Lastovo. Une île étrange, rêche. Ancienne base militaire,
interdite de visite pendant longtemps, elle en garde de désolants bâtiments
titistes, une décharge à ciel ouvert, des criques repliées sur elles-mêmes.
Eloignée des côtes, baignant dans une eau cristalline, préservée des foules et de leurs ravages, elle attire les
plongeurs, les navigateurs sur la route entre Split et Dubrovnik, et des étrangers
en quête de silence, dont certains rénovent à prix d’or ses vieilles maisons de pierre.
Nous y avons rencontré une serveuse pétillante d'intelligence, des tonnes d'oursins et un poulpe beaucoup trop naïf, une maman chat dangereusement laxiste et un papa poule italien. Nous avons aussi croisé quatre touristes allemands, descendus ravitailler leur voilier. Dans un bar en bordure de route, trois femmes passaient leur temps à se faire des tresses, tout en grondant de temps en temps, et pour la forme, leur progéniture.
Sur le ferry poussif,
crasseux, nous étions quasiment seuls, avec les quinze membres d’équipage, à l'aller comme au retour. Deux
dauphins nous ont fait un bout de route, ainsi que quelques goélands frimeurs.
Lastovo, c'est aussi le principal village, perché dos à la mer, impassible face à une généreuse plaine maraîchère. Il garde de son antique splendeur un palais du Recteur, d'émouvantes églises et une multitude de "fumari", des cheminées traditionnelles ayant chacune une forme originale.
Lastovo, c'est aussi le principal village, perché dos à la mer, impassible face à une généreuse plaine maraîchère. Il garde de son antique splendeur un palais du Recteur, d'émouvantes églises et une multitude de "fumari", des cheminées traditionnelles ayant chacune une forme originale.