Elle habitait impasse des Moutons numéro 33. Son code d'entrée était le 3333. Son code Wifi : 12345678
et son mot de passe "maisoùsontlesmoutons". C'était une fille très ouverte et vraiment pas compliquée.
"Ils nous accueillent comme si nous nous connaissions depuis des années. À 12h30, une seule autre table est occupée: trois hommes qui viennent ici presque quotidiennement depuis des décennies, parlant en dialecte piémontais. Mais en quelques minutes, la petite pièce chaudement éclairée devient bruyante avec une conversation facile et qui s'entremêle à mesure que des amis et des familles arrivent."
"Autour de nous, les travailleurs en pause déjeuner interpellent les membres de la famille qui gère l'endroit par leurs prénoms. Le lieu est spacieux mais bondé, bruyant et plein de mouvement – des plateaux arrivent, des tables sont dégagées, la cour à l’arrière s’installe peu à peu. Pas une piòla historique, mais parmi les habitants, c’est déjà une légende. Mon plat préféré est le plus simple: polenta fritta, croustillante à l'extérieur, tendre à l'intérieur. Au comptoir, alors que nous allons payer, Gianni nous verse un petit verre d’amaro – une fin simple et appropriée à un repas qui tient ses promesses."
Mes dessins traduisent une émotion pour des paysages et des lieux, urbains ou naturels, choisis pour leurs dispositions spatiales, leur matérialité, leur lumière, leur attrait poétique. Les outils d'expression sont sobres : mine de plomb, pierre noire, plume. Leurs potentiels sont déclinés selon le rythme de l'observation : attentive et minutieuse ou rapide et allusive, toujours à l'affût d'étrangetés qui peuvent suspendre le regard. Simon Vignaud / né en 1955
«Mario Lattes è nato / il venticinque ottobre / millenovecentoventitré a Torino / dove vive e lavora / Ma lavorare non è esatto / e neanche vivere / Si ricorda di essere stato / dietro gli occhi di uno / che in piedi lo guardava / a pochi mesi nella carrozzina / con in testa una cuffia / di colore celeste / lavorare non è esatto / e neanche vivere / in questa città assassinata / la pietra dei marciapiedi non risuona più / non c’è più tenerezza nelle mani / sulle ringhiere di ferro / di scale e ballatoi / e ciò che gli aveva insegnato / essa l’ha dimenticato»
«Mario Lattes est né / le vingt-cinq octobre / mille neuf cent vingt-trois à Turin / où il vit et travaille / Mais travailler n'est pas le terme exact / et vivre non plus / Il se souvient d'avoir été / derrière les yeux de quelqu'un / qui le regardait / âgé de quelques mois dans son landau / avec un bonnet bleu ciel sur la tête / travailler n'est pas exact / et vivre non plus / dans cette ville assassinée / les pavés des trottoirs ne résonnent plus / il n'y a plus de tendresse dans les mains / sur les rampes de fer / des escaliers et des balcons / et ce qu'elle lui avait appris / elle l'a oublié»
(traduction libre de la fiche autobiographique rédigée par l'auteur introduisant l'exposition)