Les saisons se suivent-elles sans se ressembler ? et si elles changent, d'année en année, en quoi consiste leur particularité ? Je me souviens d'un été où j'ai été obsédée par le fait de marcher en tongs. J'adorais le sentiment de liberté que me procuraient ces sandales quand je sillonnais les pavés des villes du Sud et, visitant, je ne cessais de m'arrêter devant les vitrines où l'on en voyait de toutes sortes, en cuir, en corde tressée. Il me semblait que cette année-là chacune avait une couleur ou une forme originale qu'il me fallait absolument me procurer. Impossible de résister. Je crois bien en avoir acheté une douzaine de paires. Il m'en reste quelques unes qu'il m'arrive d'enfiler.
Eh bien cet été, dans un tout autre registre, je me vois obsédée par la recherche de pêches idéales. Je n'arrête pas d'en repérer, d'en acheter, d'en goûter. Parfois il m'arrive de m'en procurer trois sortes dans le même magasin, nectarines, pêches de vigne, pêches jaunes ou blanches. Je les hume, je les compare, surtout sur les marchés.
Mardi, sur la place Santarosa de Savigliano, une petite ville somnolant sous l'implacable soleil piémontais, j'ai été séduite par celles-ci. Elles venaient d'être cueillies par un producteur du coin qui les proposait avec quelques autres fruits de son verger. Je lui en ai pris un cageot entier et, pour dix euros, j'ai été comblée : voluptueuses, sucrées, elles portent en elles l'alliance miraculeuse de la terre et du soleil, un condensé d'été à chaque bouchée. Oui, l'été 2026, cette année dont je crains fort que les canicules répétées ne vont pas la rendre exceptionnelle dans mon souvenir, sera l'été de la recherche inlassable de la pêche la plus parfumée.

