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25 déc. 2025

Regarder : énigmes et graphismes


 



1882, ère Meiji 15 / Tsukioka Yoshitoshi / Musée d'Art oriental / Gênes

 
Au Museo Archeologico de Bologne se tenait une exposition sur le dessin japonais intitulée Graphic Japan / Da Hokusai al manga. Pour être tout à fait honnête, elle ne m'a que moyennement intéressée (sans doute étais-je plutôt stimulée par la perspective d'aller visiter ensuite le Quadrilatero del Gusto tout proche, où les commerçants rivalisaient de créativité pour présenter leurs stupéfiantes victuailles). Mais en toute franchise aussi, j'ai connu des expositions mieux documentées, avec moins de verbiages et davantage d'explications destinées à un public néophyte. J'aurais souhaité des introductions plus approfondies. Il me semblait qu'on se contentait de mettre en regard des œuvres anciennes, de la période Edo ou Meiji (provenant d'artistes tels qu'Hokusai, ou Iroshige) et des affiches contemporaines (souvent des publicités liées aux intensives campagnes en vue d'attirer des touristes au début des années 2'000). 
 
De plus, si la présentation se vantait de comporter 250 œuvres (entre estampes anciennes et tirages contemporains), la boutique qui jouxtait les salles à la sortie, comptait certainement davantage de pièces, entre objets dérivés, livres et albums, bijoux, papeterie et bimbeloteries diverses. C'était à se demander si l'on se trouvait dans un musée pourvu d'une boutique, ou dans une boutique dotée d'un musée.
 
Toutefois, une chose m'a passionnée : les signatures et les tampons qu'on découvrait apposées sur la plupart des œuvres, souvent dans les coins. Je les trouvais enchanteurs. J'aurais pu passer de longs moments à les observer, leur accordant parfois plus d'attention qu'aux dessins qu'ils étaient censés identifier.
  
Régulièrement, je rentre de mes escapades avec toutes sortes d'interrogations et c'est à mon retour que je cherche des réponses. En route, je capte. De retour, j'assimile. Ainsi, j'ai découvert ce site qui m'a éclairée sur le sens et le contenu de ces délicats graphismes (une thématique que l'exposition surfant sur l'air du temps aurait pu mettre en  avant). 
 
L'essentiel des voyages, ce sont leurs stimulations. Découvrir, expérimenter, élargir son horizon. C'était ce que je me disais en sortant et en dirigeant prestement mes pas vers Eataly, ses beaux produits, sa librairie fournie, et puis Tamburini et tant d'autres magasins traditionnels, déployant mille délices et tentations.
 
La mer de Satta dans la province de Suruga (série : 36 vues du Fuji) /  Utagawa Hiroshige / Musée d'Art oriental / Gênes
 
 
Une Beauté en train d'écrire une lettre / Période Edo /Kitagawa Utamaro / Museo d'Arte orientale / Genova
 
 

20 août 2017

Voyager : tomber, se relever








A Vienne, le dernier matin, R. a absolument tenu à entrer dans une petite boutique d'art asiatique. La responsable était attablée avec une jeune personne qui s'est révélée être son élève de japonais. Elle nous a reçus sèchement. Manifestement, nous la dérangions en plein travail. J'allais ressortir vite fait, mais R. a voulu se choisir un T-Shirt parmi tous ceux qui étaient suspendus au fond du magasin. Il a pris celui avec l'impression :

七転び八起き 

Tombé sept fois, relevé huit.
(Prononcer : Nanakorobi yaoki)

En cas de coup dur dans la vie, relevez-vous et essayez encore. En effet, il ne faut pas oublier que la réussite est souvent la récompense d’une succession d’échecs. Regardez un enfant qui apprend à marcher debout. Sil il arrêtait à chaque fois qu’il tombe, on marcherait tous encore à 4 pattes.

R., qui arbore fièrement son nouveau T-shirt, avait raison d'insister : il aurait été dommage de ne pas porter sur soi cette devise fondamentale.