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16 mai 2020

Vivre : saisir au vol


Henri IV et Gabrielle d'Estrées / Fleury Richard / MBA / Lyon


La vie de chacun d'entre nous n'est pas une tentative d'aimer, elle est l'unique essai. 
C'est pourquoi l'amour se nourrit de marginalité, de silence, de vie secrète, séparée, sacrée.
Pascal Guignard, Vie secrète.

Sentir intensément que chacune des opportunités offertes ne se présentera qu'une seule fois. Une seule!
Ressentir très fort l'absolue importance d'être là, malgré les illusions que dessine notre infinie distraction.

8 avr. 2020

Vivre : loin de l'amour


Statues dans le jardin / Teatro olimpico / Vicenza

Tue-l'amour par excellence : toute forme de trahison
Non-amour par essence : toute forme de culpabilisation

23 oct. 2019

Vivre : peines de coeur


La Sybille de Cumes / Domenichino / Galerie Borghese / Rome

Avec cette amie éplorée, plusieurs questions décortiquées :
Cet amour qui a cessé, quand a-t-il commencé ? De quoi s'est-il alimenté ?
Qu'est-ce qui lui a permis d'exister ? Qu'est-ce qui l'a amené à s'effilocher ? 
Précises dissections qui mènent à deux essentielles interrogations :
Qu'est-ce donc que nous appelons amour ? Et que dit-on quand on dit je t'aime ?


 

15 août 2019

Vivre : points de vue


Amore benda una giovane / Marco Liberi / Musei civici / Padova

L'amour: aveugle, vraiment ? Ne serait-il pas plutôt terriblement lucide: 
nous amenant à découvrir le diamant, le myosotis, l'espérance folle
qui sommeillent en chacun ?

18 juil. 2018

Vivre : dans la durée


Portrait de l'empereur Maximilien1er (détail) / A. Dürer / KHM / Wien

Avec lui, la vie est exigeante et belle, surtout belle.

12 janv. 2018

Vivre : dialogue sentimental


Sarcophage des époux / Villa Giullia / Rome


Il m’a demandé si je souffrais de solitude. Il a insisté : la solitude me faisait-elle souffrir parfois ?
Je l’ai regardé intensément : beaucoup moins que certaines présences.
A vrai dire : beaucoup moins que la plupart des présences.
En envisageant la question sous un autre angle,
il me semblait que je me sentais bien plus privilégiée par la solitude,
que par la présence d’autres personnes à mes côtés.

(si ce n’était la sienne naturellement, ai-je ajouté, amoureusement).

5 janv. 2018

Vivre : la tendresse des jours


Fresques bibliothèque de la cathédrale (détail) / Pinturicchio / Sienne

C’est une soirée ordinaire.
Je lève la tête et remarque les deux bougies, près du sofa.
Ce n’est pas moi qui ai pensé à les allumer.
Souvent, je ne pense pas à ces choses-là.
C’est lui, en passant, furtivement.
Elles font partie de ces attentions aériennes,
preuves quotidiennes de son amour.

17 oct. 2017

Vivre : question de grammaire



La fiancée juive / Rembrandt / Rijksmuseum / Amsterdam


Je lui ai dit : tu te rends compte ce que nous
Je lui ai dit : tu te rends compte tout ce que tu...
Et lui m’a répondu : et toi, toutes les fois que…
Tu réalises tout ce que toi, tu…
Nous avons ainsi des dialogues à la syntaxe bancale.
Cependant, ils nous conduisent toujours à l’essentiel :
le baiser, respectant toutes les règles de la langue. 

3 sept. 2017

Vivre : les incertitudes de l'amour


Portrait d'un homme (détail) / Michael Sittow / Mauritshuis / La Haye

Quand Bea, une amie de toujours, m’a enfin donné de ses nouvelles, après un long silence, et écrit que son mari s’était mis à « whatsapper » avec une autre, j’ai tout d’abord cru mal comprendre. Quoi ? Ce mec psychorigide, bardé de principes, ce calviniste invétéré? Cet écolo-facho qui interdisait à ses enfants les frites, la télé, les cartes Panini? What’s app serait entré dans sa vie ? Il se mettrait à chatter ? Je l’ai imaginé un instant insérer des smileys, des locomotives et des oursonnets pour sa nouvelle dulcinée. J’ai eu du mal à me retenir de rigoler.
Mais Bea va mal, très mal. Elle a passé un sale été. Elle, généreuse et maternelle artiste, n’arrive plus à peindre, ni même à ébaucher.
En m’empressant de lui répondre, à vrai dire, je regardais la corbeille à papier. Je songeais à cette longue et douloureuse relation qui me semblait n'avoir que trop duré. J'avais très envie de lui suggérer: Profite-en pour le jeter ! Vis ta vie loin de ce boulet !
Mais Bea tient à lui. Et il faut toujours ménager les sentiments d’une amie blessée. Je lui ai donc envoyé des mots tout doux qui l’encourageaient à se recentrer et à créer. Je l'ai invitée à explorer les va-et-vient de sa météo intérieure et les tracer en courbes, en couleurs, en épaisseurs. A esquisser sur le papier les vides, les coulées de lumière et les ombres,  pour parvenir un jour à se redessiner un été. Un été bien à elle. Avec ou sans smileys.


2 sept. 2017

Vivre : des choses tristes, des choses gaies


Cres

Parmi les choses tristes de l’été :
Ces papillons de nuit qui surgissent au matin
- un linge saisi, une cafetière déplacée -
et se soulèvent avec peine et s’en vont mourir
juste un peu plus loin.

Parmi les choses gaies de l’été :
Ces gelati chocolat noir pistache salée
qu’on savoure à deux, lentement d’abord,
en fermant les yeux,
puis toujours plus vite,
qui finissent par couler le long des doigts, 
attention attention, là et là et là -
dans les mouchoirs, sur le trottoir.
Qui font de ce cornet goûteux
une aventure d’amoureux.

30 août 2017

Vivre : Amor ch'a nullo amato...


Ravenna

A chaque fois, à chaque dérive ou à chaque danger de dérive, 
comme un cercle qui se boucle,
comme un fleuve qui retrouve son lit,
je reviens vers lui.

15 juil. 2016

Lire : Quand Donna rencontre Barbara




J'ai voulu reprendre cet été Le Chardonneret, que je m'étais procuré à sa sortie en français et dont j'avais arrêté la lecture au bout de 200 pages.
Il y a des livres que j'abandonne sans état d'âme, quand ils ne me plaisent pas. Mais il y en a d'autres que je mets de côté pour plus tard, en me disant qu'ils ont de la valeur et que dans un autre état d'esprit je parviendrai à franchir le mur du son littéraire. Curieusement, quand je reprends ces lectures, je me retrouve souvent en situation d'arrêter une nouvelle fois, juste à l'endroit où je l'avais abandonnée. Je m'efforce alors de poursuivre, mais je parviens difficilement à continuer pendant plus de deux ou trois pages.
Il est rare que ces livres mis de côté, je parvienne à les achever. Ce qui ne m'empêche pas de continuer de déposer des bouquins dans le coin des "à reprendre" et de m'obstiner à remettre l'ouvrage sur le métier.
Là, il y a quelques jours, je suis allée à la cave repêcher l'ouvrage de Donna Tartt et très vite ce qui avait bloqué chez moi il y a deux ans m'a sauté aux yeux : cette histoire me lacère le cœur. Elle met en scène les aventures d'un orphelin, une sorte de David Copperfield des temps modernes, et commence au moment où, visitant une exposition sur l'âge d'Or hollandais au MET en compagnie de sa mère, le musée est la cible d'une explosion terroriste. Théo parvient à s'en tirer, tandis que sa mère tendrement aimée n'a pas cette chance.
En s'extirpant du bâtiment ravagé, il emporte le fameux Chardonneret, minuscule tableau de Carel Fabritius, que sa mère admirait. Cet acte impulsif, dont il garde le secret, sera le fils d'Ariane de l'intrigue.
Hier, un détail m'a frappée : rentré chez lui après l'attentat, le jeune héros se raccroche désespérément à l'espoir de voir arriver sa mère. Il  passe l'appartement en revue. Son regard balaie ce qui fut la vie avec elle et ce faisant, il trouve sur le dossier du canapé le livre qu'elle avait laissé en cours de lecture.
Ce livre, c'est Jane et Prudence, de Barbara Pym. Et, curieusement, ce livre oublié, d'une auteure encore plus oubliée aujourd'hui, je viens de le terminer, je l'avais commandé sur internet il y a deux ou trois semaines.
A ce moment-là, j'avais déploré que plus personne ne parle de Barbara Pym et qu'on ait tant de peine dans les librairies à en trouver des publications.

Je me demande jusqu'où j'irai, cette fois-ci, dans la lecture du Chardonneret ?

20 juin 2016

Habiter : Scènes de la vie conjugale


Revenu trempé d'une incursion au jardin, il a rapporté dimanche dernier une tige avec quelques boutons, qui, depuis, s'obstinent à fleurir l'un après l'autre avec une détermination et un courage sans failles. C'est l'été! affirment en chœur ces minuscules fleurs.

Je déteste les réveils glauques, sur les rivages de l'aube, qui vous laissent en rumination et pleine de reproches envers le paysage et la terre entière. Devant mon air bougon - il faut bien le dire : très bougon - ce matin,  il m'a emmenée acheter de l'été sur papier glacé.

19 juin 2016

Vivre : l'amour, les îles




Il y a une île,
en Dalmatie,
Non pas celle-là
Ni celle-là ↓
Une île 
Dans laquelle il y a un lac
Un lac salé
Au milieu duquel
Se trouve une petite île
Et sur cette petite île
Il y a une église,
Toute simple
Toute blanche
Et dans cette petite église
Mon beau zèbre
Nous irons nous remarier
Toi et moi
Tout bientôt
Pour la .... xième fois.