21 juil. 2026

Vivre : Still life / 200

 

 
Ça  faisait déjà quelques étés que je me promettais d'en acheter une. Aimer nager un peu au large, au-delà des bouées jaunes beaucoup trop proches des rives peut comporter quelques risques. Non pas de la part du pêcheur qui connait la plage, les habitudes des nageurs et effectue une délicate courbe sur l'eau avec sa barque quand il rejoint ses pénates, ni de la part des paddleurs plus ou moins amateurs, non, le danger  proviendrait plutôt des estivants maladroits, loueurs de bateaux à l'heure, ignorant le b.a. ba de la baignade et encore plus les règles de la navigation et risquant à tout moment de venir s'échouer sur les rochers en craignant de s'aventurer à plus de 50 mètres des rives.
Jamais sans ma bouée. Cette année des affiches apposées un peu partout et des campagnes ciblées ont été le signe de problèmes présents et passés.  Je me suis lancée. Pour un prix très modique je me suis procuré cette compagne de barbotage. 
Depuis longtemps, je repoussais le projet, craignant que cet objet ne devienne particulièrement encombrant et entrave mes mouvements. Eh bien non! Test effectué hier, cette bouée est d'une fiabilité et d'une discrétion sans pareille. Ne s'interpose jamais entre mes bras et leur tracé, sait se faire oublier tout en étant remarquable. Ouf! Enfin des ploufs en toute sécurité !
 
 

20 juil. 2026

Vivre : échappée belle

 
 
 
On peut se tourmenter. Passer en revue les circonstances et les ressasser. On peut le faire pendant passablement de temps, mais... quand la question est : Qu'aurais-je pu faire d'autre ? Et que la réponse est toujours : Rien, à moins de sacrifier ma propre santé mentale, alors, c'est qu'on peut tourner la page en toute loyauté, tourner le dos et s'en aller.
 

19 juil. 2026

Lire : dans le ciel comme une étincelle

 

Car il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé : il y a du mal-
heur à ne point aimer. Nous tous, aujourd’hui, mourons de ce malheur.
C’est que le sang, les haines décharnent le cœur lui-même ; la longue
revendication de la justice épuise l’amour qui pourtant lui a donné
naissance. Dans la clameur où nous vivons, l’amour est impossible et la
justice ne suffit pas. C’est pourquoi l’Europe hait le jour et ne sait qu’op-
poser l’injustice à elle-même. Mais pour empêcher que la justice se ra-
cornisse, beau fruit orange qui ne contient qu’une pulpe amère et sèche,
je redécouvrais à Tipasa qu’il fallait garder intactes en soi une fraîcheur,
une source de joie, aimer le jour qui échappe à l’injustice, et retourner au
combat avec cette lumière conquise. Je retrouvais ici l’ancienne beauté,
un ciel jeune, et je mesurais ma chance, comprenant enfin que dans les
pires années de notre folie le souvenir de ce ciel ne m’avait jamais quitté.
 
Retour à Tipasa / Albert Camus 
 
Lire en mode re-, c'est découvrir, redécouvrir, sans jamais se lasser 
continuer d'explorer, ne pas croire qu'on puisse s'asseoir sur ce qu'on 
croit avoir accumulé. 

18 juil. 2026

17 juil. 2026

Vivre : l'été, chemins croisés

 

Dans la touffeur des journées, dans ce vide apparent, ne pas se leurrer :
c'est un temps de chemins croisés, voué à revisiter le passé (l'interpréter?)
à esquisser de futurs cheminements tout en mettant ses pas dans le présent.


16 juil. 2026

Vivre : aimantée par ses abîmes intérieures

 
Blue Elephant-Mother / Huang Po-Chih / photo Louisiana Museum / 2024
 
Sept heures du matin. La femme est passée, avec des lunettes et une chienne noires. Les nuages couraient sur un ciel bleu saphir. Devant elle, le lac se déployait en une surface lactée extraordinaire, des centaines et des centaines de mètres d'opale rare, mais la femme a filé droit sans les voir, ignorant les couleurs, poursuivant résolument sa douleur. 
 

15 juil. 2026

Vivre : question philo


  Mirmande / 2021
 
 Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un invincible été.
Retour à Tipasa / Albert Camus / inclus dans le recueil "l'été" 
  

 A vrai dire, moi ces jours-ci j'apprends qu'au milieu d'un été caniculaire
il peut exister en moi un invincible hiver.
(ce qui tout bien réfléchi pourrait revenir au même)