A
la recherche d'herbe toujours plus verte, elles finissent le plus
souvent
par tomber sur des prairies artificielles, bien sûr. Sans saveur
particulière, sans consistante nourriture. Mais dans leur quête de
pâturages exceptionnels qu'il leur faut absolument découvrir, elles
s'obstinent à chercher la couleur - pas le goût des brins ni les
senteurs des fleurs - elles veulent un vert très vert, alors elles
cherchent, elles cherchent farouchement et aux
dernières nouvelles elles poursuivent désespérément leur quête.
... MaGARi!
lundi 18 mai 2026
dimanche 17 mai 2026
Vivre : installez, mettez à jour, chargez
Tout ce temps qu'on est censé nous faire gagner
histoire de nous faire oublier le temps passé
à gérer d'incessantes, de lassantes futilités.
samedi 16 mai 2026
vendredi 15 mai 2026
Vivre : dans la ville grise
Dans une rue de Florence / 2023
Après des jours et des jours d'un été insensé, déplacé, la météo a soudainement tourné : froidure, orages, pluies et même grêle par endroits. En ville, hier, les cloches sonnaient à toute volée. Elles disaient la fête et la joie des fidèles qui se pressaient dans la cathédrale en groupes parsemés. En ce jour férié, la ville n'était pas des plus attrayantes (on aurait dit une vieille comédienne qui aurait négligé de se maquiller) et les touristes ressemblaient à de pauvres brebis égarées. Il y avait les prévoyants, désemparés certes, mais bien au chaud dans leurs anoraks au col remonté. Il y avait aussi les imprudents, qui frissonnaient en superposant leurs pauvres T-shirts sous leurs blousons légers. Tous semblaient désireux de partir se réfugier dans un bistrot autour d'un chocolat chaud. On avait envie de leur lancer : hej ! ne partez pas, faites preuve d'un peu d'imagination, cette ville est magnifique quand les rayons du soleil jouent sur ses pavés !
Parmi les touristes, tout aussi égarés, il y avait les solitaires qui étaient partis se balader pour échapper à cette trop longue journée chômée. Les solitaires, un jour comme celui-là, se remarquent à leur regard fuyant, on dirait qu'ils ont honte d'être seuls et que cette honte pèse des tonnes. Ils se dirigent tout droit, les yeux baissés, dans une direction empruntée au hasard et qui les ramènera beaucoup trop tôt dans le silence de leur chambre. Sous les nuages noirs, le temps joue contre eux. Le temps leur est hostile. Le temps s'étire d'ennui.
Sous les arcades est soudain apparue la silhouette d'un homme, jeune, qui descendait en hésitant, en titubant quasiment de solitude. Ça se voyait qu'il n'avait pas l'habitude de se confronter à sa propre compagnie et à son propre désarroi. Il s'est arrêté devant une vitrine. S'est retourné et a fait deux pas en arrière. Puis s'est dirigé vers la porte fermée du magasin. Une porte protégée par des grilles en fer noir. Alors, sans rien dire, il a donné un coup de pied dans les barres. Un coup pour rien. A peine un choc sec que la pluie a amorti. Un coup de désespoir vite effacé par un groupe de Coréens qui arrivaient en ouvrant leur parapluie. Et l'homme, sa solitude, sa frustration, sont repartis.
jeudi 14 mai 2026
Vivre / Regarder : ?!?
ce jour-là au LUMA les ombres des façades étaient aussi alambiquées
qu'à l'intérieur les légendes de l'expo que nous étions venus visiter.
mercredi 13 mai 2026
Regarder : des dessins animés
Un des deux vitraux créés en 2008 par Jean-Michel Othoniel à la Chapelle Saint-Martin du Méjan /
Arles / à l'occasion de l'exposition L'Herbier merveilleux / réalisés par l'atelier Fleury
Ce matin-là, nous étions en avance. Nous avons fait les cent pas le long du Rhône en attendant l'ouverture des portes. La lumière était splendide. Estivale. Elle agrémentait l'eau de reflets moirés, ajoutant à la fascination de ce fleuve magistral. A 9h58, des gardiens motivés nous ont laissés accéder au premier étage de la Chapelle du Méjan où quatre artistes étaient exposés. L'ambiance était calme. Les gens chuchotaient. Sur les parois couraient des œuvres auxquelles je m'efforçais de m'intéresser, mais rien vraiment pour me stimuler. A vrai dire, mon attention avait été très vite happée ailleurs, au fond d'une niche absidiale, où la lumière jouait à travers deux fenêtres, non plus en bleu argenté comme au-dehors, mais en rouge-orangé. Là, sur le fond d'un écran gothique, un pigeon, puis deux, s'étaient lancés dans une animation qu'aucun commissaire n'avait songé à programmer. Une expo off sous mes yeux subjugués.
mardi 12 mai 2026
Vivre : rouler pour soi
Woman on a Scooter / vicolo del Malpasso / Rome / Travel Book Rome / éd. Vuitton (couverture)
Qu'est-ce qui se passe, mais qu'est-ce qui se passe donc ces derniers temps ? Quoi qu'il arrive, quels que soient la situation ou l'événement, un avocat impassible et enjoué s'élève en moi. Il n'est pas question que qui que ce soit, où que ce soit, de quelque manière que ce soit remette en question ma stabilité ou s'en prenne à mes droits. Je me découvre déterminée à ne pas me laisser marcher sur les pieds, ni à me laisser entraîner dans des jeux qui ne me conviennent pas. Je tiens simplement à défendre mes libertés et mes choix. A l'écoute de mes élans profonds, je me tourne vers les bonnes connexions. Sur le grand marché de la vie, je prends et je laisse, je trie et je rejette, je ne remplis mon panier qu'au gré de mes aspirations inassouvies.
Woman on a Scooter / vicolo del Malpasso / Rome / dessin Collection Louis Vuitton / Arles Dessin 2026
Inscription à :
Articles (Atom)

