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27 sept. 2021

Vivre : let it be / 23

 
New York 1939 / Helen Lewitt / coll. Martin Z.Margulies

Une autoroute conduisant vers le Nord, un axe très fréquenté. Un ciel couvert où les nuages ne tardent pas à menacer. Première gouttes soudaines, qui deviennent vite des trombes tandis qu'au loin on perçoit des éclairs. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, la grêle est là, qui grise le paysage et floute les silhouettes.
La circulation se fait prudente, se ralentit. On hésite à  se ranger sur la bande d'urgence, comme certains. Ou à poursuivre avec précaution, en misant sur le caractère très local de ces fulgurants phénomènes. On suit les phares qui précèdent. On avance avec peine.
Or, voici tout à coup, qu'à l'approche d'un pont la circulation est stoppée. On s'inquiète : un accident dû aux conditions aventureuses ? On craint des blessés. 
Mais non : on découvre deux rangées de trois voitures qui se sont tout simplement parquées à l'abri et attendent que l'orage passe. Bloquer la circulation : leurs chauffeurs n'ont rien trouvé de plus pratique pour soustraire à d'éventuelles bosses leur précieuse carrosserie. Après moi, le déluge, je ménage ma tôle chérie.
On klaxonne pour se frayer un passage à l'extrême gauche de la chaussée. On suit la colonne ainsi formée et, comme prévu, au bout de quelques minutes, on voit la grêle, puis les trombes enfin s'apaiser. En retrouvant des trouées d'azur dans le ciel rasséréné, on se remémore l'incident, en espérant qu'il n'ait pas généré à l'arrière des accidents à la chaîne. Certains, donc, pour pavaner dans leurs chers véhicules, pour ménager leurs chères carrosseries - peut-être pas tout à fait payées, probablement mal assurées - n'hésiteraient pas à mettre des vies en danger... On n'en finit pas d'être étonné...

27 août 2021

Vivre : let it be / 22

 
Deuil de Marie-Madeleine sur la dépouille du Christ / A. Böcklin / Kunstmuseum / Basel
 
Elles ont besoin de penser unifié, évidemment. De se regrouper, forcément. De se trouver remorquées, fatalement. Elles s'effraient à la descente, elles peinent à la montée, elles se cherchent désespérément un centre de gravité. Elles ont besoin de wagons, de locomotives et de destinations. Elles manquent d'horizon. Elles manquent d'allant, de perspectives et de convictions. Elles suintent l'ennui, elles voient petit, tout petit, ne dédaignent pas les mesquineries. Flamandes sans flamme, flottantes sans rames, elle ne rient pas, elles ricanent tout bas, pour qu'on ne voie pas. Du reste, personne ne les voit, c'est pour ça qu'on s'attriste pour ...ces suivistes.

30 nov. 2020

Vivre : let it be / 21

 
Mitologias cotidianas / Chus Garcia Fraile / GB Gallery / 2019 / Palma de Mallorca
 
 
Une lettre recommandée provenant de la commune voisine est arrivée récemment.
 
LES FAITS : suite à dénonciation (photo à l'appui) je me suis vue condamnée à payer une amende de 100 euros pour "dépôt illicite de sac poubelle". On me reproche d'avoir déposé (dans un conteneur ad hoc) un sac en plastique de 35 litres (payé 1,80 euro, incluant la taxe de retraitement) alors que cela m'était interdit (aucun panneau d'aucune sorte pour l'indiquer expressément).
Ah!
LES MEFAITS : Le village en question, celui où nous allons faire nos achats alimentaires, où se trouvent notre garagiste, notre médecin de famille, notre bureau de poste se trouve sur le chemin qui nous conduit à la ville la plus proche. Nous le traversons tous les jours, alors que nous devrions effectuer un détour de deux kilomètres pour déposer nos détritus à la déchetterie de notre village (ce qui semblait peu pratique et peu écologique). Mais... c'était sans compter avec les frontières cantonales, des limites qu'il s'agit ici de respecter scrupuleusement.
(Précisons qu'il y a dans ce pays des villages traversés par ces frontières, où des enfants habitant la même rue ne fréquentent pas le même établissement scolaire, n'ont pas les mêmes programmes, ni les mêmes plans de vacances. Évitons d'évoquer les mesures régissant l'actuelle pandémie : le virus, c'est bien connu, cesse de s'activer dès qu'il arrive ici. Il connaît les règles, lui).
Oh!
LA MORALE : Je me suis hasardée à faire recours et le Conseil communal réuni in corpore a bien voulu convertir l'amende en ferme avertissement (signé par la docte main du syndic) précisant que le "tourisme de déchet" était formellement interdit. Je dois avouer que cette affaire m'a hautement soulagée. Dans un monde où sévissent des guerres effroyables, des famines terribles, d'inquiétantes pandémies et catastrophes naturelles, où des gens sont bâillonnés, enfermés pour leurs opinions, où l'on meurt pour mille motifs, où des millions de civils sont jetés sur les routes, dans ce monde, heureusement, il reste des employés zélés qui veillent à l'ordre public, vous épient, photographient votre plaque minéralogique et vous dénoncent à l'autorité compétente afin que votre répréhensible comportement soit sanctionné comme il se doit. Grâce au ciel, il existe des lieux où l'on traite ces problèmes avec tout le sérieux exigé. La situation est donc grave, mais pas désespérée.
Ouf ! Nous voilà rassurés !

3 avr. 2020

Vivre : let it be / 20

Auguste Rodin / Exposition Le Drapé / MBA / Lyon

il en est qui
courant habituellement, une course effrénée d'une activité à une autre, se penchant sans cesse sur leurs écrans, n'ayant jamais le temps, en quête de possessions, de pouvoir, en quête d'argent, ne prêtant jamais attention à la moindre fleur, au moindre sourire (ne prêtant jamais la moindre attention aux gens), toujours pressés, allant de distraction en distraction,
ayant su dénicher un masque performant, le portant et l'exhibant, s'alarment soudain d'entendre tousser, s'affolent soudain à l'idée qu'eux-mêmes puissent se mettre à tousser, tomber malades, puissent se retrouver alités, voire en arrivent à se découvrir en péril, paraissent tout d'un coup tenir pour infiniment précieuse cette vie qu'ils semblaient pourtant ne cesser d'esquiver jusqu'ici
il en est qui
jusqu'à hier pourtant, décrivaient les avantages de la ville et de ses amusements, ricanaient légèrement, se disaient incapables de résider si loin de tout ce qui vibre et cultive vraiment 
et qui à présent jettent des regards de reproche et se plaignent et traitent de nantis ceux qui ont opté pour cette vie dont ils n'auraient jamais, ô grand jamais, voulu, avant
il en est qui
se pressent pour s'emparer, pour être sûrs de ne point manquer, pour prendre plus que leur part en prenant part à la course aux courses folles, et qui se voient confirmés dans leurs pires craintes quand ce dont ils s'emparent si goulûment vient à manquer soudainement

il en est enfin qui
gardent leur regard solaire, parlent peu, à bon escient et partent à l'autre bout du pays où le devoir les appelle, n'ayant prévu aucun hôtel, et s'apprêtent à trouver dans leur voiture transport et confort, et avancent résolument faisant simplement ce qu'ils ont à faire, simplement ce qu'ils ont à faire...

22 avr. 2019

Vivre : let it be / 18


Allegorie du Bon Gouvernement (détail) / A. Lorenzetti /Palazzo del Commune / Sienne



Incidemment nous avons appris il y a moins d'un mois qu'un projet de décharge allait être réalisé sur le territoire de notre commune. Il avait déjà reçu l'accord de la municipalité, mais curieusement, rien n'avait filtré. C'est par les infos télévisées que la majorité de la population a été avisée.
Entre temps, il s'est avéré qu'une pétition contre ce projet avait été lancée. En effet, situé en limite de zone communale, le plan prévoyait qu'une quarantaine de camions passeraient quotidiennement, et qu'ils emprunteraient principalement des routes situées sur des communes limitrophes. Les riverains impactés, on s'en doute, n'étaient pas ravis d'avoir été mis devant le fait accompli et ont vivement réagi. Heureusement, dans ce pays, la démocratie directe fonctionne (plutôt bien dans certains cas).
Vacarme, éclats, médiatisation, les personnes concernées – et pas seulement elles – étaient passablement remontées. De conférences de presse en réunions plénières, sous la pression des habitants, le projet a finalement été enterré.
Et depuis lors, que voit-on au village ? Le syndic, les conseillers, bon nombre de ceux qui étaient au courant depuis longtemps, se mettent à parler de ce projet le définissant comme "aberrant". Ils sont tous prêts à en discuter – longuement, à grand renfort d'arguments – pour convenir que la décharge était dénuée de sens. Tout le monde est content ? Presque : l'agriculteur qui avait cédé son terrain à un prix intéressant sillonne les chemins avec son tracteur en rageant (tous ces copains, qui lui avaient dit, oui, bien sûr, c'est donnant donnant, tous ces copains, sont à présent aux abonnés absents).
Encadrant ce microcosme, révélateur de phénomènes plus amples et tellement courants, le lac et la forêt se déploient. Par-dessus, les busards passent, les corbeaux croassent. Ils assistent au remue-ménage, soulagés, amusés, médusés, distants et néanmoins présents.

19 mars 2019

Vivre : let it be / 17

Affiche exposition de Marina Abramovic / Trieste / 2018 

Haut-lieu de migration, notre village voit se croiser au printemps les canards qui regagnent le Nord et les touristes qui migrent vers le Sud. D'un jour à l'autre, en périodes fériées ou estivales, le nombre d'habitants peut quadrupler. Les sonorités se font gutturales et les valises sur roulettes sont plus nombreuses que les poussettes. Soudain les magasins se retrouvent en rupture de stock, notre paisible gare décuple le nombre de ses usagers. Les habitants – des gens plutôt doux et accueillants - prennent ces désagréments en patience. Ils se retirent dans leurs jardins, empruntent des chemins non balisés et vont se baigner dans quelque crique secrète.

Les vacanciers peuvent ainsi profiter du lac et des pistes cyclables en toute tranquillité. Or, il en est pour adopter un étrange rituel à leur arrivée : celui du drapeau. N'ayant pas de goût particulier pour ce genre d'objet, je contemple – de loin – un étrange phénomène. A peine installés, les voilà qui hissent fièrement devant leur maisonnette ou leur mobilhome l'étendard de leur canton. Incroyable : Berne, Bâle, Lucerne sont toutes proches, certains n'ont pas fait cent kilomètres, et ils éprouvent le besoin d'exhiber leur provenance à tout venant. Le font-ils pour s'assurer qu'à une telle distance ils se trouvent quand même à la maison ? Ont-ils besoin d'affirmer crânement leur pédigrée ? Trouvent-ils le paysage si terne qu'il faille le colorer ? Je l'ignore et je me vois mal m'approcher pour les interroger.
J'imagine… j'imagine un vacancier toscan arriver en Sicile, ou un Provençal débarquer en Bretagne ou un Berlinois s'installer en Forêt noire. Exposeraient-ils ainsi leur identité ? (du reste, y a-t-il un drapeau toscan, provençal ou berlinois?) 

A voir fleurir ces fanions au vent, je me suis rappelée qu'au Piémont j'avais hissé un drapeau sur mon balcon. Une fois. Une seule fois. Il était multicolore avec quatre lettres inscrites dessus en blanc : PACE. C'était après un long hiver où l'on avait espéré pouvoir éviter des bombardements. Je me souviens aussi que Bagdad était à feu et à sang tandis que le drapeau se faisait délaver par les pluies du printemps. Je me souviens qu'au fil du temps, le drapeau s'était effiloché tandis qu'une sale guerre n'en finissait pas de durer.

9 oct. 2018

Vivre : let it be / 16


Saint Sebastien / Raphael / Accademia Carrara / Bergamo

Ces trajets où, prise d'un besoin pressant, on se dépêche. 
 On passe devant une affichette indiquant "défectueux",
alors, on court, on court plus loin, et on se retrouve finalement
devant une porte fermée et là, on attend. On attend. On frappe.
On attend. On refrappe et on attend en commençant à trépigner.
Enfin, au bout d'un long très long moment, on voit sortir calmement
une donzelle, l’œil étonné, très bien maquillé. 

26 sept. 2018

Vivre : let it be / 15


Portrait d'une femme inconnue / G. Klimt / Belvédère / Vienne

Un couple  du voisinage venu dîner : Lui, paisible et débonnaire, un peu déboussolé par la récente retraite vers laquelle on l'a poussé. Elle, plantureuse notable à l'ego bien dimensionné, passe son temps à énumérer ses nombreux privilèges. Elle évoque à tout bout de champ son pouvoir d'achat et son poste extraordinairement bien rémunéré ( (elle est représentante pour des machines médicales). Elle affirme péremptoirement que la vue sur le lac a un effet stressant (sa maison donne sur la route cantonale). Nos deux enfants travaillent comme avocats (mais elle tient à préciser que sa fille collabore au sein d'une importante multinationaaaale). Elle part deux fois l'an faire les soldes à Hambourg (elle jette puis rachète d'année en année les mêmes chemisiers et les mêmes classiques chandails).  
R. - la bonté personnifiée - s'obstine à les inviter. Les gens fonctionnant en mode "faire" et en mode "paraître" ne m'exaspèrent plus depuis longtemps, mais ils me lassent. J'aspire aux échanges vrais, j'ai besoin de rencontrer le cœur des personnes, et non le contenu de leur porte-monnaie. Je préfère évoquer le goût d'un souvenir plutôt que le coût d'un circuit organisé. Je désire l’authentique,  je rejette le contreplaqué. A chaque fois, en les regardant repartir, je déplore le gaspillage d'une soirée.

7 août 2018

Vivre : let it be / 16



Il y aurait tant à observer :
Prêter attention aux courants facétieux.
Admirer la ville et ses contours classieux.
Admirer le ciel, admirer les arbres.
Caresser leurs reflets portés par la rivière.
Vivre la contre-plongée après avoir plongé
la tête la première.
Il y aurait tant à voir.
Il y aurait de quoi se satisfaire.
Certains pourtant préfèrent la mise en scène de soi.
Ils se tendent la perche : me voici, me voilà,
là, dans les flots, le héros, c'est moi.
Il y en avait même un hier que sa compagne docile,
patientant sur les bords, était censée immortaliser
tandis qu'il exécutait sa noble chorégraphie.
Décidément, on n'arrête pas l'Aar du selfie.

11 avr. 2018

Vivre : let it be / 15





Depuis la ruelle pavée, on devinait que quelque chose avait changé. Les beaux objets ethniques, les bols, les châles, les bracelets, avaient disparu. La devanture de la boutique ressemblait à une scène désertée. A l'intérieur, toutefois, un vernissage branché battait son plein.

Deux Castafiores enturbannées et ravalées, accueillaient avec force exclamations des invités apparemment triés sur le volet. L’une expliquait à un type déguisé en ouvrier (veste en gros drap bleu et pantalons savamment tachés) comment le designer avait conçu la déco. Elle pointait de ses ongles fuchsia les parois roses et la peinture aux teintes acides déversée sur le sol. L’autre ouvrait  grand les bras et manifestait avec des trémolos sa joie de voir arriver deux aaamiiies milanaises.  Un bref tour des locaux permettait de constater que le vide était bien orchestré : ça et là, sur les étagères, une coupelle, une chose, un truc, un machin, du rien. 

On s'est regardés et on a décampé. On aurait dit la scène où Nanni Moretti et son ami repartent de Panarea à toute berzingue, fuyant la tirade d'une femme qui les inonde de propositions alléchantes : une célébration en hommage au mauvais goût ! une autre mondanité pour fêter son divorce ! Atmosfere ! Creazioni ! Elefanti bianchi ! un Watusso!  



14 oct. 2017

Vivre : let it be / 14


Portrait de Jacob Ziegler / Wolf Huber / KHM / Vienne


Ils arrivent au printemps et repartent aux premiers froids
(à rebours des canards qui barbotent au bord du lac)
Ils sont réglés comme des métronomes :
A huit heures ils ouvrent leurs volets
A vingt heures, ils les referment.
Leur semaine est rythmée par des activités immuables :
Mardi : les courses et dimanche : leur promenade
(pas martial, une deux une deux, on les entend passer de loin).
Entre deux, armés et harnachés, ils tondent.
Ils tondent leur herbe à cinq centimètres, pas un de plus pas un de moins.
Ils tondent le soir, ils tondent le matin.
Ils tondent et s’acharnent obstinément sur leur terrain.
Ils ne laissent aucune chance à une quelconque déviante fleurette,
A la moindre fantaisiste prairie.

Vieillir, oui, vieillir, un chemin que nous devons tous emprunter.
Jour après jour, chacun à notre manière,
Nous devons apprendre à perdre et à nous délester.
Certains cheminent ainsi, dans l’affrontement,
En coupant court à toute percée de la nature,
comme si celle-ci risquait de leur être hostile,
Une ennemie à juguler, à domestiquer.
Couper, raser tout ce qui dépasse,
Comme pour défier le temps qui menace.
Pour garder l’illusion de la maîtrise

Une maîtrise sur ce qui naît, vit et s’en va. 

16 mai 2017

Vivre : Let it be / 13


Portrait de l'épouse d'un juriste / Lucas Cranach / Gemäldegalerie / Berlin


C. nous avait snobés voici quelques mois.
Avait décliné notre invitation à dîner.
Ne nous trouvait plus intéressants, dignes de figurer dans son agenda,
depuis que notre identité professionnelle s’était évaporée.
C’est qu’elle sait très bien gérer sa liste de numéros utiles.
Elle cultive ses relations (éclectiques)
aussi bien qu’elle monte sur son élégant vélo (électrique).
Mais voici que samedi, me promenant avec une amie en détresse,
je la croise dans la rue.
C. vient alors expressément me saluer.
Ignorant la conversation que j’étais en train de mener,
elle s’autorise à l’interrompre pour y glisser tout de go
un lancinant problème qui la tourmente : sa mère.
Sa mère malade, réclamant des soins et un suivi filial.
Tout à coup, C. se souvient de la mienne, 
C. se montre ouverte à des échanges,
aimerait s’épancher, apprécierait des conseils.
Que la vie est dure et compliquée, quand même !
J’ai compati à ses difficultés, bien évidemment, et puis vite vite je suis repartie
avec ma vraie, ma fidèle amie
qui avait grand besoin de se confier ce matin-là.

Avant de s’en aller sur son précieux vélocipède,
C. a trouvé le moyen de vociférer une information de la plus haute importance :
Sa fille venait de réussir ses examens, elle était avocaaaaate !
J’ai été (et toute la rue avec moi) bien sûr ravie de cette impressionnante nouvelle.

4 janv. 2017

Vivre : let it be / 11




Elle fait la gueule
A ses voisins de gauche, à ses voisins de droite.
Et les croise en regardant droit devant.
Elle fait la gueule.
A ses voisins d’en haut (nous)
Parce qu’on n’a pas tenu compte de sa demande 
et laissé notre prairie être une prairie sans y planter des fleurs  « jolies ».
Elle fait la gueule.
Parce que les choses ne sont pas comme « il faudrait ».
Elle fait la gueule.
Parce qu’on n’écoute pas ce qui « devrait ».
Elle fait la gueule
Quand elle part se promener tout envisonnée .
Elle fait la gueule. Mais !
Elle a déposé dans notre boîte une carte de Noël (le 29 novembre)  :
Chers voisins,
Comme nous partons pour quatre semaines aux Seychelles,
nous ne pourrons pas être là à temps pour vous adresser nos vœux,
alors nous vous écrivons maintenant...

Ayant d’autres choses en tête, 
on a oublié de lui répondre, alors…
Elle fait la gueule.