Sigismond et Barbara dans le palais des Radziwill à Vilnius / Jan Matejko / Musée national de Varsovie
Aïe! Je me cherchais hier une lecture pas trop exigeante, adaptée aux températures du moment et à mes subséquentes aptitudes cérébrales. Esquivant les rayonnages haribo de bouquins feeling good (ou bad selon les points de vue), j'ai fini par me choisir un roman suédois, histoire de vadrouiller du côté de Stockholm, suivant les mésaventures d'une femme désarçonnée par la conduite de son mari, mutique déserteur. Sur la couverture : Il ne parle pas. Elle n'écoute rien. Cela pouvait traiter avec subtilité de certaines communications malheureuses. A vrai dire, j'ai commencé à décrocher assez vite, submergée par une avalanche de lieux communs. A la page 94 est arrivée la réplique de trop, prononcée par le mari : "Ce n'est pas ce que tu crois!" Cette réplique usée jusqu'à la trame peut parfois être drôle, lors de flagrants délits. Dans un roman censé décrire la séparation d'un couple et le processus d'un divorce, c'était plat et pathétique : le thème rebattu de la quinqua découvrant à retardement ce que tout le monde autour d'elle sait déjà. D'après certains résumés, la seconde partie du livre est censée présenter en pendant la version - légitime - du mari. Mais en ce qui me concerne j'étais incapable d'aller au-delà de cette fatidique page 94. J'ai regardé le poche. Il semblait me dire : je t'ai trompée, je ne suis pas celui que tu croyais. Heureusement, ce n'était pas un gros investissement. Quelqu'un serait probablement heureux de l'emporter à la plage le lendemain. Je l'ai déposé sans regret et l'ai quitté avec toutefois cette question fondamentale : pourquoi faut-il toujours que quelqu'un dise "ce n'est pas ce que tu crois" alors que l'évidence est là ?




