Barilla, c'est quoi ? Jamais eu autant de basilic que cette année. Des bouquets et des bouquets luxuriants, vigoureux, pleins de vitalité se déploient au jardin, prêts à être récoltés et à se mélanger avec huile d'olive et ail. Un pot nous fait trois jour, avec des pâtes, des tomates ou tout simplement du pain maison pour saucer. Le secret de cette croissance débridée ? C'est peut-être qu'on a renoncé à sarcler, éliminer les mauvaises herbes, on leur a juste permis de se débrouiller entre elles, et cette synergie semble très bien fonctionner. Laisser les plantes se choisir et profiter de leur complicité, c'est peut-être la leçon de jardinage de cet été.
... MaGARi!
4 août 2026
3 août 2026
Vivre : la belle expression
Ces derniers temps, c'est peu dire que je nage dans le bleu. Et souvent.
Sauf qu'hier, en vert et contre tout, j'ai (péniblement) remonté la rivière.
2 août 2026
Regarder : le monde qui nous entoure
Photographies de Todd Hido / Espace Van Gogh / Arles / 2025
Les Présages d’une lueur intérieure présente une série d’œuvres qui captent des moments de beauté paisible dans des paysages souvent désolés.
Todd Hido est connu pour ses images à l’atmosphère particulière – maisons anonymes dans la nuit, paysages urbains, intérieurs négligés, personnages mélancoliques. Ses photographies, souvent décrites comme cinématographiques, évoquent une narration implicite permettant la libre interprétation du spectateur.
Prenant souvent ses photos dans des conditions météo difficiles, parfois à travers le pare-brise de sa voiture, Todd Hido saisit l’attrait calme et troublant des routes isolées et des arbres qui traversent le temps. Les montagnes scintillent et fondent sous la pluie ; les maisons mélancoliques se dressent, le visage vide, dans la neige.
À une époque toujours plus désespérante – effets violents du changement climatique, instabilités politiques et avancées technologiques qui érodent à la fois la vérité et notre capacité à prêter attention au monde qui nous entoure –, cernés que nous sommes par un sentiment vague mais écrasant de chagrin quant à l’avenir collectif de l’humanité, il est naturel de se demander comment vivre au quotidien.
À travers des paysages poétiques et évocateurs mêlés à des collages de vieilles photos de famille, Todd Hido soutient que nous pouvons redoubler d’efforts pour renforcer les liens d’amour avec ceux qui nous entourent, et trouver du réconfort et de la ténacité, jusque dans les situations les plus fragiles.[Légende exposition Rencontres d'Arles 2025 / Espace Van Gogh]
Todd Hido est connu pour ses images à l’atmosphère particulière – maisons anonymes dans la nuit, paysages urbains, intérieurs négligés, personnages mélancoliques. Ses photographies, souvent décrites comme cinématographiques, évoquent une narration implicite permettant la libre interprétation du spectateur.
Prenant souvent ses photos dans des conditions météo difficiles, parfois à travers le pare-brise de sa voiture, Todd Hido saisit l’attrait calme et troublant des routes isolées et des arbres qui traversent le temps. Les montagnes scintillent et fondent sous la pluie ; les maisons mélancoliques se dressent, le visage vide, dans la neige.
À une époque toujours plus désespérante – effets violents du changement climatique, instabilités politiques et avancées technologiques qui érodent à la fois la vérité et notre capacité à prêter attention au monde qui nous entoure –, cernés que nous sommes par un sentiment vague mais écrasant de chagrin quant à l’avenir collectif de l’humanité, il est naturel de se demander comment vivre au quotidien.
À travers des paysages poétiques et évocateurs mêlés à des collages de vieilles photos de famille, Todd Hido soutient que nous pouvons redoubler d’efforts pour renforcer les liens d’amour avec ceux qui nous entourent, et trouver du réconfort et de la ténacité, jusque dans les situations les plus fragiles.[Légende exposition Rencontres d'Arles 2025 / Espace Van Gogh]
Il m'arrive souvent, et la plupart du temps durant un trajet en voiture, de saisir des pans de paysages comme si je les photographiais. Je les cadre mentalement, fascinée par leur beauté, totalement prise par le moment présent. Je plonge dedans. Ils intègrent ma mémoire. Parfois, en regardant une exposition de photographie ou de peinture, je me fige : cette photo, me dis-je, je l'ai déjà vue. Ou alors je l'ai déjà prise. Les images de Todd Hido, l'année dernière, je les ai immédiatement reconnues. Certaines me rappellent à présent nos champs desséchés, blondis, blanchis par la chaleur de cet invraisemblable été.
Pour approfondir : interview de l'artiste ICI
1 août 2026
Voyager : s'évader sans se charger
Cette année la plupart de mes destinations préférées affichent des températures très, très élevées. A moins de partir au nord (très au nord) et de se faire copieusement arroser difficile de voyager. Dès lors que faire cet été sinon improviser ? S'inventer des moments de vacances en exploitant la proximité. Expérimenter les lieux connus par des biais inattendus, se parquer dans d'autres quartiers, modifier ses horaires, fréquenter des établissements où l'on ne met jamais les pieds, s'arrêter à des tables inhabituelles, en un mot : innover.
Ce petit hôtel très central mais passant inaperçu est devenu un de mes points de chute ces dernières semaines. Sa terrasse à deux pas de la rivière propose d'excellentes glaces après la baignade (croquer en alternance dans leur ciocco noccio tout en dégustant une gorgée de café est devenue ma dernière addiction). On y sert aussi des petits-déjeuners exquis, des menus légers à midi et il y a des intérieurs sympathiquement aménagés. Pas mal fréquenté durant la belle saison cet établissement délicatement suranné offre une halte agréable aux voyageurs désireux de fractionner un long trajet et de plonger dans l'Aar toute proche après une fatigante tirée. En ce qui nous concerne, il comble toutes nos attentes du moment: avoir le sentiment d'être arrivés ailleurs sans jamais être vraiment partis. Les vacances sans les bagages. Nous évader sans nous charger.
Touristes parmi les touristes, on contemple notre bonne vieille ville autrement. Notre regard devient asiatique et indulgent. Pour un peu, on se mettrait à rêver devant des vitrines présentant des montres et des coucous, on s'achèterait des cartes postales et du chocolat, on photographierait la longue rue typique qu'on parcourt depuis la nuit des temps. Bref : on change de focale, on reconstruit le banal. On apprend.
31 juil. 2026
Vivre : coup de Joran sur le rivage
Tempête soudaine et jurassienne
sur les crêtes et sur nos têtes
toisons hérissées, moissonnées,
telles des champs de blés échevelés.
30 juil. 2026
Voyager : cité idéale
C'est un village (en fait : une petite ville) où le temps semble s'être arrêté. On y dîne dans des palais du XVIIe, on y déjeune dans des cafés aux plafonds voûtés dont la tenancière est prête à vous réserver vos brioches préférées pour le lendemain matin (préférez-vous crème, vanille, confiture ou amande?) Ici tout est lent, tout le monde semble prendre son temps, ce qui n'empêche nullement les choses d'être faites et même très bien faites. Les glaces préparées sur place ont des saveurs d'enfance retrouvée, on hésite toujours entre gobelet ou cornet, avec une préférence pour le trio noisette, pistache, chocolat, un mix à tomber. Dans ces ruelles du centre, on peut venir faire du lèche-vitrine en toute sécurité : malgré des prix ridiculement bas, les devantures ne présentent que des vêtements qu'on ne se verrait jamais porter (qui auraient éventuellement tenté notre grand-mère dans les années 1970).
Les jours de marché la ville habituellement assoupie (ici, un coup de klaxon revêt des allures d'incident à commenter) la ville, donc, semble légèrement s'agiter. A huit heures, certains commencent leur mise en place. Quand sonnent neuf coups aux clochers environnants les clients entreprennent de se presser. Il doit y avoir en tout une petite dizaine de stands, lesquels ne reçoivent que des habitués. On se salue. On prend des nouvelles des uns et des autres. On se fait conseiller. Deux ou trois paysannes de la région débarquent avec leur foulard noué autour de la tête, on dirait qu'elles ont volé une heure à leur journée de travail pour venir s'acheter des chaussures confortables auprès de leur vendeur attitré.
Ce n'est pas qu'ici on soit hors du monde. On y trouve le wifi, des voitures électriques, des sites Insta, de la domotique à technologie avancée. C'est juste qu'on s'en tient légèrement à l'écart, qu'on est d'accord de suivre, mais en faisant un pas de côté, en prenant en compte la continuité. Dans cette petite ville on voudrait prendre de grandes vacances. Pour lire, écrire, vadrouiller. Visiter à son rythme, à rebours des circuits VTT, s'écartant des vignobles commentés, des lounges et des boîtes à clefs. Une ou deux semaines à mener un rythme doux, dégustant des fruits
mûris à proximité, savourant des plats de la tradition lentement
mijotés.
Les vacances idéales sont peut-être ici, me suis-je dit l'autre jour en contemplant rêveusement les pierres de mon église préférée, du remploi savamment ajusté. Je crois que je ne tiendrais pas plus d'une quinzaine de jours au milieu de tant de tranquillité. J'aurais peur de m'assoupir à tout jamais. Mais quelques jours hors contraintes, sans me presser ni me faire bousculer : le bonheur assuré.
29 juil. 2026
Vivre : faire avec
Faire avec :
1. Accepter, se résigner (idée de soumission, souvent assortie du verbe devoir)
2. Composer avec une situation compliquée ou inattendue, sans pouvoir la changer
Pourrait donc comporter deux sens très différents : la passivité ou la créativité.
Contient en conséquence tous les défis rencontrés au cours d'une vie :
se construire une route unique avec les pierres trouvées sur son chemin
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