
voir poindre et se former 
le premier rayon 

jeudi 23 avril 2026

Vivre : questions de conduite

 

 
Hier était une journée à peu près ordinaire. Ce qui signifie : balades avec le chien, yoga et relecture de Patti Smith (Devotion). Comme R. devait prendre trois trains plus un bus pour se rendre à un rendez-vous, je lui ai proposé de l'accompagner en voiture jusqu'à la ville la plus proche et d'aller l'y rechercher à son retour, histoire de raccourcir les temps d'attente (des temps qui en ce moment de l'année sont souvent bouleversés par les accidents de personnes ou des pannes diverses). 
A l'aller, après l'avoir déposé, j'ai promené le chien avec une certaine appréhension, car je n'avais pas assez de monnaie pour mon parcomètre. Je marchais sous un soleil insolent en craignant de trouver une prune sur mon pare-brise à la fin de notre balade. Au retour, l'après-midi, j'avais de l'avance et j'ai décidé de patienter devant la gare. Il y avait deux voitures de police sur la place et ce qui m'a frappée, c'est l'attitude des policiers envers les conducteurs de deux véhicules mal garés. On aurait pu croire que les choses allaient se passer ainsi : constat, verbalisation, injonction à dégager. Mais pas du tout. Les gendarmes discutaient, longuement, civilement, avec les intéressés. On aurait dit une conversation aimable, un échange de points de vue (j'ai souvent constaté que cette petite ville est un parangon de savoir-vivre, souvent les gens sont confondants d'amabilité). Dans les faits, je suis restée là pendant 15 minutes et durant tout ce temps aucune amende n'a été remise. Les dialogues étaient encore en train de se poursuivre quand j'ai embarqué R. pour rentrer. 
Apparemment, pour apprendre à vivre en société, ici on préfère discuter plutôt que tacler.
 

mercredi 22 avril 2026

Vivre : chaque chose en son temps

 
 

 
pourquoi tant d'impatience à vouloir déjà être là-bas
quand c'est juste à présent qu'ici fleurit le colza ?