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11 juil. 2021

Vivre / voyager : l'état de conservation

 
Saint-Libéral (?) tenant la ville de Trévise (détail) /Leonardo Boldrini / MBA / Dijon
 
Le centre avait changé en trois ans. Plus ripoliné, plus flamboyant, plus clinquant. Pratiquement aucun mendiant, uniquement des gens bien sapés et quelques touristes disciplinés. Une belle ville bien mise,  offrant au monde le reflet de sa riche histoire, mais... où ses commerçants étaient-ils donc passés ? Toujours plus de sandwicheries, une seule modeste boucherie, des grandes enseignes "express" en guise d'épiceries. Toujours moins de caddies, de ménagères prêtant l'oreille aux potins du quartier, toujours plus de personnages avec cartables, de fonctionnaires zélés. Des restaurants ouverts le midi. Des boulangeries transformées en confiseries.
Une fois éprouvée la séduction du premier regard, on se rendait compte que la ville, comme tant d'autres, suivait une désolante tendance à exhiber son glorieux passé, façon carte postale, mais, que derrière ses façades prestigieuses, elle était en train de perdre ce qui fait le sel d'un lieu : ses habitants, leurs mouvements, les bêtises des enfants et les réactions courroucées des mamans. Les squares. Les bars " de l'Industrie" ou "des Amis". Les draps aux fenêtres. Les cris. Les affiches annonçant un vide-grenier ou quelque traditionnelle festivité. C'était un fait, après le premier regard, le premier tour, la première balade dans ses ruelles, on ressentait comme un vide, une hémorragie, une absence et bientôt on était saisi d'une irrépressible envie de la quitter, la ville vide et belle, qui vendait son âme et devenait musée.

6 août 2016

Voyager : place de la Libération



Nous avons traversé de sacrés longs mois.
Un sacrément long hiver sans feu.
Pour nous.
Surtout pour toi.
Quel bonheur de se retrouver là,
juste là,
A siroter un verre. 
A regarder les enfants sauter entre les fontaines.
Toute cette innocente fraîcheur, ces rires, ces danses.
Et les choses qui reprenaient leur place.

4 août 2016

Manger : les belles rencontres


Aux halles centrales, les mardis, jeudis, vendredis et samedis, il y a un stand de fromager qui s'appelle le Gas normand. On s'y est arrêtés par hasard. On a suivi les suggestions de la dame et emporté avec nous quelques fromages bourguignons qui se sont révélés divins (j'oublie toujours de noter les noms). Puis, tant qu'on y était, on a pris des yogourts au lait de brebis au goût inégalable et, juste par gourmandise, un saucisson sec, produit de manière artisanale dans le Haut-Doubs, qui était proche de la perfection.
Ensuite, on est rentrés à travers les belles rues de la ville, portant vaillamment nos paniers et nos sacs, fiers de nos victuailles, échafaudant des plans pour la suite de l'été, cet été qui est déjà bien entamé, mais dont je voudrais qu'il ne finisse jamais et que je vais m'arranger pour rallonger, encore et encore.