samedi 11 février 2017

Voyager : pour voir la danse de la poussière dans les rayons du soleil


Minuscule sur la carte, la distance entre les musées avait paru interminable. Les transports publics semblaient ignorer le fait qu’il put y avoir un quelconque rapport entre ces deux lieux.

Nous avons traversé des banlieues cossues floutées par la neige, affronté des retards de train, des changements inopinés, attendu avidement un bus qui s’obstinait à ne pas arriver, et finalement atteint notre but trempés, les pieds gelés, juste entre chien et loup.

Avant d’aller retrouver la gravité silencieuse d'Hammershoi, devenue mélancolique dans la faible lueur du soir, quelques rassurants tableaux de Corot, ainsi qu’un époustouflant paysage marin de Daubigny, sous le regard discret d’un gardien qui n’avait pas d’autres visiteurs à garder, nous nous sommes dirigés vers deux sièges rouge et orange, tout au fond de la cafétéria. Ce jour-là, l’extension aux courbes noires et bétonnées conçue par Zaha Hadid nous a paru étrangement accueillante. Ah, le goût du thé chaud tandis qu’on se demande : combien de pas un kilomètre peut-il comporter?

A travers les vitrages, dans le parc, le miroir de Jeppe Hein était en train d'expérimenter précisément ce que nous avions vécu durant notre traversée.













 Jeppe Hein / 1 dimensional mirror./ Ordrupgaard

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