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18 déc. 2021

Lire / Vivre : Un paysage d’hiver, quand le froid est extrême

 
 
Selon Sei Shonagon, les choses qui gagnaient à être peintes étaient :
 

Un pin // La lande en automne // Un village dans la montagne //
Un sentier dans la montagne // La grue // Le cerf //
Un paysage d’hiver, quand le froid est extrême //
Un paysage d’été, au plus fort de la chaleur
 

Pour les six autres sujets, je ne saurais dire. 
Mais pour le paysage d'hiver, et le froid qui mord,
ô vénérable dame, je suis entièrement d'accord.
 
 
 Les clochers des alentours sonnaient midi.
Je suis restée longtemps, les yeux ébahis,
les doigts engourdis, le chien abasourdi.



 
Je suis restée longtemps, face au paysage endormi
ses entrelacs et ses détails observés avec minutie
les pupilles envoûtées par tous ces précieux lacis.
 
 
 

Je n'avais rien, pas de pinceau, ni de crayon, ni d'encre de Chine
(laquelle eut vite fait de se transformer en bloc de charbon).
Je n'avais pas de carnet, ni le moindre feuillet à disposition. 

 
La forêt se taisait. On entendait seulement un claquement. 
C'étaient mes dents. Il m'a fallu alors me dépêcher,
dégainer mon appareil et prestement photographier....

... au risque de me retrouver, moi aussi, totalement givrée.


17 sept. 2017

Lire : ce qui angoissait Sei




(entre autres) :

Regarder les courses de chevaux.
Tordre un cordon de papier, pour attacher ses cheveux. (parce qu’il risquait de se casser)
Avoir des parents ou des amis malades, et les trouver changés. A plus forte raison, quand il règne une épidémie, on en a une telle inquiétude qu’on ne pense à plus rien d’autre.
Ou bien, un petit enfant qui ne parle pas encore se met à pleurer, ne boit pas son lait, et crie très longtemps, sans s’arrêter, même quand la nourrice le prend dans ses bras.(...)
On se sent encore défaillir quand une autre femme, devant vous, montre une lettre qu’elle a reçue de celui qu’on aime.

(à un millénaire de distance, Sei est proche, vivante, observatrice, pertinente, attentive à décrire son quotidien et il n'est pas étonnant qu'il soit si doux de la lire encore et encore).