Bordeaux / CAPC / Affiche de l'expo "le corps décide" / 2015
L’heure
des pointes était arrivée. Elles commençaient à être desséchées.
J’ai
demandé à la serveuse du bar. Elle m’a indiqué le salon où allait sa mère, mais
il était exceptionnellement fermé. L’autre serveuse a évoqué un as de la
coiffure, qui s’est révélé surbooké.
J’ai
demandé à une passante, laquelle m’a fourni une adresse toute proche, mais
quand je me suis présentée,
la
dame a soupiré et a jeté sur ma chevelure un regard fatigué.
J’ai
enfin demandé à une sympathique fleuriste, qui m’a désigné du menton l’immeuble
d’à-côté. Je suis allée sonner. Au premier étage, une jeune femme enjouée m’a
accueillie. Elle terminait sa dernière journée et partait le lendemain en
Tanzanie. Elle exhibait des mèches rose bonbon, elle avait peur de prendre
l’avion. Nous avons parlé respiration. Elle coupait avec assurance en
m'enjoignant, non sans autorité, de ne pas croiser les jambes. Vingt minutes
plus tard, je dévalais l'escalier ravie et bouclée. Tandis qu'elle voguait
déjà, balai en main, vers ses congés bien mérités.
