La Visitation / Giotto / capella degli Scrovegni / Padova
Le charme d'une vraie rencontre, c'est qu'elle a souvent lieu dans l'inattendu et l'inespéré. Elle est toujours fulgurante, unique, provoquant une émotion intense, illuminante.Tout d'un coup on se retrouve comme ça, face à face devant un autre. Après quelques échanges, on se reconnaît. Le courant passe, comme on dit.Et là, pendant qu'un rapport s'établit. Pendant que les esprits assurent la communication, les âmes créent déjà un état de communion. Moi, je distingue toujours ces deux degrés : la communication et la communion.Et cette idée d'unicité de la rencontre, si je l'élargis, je dirais que, sans parler des personnes, même pour un beau tableau, qui nous est familier : chaque fois que nous le regardons, il s'agit d'une rencontre unique. Et c'est comme ça qu'on avance peu à peu sur la voie de la vraie vie.Cela dit, il faut admettre que les vraies rencontres sont rares. Ceux qui arrivent à saisir la valeur d'une vraie rencontre ne sont pas des gens trop sociables, pleins de relations. Pour moi, ce sont surtout des solitaires qui sont attentifs, et en attente, en quelque sorte.
François Cheng / A voix nue / 2014 / France Culture
En écoutant ces mots, des représentations de la Visitation ont surgi, des fresques ou des tableaux, qui me réjouissent à chaque découverte ou retrouvaille.
La Visitation, c'est la rencontre par excellence. Deux femmes, séparées par l'âge, rassemblées par un même mystère, se rejoignent, tombent dans les bras l'une de l'autre, partagent leur secret et leur espérance. On assiste, comme le décrit F. Cheng, à une véritable communion. Quelque chose de rare qu'il s'agit de reconnaître. La possibilité de partager, de se confier. L'ouverture, l'autorisation à se laisser toucher. La confiance totale et le partage.
La Visitation, souvent présente dans les cycles illustrant le Nouveau Testament, a inspiré à elle seule plusieurs artistes, comme Raphaël ou le Pontormo. Quand les gens étaient illettrés, les images avaient pour but d'éduquer, d'enseigner. De nos jours, on en a toujours besoin, car elles parlent peut-être à l'illettré émotionnel que nous abritons tous au fond de nous. Elles nous guident, nous donnent accès à cette part d'inconnu qui se tient tapie et attend. Elles viennent nous parler du monde, de la vie, des autres et aussi nous dire que la véritable et première rencontre, c'est celle qui nous conduit à nous-même. Car, s'il arrive que les autres soient des mystères qui nous laissent perplexes, chacun est pour soi un puzzle inachevé, sans cesse remodelé, sans cesse complété.
F.C. dit que les véritables rencontres sont rares. C'est vrai. A l'époque du numérique, alors que se multiplient les clics et les contacts, l'authentique revêt un aspect unique. Quant à la nécessaire attention, la rencontre au sens large - personne, paysage, animal, arbre - a besoin de présence pour se manifester. Et, si souvent, nous sommes pressés. Si souvent, nous ne savons pas rencontrer. L'inattendu est toujours à portée, mais il passe trop souvent inaperçu.
La Visitation, c'est la rencontre par excellence. Deux femmes, séparées par l'âge, rassemblées par un même mystère, se rejoignent, tombent dans les bras l'une de l'autre, partagent leur secret et leur espérance. On assiste, comme le décrit F. Cheng, à une véritable communion. Quelque chose de rare qu'il s'agit de reconnaître. La possibilité de partager, de se confier. L'ouverture, l'autorisation à se laisser toucher. La confiance totale et le partage.
La Visitation, souvent présente dans les cycles illustrant le Nouveau Testament, a inspiré à elle seule plusieurs artistes, comme Raphaël ou le Pontormo. Quand les gens étaient illettrés, les images avaient pour but d'éduquer, d'enseigner. De nos jours, on en a toujours besoin, car elles parlent peut-être à l'illettré émotionnel que nous abritons tous au fond de nous. Elles nous guident, nous donnent accès à cette part d'inconnu qui se tient tapie et attend. Elles viennent nous parler du monde, de la vie, des autres et aussi nous dire que la véritable et première rencontre, c'est celle qui nous conduit à nous-même. Car, s'il arrive que les autres soient des mystères qui nous laissent perplexes, chacun est pour soi un puzzle inachevé, sans cesse remodelé, sans cesse complété.
F.C. dit que les véritables rencontres sont rares. C'est vrai. A l'époque du numérique, alors que se multiplient les clics et les contacts, l'authentique revêt un aspect unique. Quant à la nécessaire attention, la rencontre au sens large - personne, paysage, animal, arbre - a besoin de présence pour se manifester. Et, si souvent, nous sommes pressés. Si souvent, nous ne savons pas rencontrer. L'inattendu est toujours à portée, mais il passe trop souvent inaperçu.