Orage : du paysage le grand douchage
... MaGARi!
20 juin 2026
19 juin 2026
Vivre : bulletin du jour
d'heure en heure, d'humeur en humeur, traversés par nos météos intérieures,
nous errons entre désirs et souvenirs, entraînés par les fils de nos mémoires...
18 juin 2026
Vivre : brassages
Dans un tout autre registre, quoi que... le café Sperl à Vienne
En entrant dans la brasserie, hier matin après ma baignade, je me suis fait héler par C. une très ancienne connaissance que je croise environ une fois tous les cinq ans. Elle était d'humeur solaire (ce qui n'est pas toujours le cas, je me souviens de la fois où elle m'avait répondu en déclamant : "Je viens de me faire lourder comme une héroïne de roman de gare!" Cette fois-ci elle nous a présenté "Daniel", son nouveau compagnon, qui épluchait un journal et paraissait aussi ravagé que les nouvelles qu'il y découvrait.
Qu'on la fréquente pour un café, pour déjeuner, ou pour un repas de famille, la brasserie est un endroit où l'on est pratiquement sûre de rencontrer des gens que l'on connaît, qui viennent nous parler de notre passé ou de notre présent, de notre vie professionnelle ou résidentielle, de formations suivies durant une toute autre vie, rapportant de pans de notre existence, un peu comme des pièces de puzzle qu'on aurait oubliées sous un meuble pendant pas mal de temps et se rappellent à nous avec leur lot de poussière et d'étonnement.
La brasserie est un lieu élégant, original, bénéficiant d'une merveilleuse terrasse donnant sur le lac et sur la France. C'est aussi un endroit où l'on sert une nourriture généreuse et réconfortante, servie par un personnel des plus décontractés. Cet avis doit être partagé par bon nombre de gens parce qu'il est rare - quelle que soit l'heure - de ne pas trouver la plupart de ses tables occupées par une clientèle très variée : fonctionnaires ou magistrats, artisans négociant un contrat, copines se retrouvant après un cours de yoga, artistes en tournée, familles dont les mères n'ont pas envie de cuisiner, vieux rentiers protestants exhibant leur fortune au travers de vêtements discrètement griffés.
J'adore cet endroit, d'abord parce que j'aime bien manger, mais aussi parce que tout le monde semble y avoir sa place et pouvoir y être intégré. Dans un monde de plus en plus clivé, genré, stigmatisé, répertorié, c'est bon de pouvoir être ce que l'on est, simplement ce que l'on est, et qu'on vous traite avec équanimité en vous foutant la paix.
17 juin 2026
Vivre : Still life / 197
Tous les dix ans environ, je reçois un portemonnaie Stefi Talman. On vient de m'en offrir un pour mon anniversaire. Jusque là, rien de particulier (si ce n'est qu'avec le temps les pièces, toujours bien réalisées, une excellente maroquinerie, ont tendance à être de moins en moins originales, il me semble qu'au début il n'y avait pas un modèle pareil à un autre, les peaux, cuir grainé ou lisse, veau ou vache, étaient à chaque fois assemblées de telle sorte que chaque exemplaire était unique). J'adore ces objets. J'adore leur qualité, leur organisation, leur taille. Ils entrent dans tous les sacs, peuvent contenir deux monnaies
différentes, permettent de glisser quelques médicaments dans leur séparation, sont
robustes et s'adaptent à divers types de sacs ou sacoches. J'ai parfois tenté d'utiliser un autre modèle, d'une autre marque. Je transférais alors la monnaie, les billets, les cartes, bien décidée à changer. Mais ça ne tenait jamais plus de quelques jours : ces portemonnaie Stefi Talman sont parfaits et ils me manquaient.
Bien, j'en arrive à la question : je ne parviens pas à m'en détacher. Je suis incapable de les jeter. Même vieux, râpés, usés, ils restent entassés dans un tiroir. J'ai toujours l'impression qu'ils pourraient encore me servir. Ils sont l'exemple de mon attachement à tout ce que, chose, lieu ou personne, j'ai un jour adopté. Ils me rassurent. Un fil invisible me pousse à les garder.
16 juin 2026
Voyager : dissentions et tactiques
Détail portail / duomo / Pisa
Il est GPS. Il est Google Maps. Il reste longuement penché sur son smartphone pour trouver une adresse à moins de 300 mètres.
Je suis pour interroger l'indigène : la mamie rentrant avec son chariot, le papy avec son clébard, les ados mangeurs de Mac Do sur les trottoirs.
Dans une ville étrangère, ce n'est pas forcément le plus appliqué qui trouve le plus vite le bib Michelin ou le meilleur chocolatier.
15 juin 2026
Voyager : en pensée
Bon : c'est vrai. J'ai toujours affirmé que je n'aimais pas Venise durant la belle saison. Trop de gens, trop de valises à roulettes, trop d'engorgements. Sans oublier : trop de moustiques. Mais quand l'autre jour R. est rentré en me parlant d'un type à qui l'on avait prêté pour deux semaines un appartement sur la Giudecca, et qui semblait connaître pas mal de bons restaus sur les îles environnantes, tout en cultivant l'art de dénicher sans cesse de nouvelles perles, et qui le soir-même était allé prendre un apéro dans un bacaro donnant sur un canal discret, avant d'aller dîner à E. ma cantine préférée (envoyant à R. quelques belles images à l'appui) là, là, je dois dire qu'une furieuse envie de partir s'est emparée de moi, malgré la canicule annoncée, malgré ma détestation des roulettes hoquetant sur les pavés. J'ai vu rouge. Du coup, j'ai replongé dans quelques photos pour me consoler.
14 juin 2026
Vivre : le droit à l'erreur
Les Bourgeois de Calais (Jean de Fiennes et Pierre de Wissant) / A. Rodin / Ca'Pesaro / Venise
Face à la masse d'informations, de mises en garde et d'injonctions
qui déboulent de toutes parts et à tout propos, juste une réaction :
Ne me donnez pas de conseils, je sais me tromper toute seule.
Qu'on me laisse seulement le temps de forger ma propre opinion !
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