lundi 1 février 2021

Vivre : le sens unique

 
Portrait d'une jeune fille d'Ornans / G. Courbet / Musée Courbet / Ornans
 
Elle se plaint. Elle trouve à chaque fois un excellent motif pour se plaindre et, derrière ses lamentos, il y a toujours ce sentiment insistant que tout le monde est mieux loti qu'elle, que la vie l'a trahie, que le sort n'a cessé de s'acharner contre ses volontés. Pour les autres, c'est toujours plus facile. Pour les autres, ce n'est jamais aussi compliqué. Pour les autres, ça n'a jamais une telle intensité. C'est pourquoi elle ne juge pas nécessaire de remercier, ni de rendre une invitation, ni de donner de nouvelles (ni d'en demander, c'est naturel). Les connexions doivent toujours prendre la même unique direction. Quand les liaisons arrivent à l'heure, c'est logique. Quand elles sont en retard, c'est exaspérant. Quand elles s'interrompent, c'est un méchant coup du sort. Encore un, évidemment.

4 commentaires:

  1. Tu me fais penser aux « caractères » de La Bruyère, que j'avais délicieusement apprécié lorsque j'usais mes fonds de culotte sur les bancs de l'école.
    Et tu fais cela avec la même veine !

    J'avoue avoir pensé à Y, à Z, et même à W !
    ;-)

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    1. J'apprécie énormément La Bruyère (à quelques détails près, il est toujours d'actualité). Et je trouve que l'on commet tous une grave erreur en pensant que parce qu'on nous a fait lire un ouvrage quand on avait 10, 15, 18 ans, on doit tenir pour acquis qu'on le connait. On connaît seulement la version qui nous est apparue à 10, 15 ou 18 ans. On devrait relire Flaubert régulièrement, et Shakespeare, et Molière... Relire avec notre maturité actuelle, mais en conservant nos yeux d'enfants!
      Belle et douce soirée à toi!

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  2. Ces personnes sont affectées du syndrome Calimero! Une réelle souffrance parfois pour certains mais bien de la complaisance pour d’autres.
    Que dire des personnes qui ne se plaignent jamais alors même qu’elles seraient légitimes à le faire?
    Soirée bien grise ici!

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    1. Oh oui, je pense qu'on en connaît tous, des gens que leur malheur occupe infiniment... et qui ne seront jamais au chômage!
      Soirée grise ? Ici, il a plu - dru - du matin au soir. Tout était gris, sombre, pas marrant (me suis fait doucher 3 x en baladant P.). Et puis, je suis tombée sur quelques pages de Rilke et, j'ignore comment, je me suis sentie tout à coup heureuse, pleine d'énergie et de rêves. ça, c'est l'effet magique de la poésie. Je me permets donc de vous souhaiter une belle et poétique soirée!

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