Deux affiches / exposition Walter Studer / Kornhaus / Berne / 2018
Être migrant, c'est avoir du courage, le courage d'oser s'élancer vers
l'inconnu, récupérer un espoir qui nous a été nié, un espoir perdu.
Être migrant, c'est ne compter que sur soi, sur son corps, sur ses
ressources et c'est savoir que quoi qu'il arrive on ne pourra s'appuyer que sur
ce tas de muscles, de persévérance et de volonté.
Être migrant, c'est avoir mal, c'est avoir froid, c'est endurer, c'est
persévérer jusqu'au-delà du désespoir.
Être migrant, c'est ne pas détenir les codes, c'est toujours être l'imbécile
de quelqu'un, celui qui ne comprend pas, le souffre-douleur vers qui se
dirigent les ricanements.
Être migrant, c'est se battre, se battre pour soi, mais surtout pour les autres, les générations passées et les générations devant soi, leur permettre de se tracer une voie.
Être migrant, c'est se trouver au milieu d'un pont, contenir l'immense nostalgie, retenir ses larmes et surtout ne jamais se retourner, ne jamais se raviser.
Être migrant, c'est se trouver au milieu d'un pont, contenir l'immense nostalgie, retenir ses larmes et surtout ne jamais se retourner, ne jamais se raviser.
Être migrant, c'est accepter de ne pas savoir, mais c'est aussi vouloir
savoir, c'est vouloir conquérir, c'est s'acharner à devenir. Et c'est aussi y
parvenir. Quelque fois.
Être migrant, c'est lutter, lutter, et encore lutter. C'est aspirer à s'intégrer, obtenir le droit d'être - enfin - un immigré.
Dédicace :Pour mes arrière-grands-parents, oncles et cousins, pour ceux qui ont laissé derrière eux le port de Trieste et ne sont jamais revenus, pour ceux qui partaient et partaient encore aux quatre coins de l'Europe en laissant femme et enfants, pour ma grand-mère qui, à près de nonante ans, connaissait encore par cœur l'adresse polonaise où elle envoyait ses lettres à son père maçon, pour mon père qui a traversé les Alpes sous les tirs des gardes-frontières en voulant fuir la misère, et pour une enfant clandestine, que mon cœur connaît bien.
Être migrant, c'est lutter, lutter, et encore lutter. C'est aspirer à s'intégrer, obtenir le droit d'être - enfin - un immigré.
Dédicace :Pour mes arrière-grands-parents, oncles et cousins, pour ceux qui ont laissé derrière eux le port de Trieste et ne sont jamais revenus, pour ceux qui partaient et partaient encore aux quatre coins de l'Europe en laissant femme et enfants, pour ma grand-mère qui, à près de nonante ans, connaissait encore par cœur l'adresse polonaise où elle envoyait ses lettres à son père maçon, pour mon père qui a traversé les Alpes sous les tirs des gardes-frontières en voulant fuir la misère, et pour une enfant clandestine, que mon cœur connaît bien.




