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26 mai 2020

Voyager : nostalgies


Prato della Valle / Padova

 que sont donc devenues les statues qui tremblaient dans le bleu doux de Padoue ?
et les enfants qui se coursaient en riant ? et dans les rues, les chahuts d'étudiants ?
on a beau les situer géographiquement, tout semble perdu derrière un invisible écran...

9 août 2019

Voyager : de marché en marché


Les effets du bon gouvernement (détail) / Ambrogio Lorenzetti / Palazzo communale / Siena

Les guides et les voyagistes proposent toujours des tours de ville et des visites de monuments, mais le moyen le plus fiable pour approcher une ville, son esprit et celui de ses habitants est de se mêler à la cohue de ses marchés. Des plus rugueux au plus huppés, ils disent la vie du lieu mieux que n'importe quel discours ou analyse affutée.
Où que l'on aille, quel que soit le coin de terre que l'on est amené à visiter, c'est parmi la foule grouillante, là où se tisse le social, qu'on apprend à connaître les habitants, leurs modes de vie, leurs besoins et leurs difficultés au quotidien. Observer leur manière de se rencontrer, de se connecter, de composer leurs phrases est un délice de voyageur.
Certains marchés sont marqués par l'arrivée massive de touristes, qui font faire des affaires, qui font monter les prix. Qui tendent à dénaturer aussi la véritable fonction des marchés locaux. Combien de marchés provençaux ont perdu leur caractère ces dernières années, devenus trop chers pour les habitants, proposant des produits adaptés à une clientèle touristique en mal d'authenticité. On n'y rencontre pratiquement plus de locaux, qui se voient refoulés vers les hyper, les inter et les super. Cet été, certains marchés du Lubéron où il s'est agi de payer trois euros pour pouvoir se parquer, où certains prix étaient indiqués en livre sterling, où les vendeurs s'adressaient à vous en anglais m'ont poussée à déguerpir vite fait. Le marché de la Boqueria à Barcelone est devenu une carte postale aux couleurs sursaturées. Quant à l'Albert Cuyp à Amsterdam, c'est désormais une attraction où se concentrent des étrangers du monde entier.
A Chieri, petite ville laborieuse au sud-est de Turin, les étals des petits producteurs de la région occupent une large place et les stands de produits non comestibles m'ont comme toujours aimantée. Lingerie, vêtements, nettoyage, outillage, hygiène, on trouve de tout, à bon prix. On parle chiens ou météo avec les ménagères du coin ou les retraités. On échange des recettes de cuisine ou des adresses avec ces habitués tout prêts à converser. Parmi tous les exposants, mes préférés sont les quincaillers. Un pur bonheur que d'avoir affaire à de véritables vendeurs, sachant écouter, conseiller, et soucieux de répondre de leur mieux aux multiples requêtes. Incroyable, la variété qu'ils peuvent proposer. C'est vers eux que l'on peut se tourner pour telle pièce défectueuse introuvable dans le commerce, ou tel ustensile précieux qu'on croyait à jamais disparu. Il n'est pas rare que le vendeur saisisse au bond votre question et vous dise : attendez, avant de disparaître au fond de son camion débusquer l'objet que vous recherchez. Ou alors, il vous répond qu'il peut le récupérer dans son entrepôt et sera en mesure de vous l'apporter le lendemain, au marché d'une bourgade voisine.
Quand il ne peut pas vous dépanner, le vendeur se montre désolé, vraiment peiné, ayant failli à sa mission. Il baisse les yeux, on dirait qu'il subit une défaite. Alors, vous vous penchez sur trois joints d'étanchéité pour une cafetière deux tasses ou sur un bouchon verseur d'huile d'olive ou un panier de récupération pour le lavabo de votre salle de bain, comme si vous en aviez le plus grand besoin. Vous lui souriez avec gratitude en lui tendant une pièce et le vendeur vous gratifie alors d'un regard serein, soulagé d'avoir retrouvé son utilité.

7 août 2019

Voyager : l'été en suspension


 Avigliana

Nous avons roulé pendant des kilomètres, traversant des localités aux rues désertes, aux devantures fermées. Partout, on se serait crus à Ghost city. Partout, des stores baissés sous la lumière violente de l'été. Partout, pas un chat, ou alors, un seul chat, perdu, désorienté. Partout, un oiseau muet, survolant un pré. On se demandait où les habitants avaient bien pu passer.
On les aurait retrouvés sans doute sur les routes, sur les plages, sur les aires d'autoroute, sillonnant des cols habituellement apaisés, faisant la queue aux distributeurs et aux guichets, se cherchant une place de parcage, et, le soir, agglutinés dans des pizzerias ou des bars. C'est comme ça en Italie, durant le mois d'août. Il faut absolument partir, il faut tout abandonner.
J'ai connu autrefois des voisins que le manque de moyens rendaient acerbes, qui se terraient chez eux durant ces quelques jours de l'année où tout le monde doit pouvoir dire qu'il y était.  Y ? A la mer, à la montagne, ailleurs, n'importe où, mais ailleurs, loin de chez soi, là où il y a des êtres agités et vociférants, du bruit, des sonneries.
Pendant ce temps, les lieux abandonnés à eux-mêmes révèlent leur sobre beauté, on entend comme jamais les ailes des insectes bruisser, on entraperçoit à son balcon une vieille femme munie d'un arrosoir, le regard s'exerce à observer tandis qu'une goutte de sueur vient le brouiller. 

Palazzo ducale / Sabbioneta

 Entrée château / Govone

5 oct. 2017

Voyager : maîtriser le code


Centro storico / Bari

Attention au code de la route des Italiens : il arrive que le feu rouge ne s’éteigne jamais et qu’apparaisse simultanément la flèche verte ! Attention aussi aux ronds-points, où les cédez-le-passage sont rarement respectés (malgré la présence de panneaux) et la priorité de droite encore de mise ! Par ailleurs, la conduite italienne reste plus nerveuse que la nôtre (mais c’est surtout valable pour les très grandes villes où il vaut mieux avoir les nerfs solides), les distances de sécurité ne sont guère respectées, et le stationnement en double file est encore fréquent, tout comme se faire dépasser par la droite. 
Le guide du Routard / Italie du Sud / édition 2012

En fait, c’est extrêmement simple : il suffit d’oublier tout ce qu’on croit savoir sur les priorités, sur les panneaux de signalisation, ainsi que sur les significations des feux vert, rouge et orange. Il suffit de prendre garde à ce qui se passe devant soi,  de même qu'à gauche et à droite, ainsi que d’avoir toujours l’œil sur le rétroviseur. Il est indispensable aussi d’ignorer les immanquables coups de klaxon ET de veiller à ne pas pénétrer dans la zone ZTL des centres historiques (une étourderie qui peut se révéler très coûteuse). Quant aux limitations de vitesse, il est sage d’adopter une vitesse intermédiaire entre celle pratiquée par les véhicules sur la chaussée et celle indiquée sur les panneaux au bord de celle-ci. Dès lors… tout se passe parfaitement bien !