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18 août 2017

Vivre : non tinc por**


Photo tirée du net


Encore une fois, il fait chaud, c'est l'été. Et soudain le sang se glace.
Les amis contactés vont tous bien. Dans la mesure du possible.
Ils sont sous le choc. Evidemment.


Je lis dans El Pais que ces événements ont donné lieu à ce que l’humanité pouvait exprimer de pire comme de meilleur : alors que les gestes de solidarité se multipliaient dans la ville (dons de sang, taxis œuvrant gratuitement pour dégorger la ville aux métros arrêtés, citadins apportant de l’eau aux voitures bloquées), certains n’ont rien trouvé de mieux à faire que diffuser des nouvelles fausses et alarmistes sur les réseaux sociaux. Ils ont ainsi participé à augmenter le vent de tension et d’angoisse en relayant que "plusieurs bombes avaient explosé dans Barcelone". Ou que " des gens étaient en train de se faire massacrer à la mitraillette sur une grande avenue".

Pure connerie ? Envie de se rendre intéressants ? Besoin d'émotions fortes ? Qu'est-ce qui peut donc pousser les gens à de telles absurdités? Une seule réponse : no tinc por. Facile à dire avec un peu de recul, certes, mais indispensable attitude à cultiver, me dit mon amie Montse. 


**je n'ai pas peur

2 sept. 2016

Habiter : entrer en résistance



Elle est là elle résiste.
Face aux morsures de l'immobilier
Face au tourisme galopant
et à la montée des prix
elle reste là, toute en dignité.
Avec ses deux petites terrasses
et son jardin derrière, mignon comme tout,
(les deux chaises en paille posées au milieu)
elle affiche son cv :
1870  le rez et 1937 l'étage. 

Et juste pour elle 
(15 mètres carrés au sol à tout casser)
le plan directeur a été redirigé.

27 août 2016

Voyager : les mots amis



Lundi prendre l'avion pour Barcelone. Sans trop savoir comment va se dérouler notre séjour. 
Il va faire très beau, très chaud.
Qu'en sera-t-il pour M. qui nous attendra là-bas ?
De quoi parlerons-nous ?
Que nous dira-t-elle ?
Saurons-nous trouver les mots ?
C'est presque irréel de penser qu'il y a à peine cinq ans, elle et JM étaient venus nous voir ici.
Que nous leur avions montré les incontournables (ceux que nous, habitants de la Suisse, n'allons visiter que pour donner à nos amis étrangers une image de carte postale :
le marché de Berne, juste devant le Palais fédéral et la Banque nationale, 
les oignons bio exactement au-dessus du dépôt de lingots,
Morat et sa vieille ville tellement typically swiss,
Genève et son jet d'eau,
quelques montagnes, des étals de fromage,
toute cette invraisemblable sécurité)
Incroyable de me souvenir combien JM semblait affirmatif, plein de vitalité,
riche de toutes ses expériences au Tiers-Monde et goguenard face à ce qu'il découvrait.
Inouï de repenser à leurs bisbilles continuelles, leur incapacité d'être ensemble sans se chamailler.
Leur incapacité de vivre séparés.
Puis, Mister C est arrivé dans leur vie, s'est installé progressivement dans le corps de JM,
a fini par prendre toute la place.
Toute.
Je prépare mon sac sans savoir de quoi j'aurai besoin pour affronter le chagrin de M.
qui s'ajoute décidément à beaucoup trop d'autres chagrins.