La route serpentait de forêt domaniale en forêt domaniale. Il y avait quelque chose de rassurant dans le fait de voir
tant d’arbres rassemblés. Aussi loin que portât le regard, il ne trouvait que
la verdure des sapins, parfois un cheval parcourant un champ à pas lents,
parfois des rapaces tournoyant au-dessus des cimes. Aucune trace humaine, si ce
n’est au travers de troncs allongés, débités. De là-haut, il semblait
impossible d’imaginer que la pollution, les fumées toxiques, les abus en tous genres
pussent exister. Impossible de savoir combien de temps le trajet avait duré.
Protégés par ces vertes présences, rassurés, nous roulions comme dans un rêve. Dans le plus grand silence.