vendredi 30 juin 2017

Voyager : en une phrase


La naissance de Vénus (détail) / Botticelli / Offices / Florence


Il y a des phrases qui peuvent vous emmener en voyage plus sûrement qu’un vol de ligne.

"Un vent chargé de lumière et de reflets, qui anime la mer de vagues fréquentes et riches d’écume, qui gorge nos rochers de couleurs, qui porte des semences de myrte et de romarin, qui mûrit les figues de Barbarie et les raisins, qui ensanglante de coquelicots les champs de blé, qui cuit le front et la nuque des pêcheurs, qui féconde la mer de nouveaux poissons… le vent de notre antique civilisation, sous lequel s’ouvrirent les voiles d’Ulysse et de Diomède, il souffle toujours sur nous, même si les millénaires on passé, même si la Grèce n’est plus que ruines. Nous continuerons de puiser dans le levante la chaleur et la vie."
 
Antonio Mallardi, une "âme homérique", a publié en 1956 Levantazzo. Ce livre évoque la vie des pécheurs des îles Tremiti, au large des Pouilles. Il n’a jamais été traduit. Mais Paolo Rumiz, dans son Le phare, voyage immobile, cite sa description du Levante, le vent d’est qui plonge sur l’Adriatique. Quand décrire un vent, c'est décrire un territoire, une culture,
des existences. Quand un souffle puissant modèle les âmes et la nature.

7 commentaires:

  1. Oh! C'est beau cela. Cette synchronisation sur le thème du vent. :-) Je te laisse découvrir ce que j'en dis. Le Levante en Adriatique, la tramontane, le Mistral, le foehn, la bise, le cers. Que de mots pour qualifier ce souffle qui vient des lacs, de la mer, des cieux, qui descend des montagnes, qui parcourt la plaine, qui décoiffe et chasse les nuages. Merci Dad pour ton billet du jour. Bises alpines.

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  2. Et le Botticelli. J'aimerais retourner à Florence et contempler l'Arno.

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  3. Oui, j'en m'en irai cet après-midi lire attentivement ton texte. Ce matin avant de partir, en parcourant vite vite ton post, j'ai aussi remarqué notre synchronicité. En ce moment, ici, il souffle une bise à décorner les boeufs, comme si elle aussi voulait être de la partie! Bises fraîches et ensoleillées! D.

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  4. Décrire un vent, c'est décrire un territoire, une culture...
    je ne puis que t'encourager à lire mon vent à moi, que j'ai déposé chez dédé...
    Bisous à toutes deux, chères synchronamies...
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    Réponses
    1. Dans un premier temps j'ai lu:"synchromamies". J'ai bien ri. Salut les (m)amies.

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    2. Dans un premier temps j'ai lu:"synchromamies". J'ai bien ri. Salut les (m)amies.

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    3. Ah le Mistral, le vent coquin, qui insiste et qui persiste, qui insuffle toutes sortes d'idées plus ou moins (in)convenantes, je crois, Célestine, que tu as avantage à l'aimer, pour ses qualités inspiratrices, car il peut vraiment vraiment être persévérant, quand il s'y met. En Helvétie, nous avons le foehn, qui lui ressemble un peu. Mais... Mistral, Maestrale, c'est plus joli, ça chante doux à l'oreille, ça évoque le Sud et les vacances. Belle soirée, beau week-end, (M)amie Dadie!

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