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19 févr. 2026

Vivre : février hostile, ne te découvre pas d'un fil

 



Les échanges, certains matins d'hiver, sont plutôt restreints. 
Mais depuis que la météo est devenue franchement teigneuse, 
c'est commode. On sourit et on répond : "Mieux que le temps".  
 

11 janv. 2026

Vivre : que faire ?

 

que faire ? au cœur de l'hiver, que faire ?
rien. rien : surtout ne pas s'agiter, se contenter
de respirer et vivre intensément et uniquement 
l'hiver 

7 janv. 2026

Vivre : hiberner (ou pas)

 

 
Au petit matin moins neuf degrés avec un givre inspiré venu ciseler toutes sortes de jolis flocons sur les vitrages frigorifiés.
Mes pieds toujours glissés sans chaussettes dans mes souliers et toujours pas le moindre gant pour envelopper mes mains glacées.
Fêlés pour fêlés, sur les rives, toujours les mêmes passionnés scrutant rêveusement le lac avant d'ôter leurs frusques et de s'y jeter.
 

2 janv. 2026

Vivre : le positif du négatif

 
 

 
Enfin! après des jours et des jours!
Enfin! la baisse des températures! 
Du soleil dans la froidure!
 
 

25 déc. 2025

Vivre : présence

 
Madonna dell'Umiltà / Fra Angelico / Rijksmuseum / Amsterdam
 
longeant la rivière, hier, déceler cet instant
où la dernière goutte croise le premier flocon
 
 
 

14 déc. 2025

Vivre : entrer dans la fête

 

Glade Jul / Viggo Johansen / Hirrsprung fondation / Copenhague

Mélange de nostalgie, de rituels et de saveurs retrouvées, Noël est en train de s'approcher. La troisième bougie vacille dans la couronne de l'Avent, la fête progresse lentement. Cette année, les appels à décorer et à consommer prématurés - déchaînés - avaient de quoi bousculer. Quoi ? En octobre déjà cette nécessité de tout organiser ? Contrariée, j'ai souvent détourné le regard et slalomé parmi les comptoirs. Je ressens l'envie de vivre à mon rythme le cycle des saisons, la fin de l'été, l'automne et toutes ses couleurs, quitte à en expérimenter les pluies, les journées moroses et les langueurs. J'ai besoin d'avoir tout mon temps, d'être dedans. Je n'ai pas besoin d'incessantes fuites en avant. Je refuse qu'on m'expulse constamment dans un futur censé m'apporter des bonheurs préfabriqués. Dans un monde d’accélération, il faudrait donc maintenant dix fois plus de temps de préparation (entendre : de consommation) ?
(cette année, les titres des films sur le thème diffusés tous les jours depuis des semaines sur certaines chaînes m'ont fait rigoler, une daube hollywoodienne censée anesthésier sans doute quantité de frustrations, trop de douleurs et de peurs) 
Enfin, aujourd'hui, presque en catimini, la troisième bougie de l'Avent s'est allumée. La flamme danse, se consume, chemine tout en lenteur tout en douceur vers le solstice d'hiver. Le temps est venu de se réjouir.
 

27 oct. 2025

Vivre : s'embarquer

 

  
Période critique dans l'année : quitter les rivages de l'heure d'été. L'heure d'hiver, ce n'est rien, rien qu'une heure, juste soixante-minutes escamotées puis récupérées, et pourtant ce sentiment à chaque fois d'un long et sombre tunnel à traverser. Faire semblant de ne - presque - pas le remarquer. Et pourtant avoir le pressentiment d'entrer dans le monde de  la  nuit, et le soir, envahi par la pluie, le repli, les feuilles qui tourbillonnent, les tapis, et le soir qui tombe toujours trop vite. 
Chaque année, arriver préparée : les grands cercles de lumière allumés face au paysage assombri, les bougies, les recettes ressorties censées nous réjouir nos estomacs, ces repas plus lourds pour mieux nous ancrer dans la saison à traverser, et cette joie de retrouver les pullovers oubliés, les manteaux, les bottines, se rechercher et se retrouver des élégances remisées. Il n'empêche : ce long tunnel de l'hiver et du froid qui nous sera imposé jusqu'à mi-février, ce tunnel à affronter avec force romans et tasses de thé, qu'il est long, et seul le vent, le vent d'hiver, sauvage et ensoleillé, comme ce matin, cheveux en bataille, poumons suroxygénés, saura nous consoler de ces minuscules soixante minutes dispersées.
 

2 mars 2025

Vivre : tout se tait dans l'hiver

 

Silence dans la campagne.
Où sont passés les gens ?
Blottis sous leurs édredons
ou dévalant les montagnes.

22 févr. 2025

Vivre : à la recherche du trésor perdu

 
L'ombre de la barque / Joaquin Sorolla / Musée Sorolla / Madrid
 
 Tout à coup, dans le ciel couvert, une boule blanche a surgi et avec elle nos silhouettes sur l'asphalte gris.
J'ai pensé alors à l'ombre et à la lumière, ces deux trésors que nous chourave le brouillard. 

7 févr. 2024

Vivre : les facéties de l'hiver

 

Les matins débutent dans la nuit et le froid. Il fait terriblement nuit et affreusement froid. Aux premières lueurs, nous partons à la sauvette surprendre le soleil, là-haut, qui surgit, qui rosit de plaisir, et joue à cache cache derrière des rangées d'arbres sages, alors qu'ici règne encore un brouillard hostile. Nous rentrons tout revigorés, avec l'impression d'avoir pris de la hauteur et gagné un trophée. Mais, subitement, sur le coup de neuf heures, tout s'illumine et on se retrouve en mars, voire en avril. On doit se changer. Les bonnets et les écharpes gisent à terre, pathétiques et inutiles. On sue, on voudrait s'acheter des cornets à la fraise et aller les déguster sur la plage. En fin d'après-midi, c'est le Sahara qui s'impose. Le lac joue au désert, assume le masque du sable chaud qui attend son légionnaire. Drôle de saison. Drôle d'hiver. Qui importe des vues d'ailleurs sous nos yeux interdits, qui donne envie de relire des passages de "Désert"  :
Ils étaient les hommes et les femmes du sable, du vent, de la lumière, de la nuit. Ils étaient apparus, comme dans un rêve, en haut d’une dune, comme s’ils étaient nés du ciel sans nuages, et qu’ils avaient dans leurs membres la dureté de l’espace. Ils portaient avec eux la faim, la soif qui fait saigner les lèvres, le silence dur où luit le soleil, les nuits froides, les lueurs de la Voie lactée, la lune ; ils avaient avec eux leur ombre géante au coucher du soleil, les vagues de sable vierge que leurs orteils écartés touchaient, l’horizon inaccessible. Ils avaient surtout la lumière de leur regard, qui brillait si clairement dans la sclérotique de leurs yeux.[JMG Le Clezio // p.7]



2 févr. 2024

Vivre/ Regarder : comme une envie de Campari on the rocks

 
Photographie prise en février 1929 alors qu'il avait fait moins 12 degrés dans la lagune
Archivio Studio Giacomelli
 
Oh horreur! Des  primevères dans le jardin! Si les matinées sont encore glaciales et nous déroulent de beaux tapis givrés, les après-midis nous entraînent vers des rivages qu'on croirait méditerranéens. Les abeilles s'y laissent prendre qui font le buzz autour de leurs ruchers. Non! Non! Trois fois non! Je veux encore de l'hiver et du froid, je veux encore trembler dans l'aube qui renâcle à se lever, je veux des larmes de glace sur mes joues fouettées. Pas question de songer à revoir bientôt l'été!
Pour me consoler de ces contrariétés, ignorant le soleil insolent, je me suis penchée sur ces images de Venise transie et enneigée, que la fondation Jean-Pierre Wilmotte expose jusqu'au 28 février sous le titre de Venezia bianca :

Neve con le gondole / Gaetano Gabbia / sans date

Rialto / Fulvio Roiter / sans date
 
Sinfonia veneziana / Bruno Rosso / 1965
 
Sans titre / Sergio Del Pero / sans date
 
 
 
Exposition organisée avec l'Archivio storico Circolo fotografico La Gondola et  la Fondazione Querini Stampalia (fondo Luigi Ferrigno)

15 janv. 2024

Vivre : hésitations d'hiver

 


Le chien semble parfois grandir davantage en muscles qu'en sagesse (surtout quand il est question de taupes et de chasse). Il n'empêche : ces jours-ci il freine des quatre fers quand il est question de sortir et son exemple n'est pas dénué de bon sens. A Berne, samedi, une grande partie des habitants semblaient de son avis. Pas grand monde dans les rues pour profiter des soldes qui se déversaient à foison. Quelques skieurs s'étaient sans doute évaporés vers des descentes poudreuses, mais il y avait fort à parier qu'entre virus, fatigues diverses et portemonnaies asséchés, la plupart restaient planqués à l'abri des tentations et des contagions.  Quant à moi, j'ai me suis refusée à faire un choix entre ces options contradictoires : je me suis laissé tenter par une paire de Blundstone solidement crantées, lesquelles allaient me permettre de partir crapahuter par-dessus la nappe de brouillard (deux nappes, en fait, entre lesquelles il était doux de se lover) et enfin, après ces moments d'évasion, j'ai pu savourer un bon Lapsang Souchong en piochant sans modération dans de vieux bouquins sans prétention

30 nov. 2023

Vivre : sous les flocons

 
Détail Crucifixion / Polyptyque de San Galgano / Giovanni di Paolo / Pinacothèque / Sienne

 
Dernier jour de novembre. Comme un soulagement dans l'air. Novembre, mois si dur aux endeuillés, aux angoissés, aux surmenés, mois radin en bonnes nouvelles et encore plus en luminosité, mois où les emmerdeurs se font une joie d'emmerder, où l'immunité est en chute libre tandis que l'absurdité connaît un regain de vitalité, mois où les boules Quiès devraient être remboursées. Heureusement : le bal des nuages, les voltiges de la neige, Vivaldi et Branduardi, les yeux du chien et le regard de mon tendre ami. Heureusement, la poésie. Heureusement, les bougies et ce sentiment percutant d'être en vie.  


26 nov. 2023

Vivre : "elle"

 

Hier matin, comme une envie de rien, une peine folle à suivre le chien sur les sentiers givrés à l'heure où certains commencent tout juste à se lever (quand ils ne prennent pas la sage résolution de se retourner). J'étais en train de me demander si je n'avais pas attrapé un virus de saison, quand tout à coup j'ai aperçu les toits blancs. "Elle" était arrivée, tout doucement, sans crier gare. S'était posée sur les feuillages, sur les branchages, avait redessiné le paysage, saupoudré le lac et ses rivages. 
 
Plus tard, à Berne, "elle" s'en est donné à cœur joie : averses, glissades, rafales, pour le plus grand bonheur d'une foule internationale découvrant une Suisse de carte postale : des trottoirs où patiner, des Alpes invitant à skier, des fondues à déguster.  Ai surfé parmi les badauds, soufflé des nuages dans l'air glacé, dévoré une fondue moitié-moitié. Dans les rues qui peu à peu se remplissaient, il y avait une agitation inhabituelle, des violons qui disséminaient du Haendel, on aurait dit déjà Noël. 
 
Il y avait un je-ne-sais-quoi d'émoustillé dans l'atmosphère, quelque chose qui distillait le bonheur de l'hiver. Sur leurs devantures, les magasins avaient posé des affiches en noir : "Consommez!", " Faites des affaires!". Tandis que peu à peu déboulaient les éventuels acheteurs tout prêts à dépenser pour mieux pouvoir économiser, nous avons remonté les arcades à rebours. L'heure était venue de rentrer, se lover dans une couverture et rire en compagnie d'un bon vieux polar. Lire, et, de temps en temps, lever les yeux juste pour le plaisir de "la" voir.
 

 
 

6 nov. 2023

Vivre : luna park

 

ah! les tempêtes...

quels que soient le mois ou la saison...



l'heure ou l'émotion...


toujours ce sentiment d'une cinquième saison...




22 oct. 2023

Vivre : mûrir l'hiver

 
Sienne

 
Face aux longues journées ennuagées, ennuagées et pluvieuses, pluvieuses et pouvant se révéler ennuyeuses, accepter. Accepter de ne plus se lever d'un bond pour courir au-devant des reflets dansants sur le lac clapotant. Accepter les pertes (la lumière, les chants, les nuages roses, et puis jaunes et puis blancs). Accepter de voir mourir une abeille sur le sol, au soleil pâle et impuissant. Accepter les passages des renards émaciés, les réclamations des pies affamées. Accepter l'insecte qui cogne contre la vitre où il est venu se réfugier. Accepter la contrariété de laisser partir tant de choses aimées - mordre dans un fruit mûr, cueillir de pleins paniers, plonger, boire la tasse et replonger - accepter l'irritabilité. Admirer le rouge des feuillages piétinés, patauger dans les flaques, se rire des averses. Se souvenir des sucs dégoulinants, se réjouir des marrons glacés. Entre pincements et plaisirs, parvenir - tout doucement - à donner le tour.

11 mars 2023

Vivre : précipitations

 

dès la première sortie, le vent nous a emportés, le froid nous a giflés, et le ciel menacés

 
les arbres se balançaient, qui gémissaient, qui craquaient, qui semblaient près de s'envoler

 
on a marché déterminés, bien décidés à ne pas se laisser impressionner, on bottait branches et rejets
 

à peine la portière ouverte, la première goutte est tombée, énorme, une claque sur la chaussée et la tempête s'est déchaînée


28 févr. 2023

Vivre : poursuites

 
Histoires de Saint-Benoît (détail : le Saint répare un tamis brisé) / Nicolo' di Pietro / Galleria Uffizzi / Firenze

Petits instants ravissants :
 
une aigrette marchant dignement dans un champ, suivie en file indienne par trois moutons bruns
une petite fille - tout au plus deux ans - pleurant à grosses larmes son ballon emporté par le vent
et trois adultes, courant sur le trottoir pour capturer la grosse boule bleue voltigeant parmi les passants
des branches s'agitant comme des fantômes, des sacs pourchassant des chats, des chapeaux délirants, 
des feuilles dansant au milieu de croisements, des poissons comme des baleines sur le lac rugissant.

23 févr. 2023

Vivre : des moineaux dans le prunier

 

Ça y est : premier lézard entre les lattes, le printemps s'est installé et même si les giboulées n'ont pas dit leur dernier mot, leur temps est compté. L'heure est aux baskets colorées, aux premières balades rose fluo, aux primevères en pot, aux oiseaux ennamourés. Il faut se hâter de troquer, déplacer, déranger, retrouver. Mais...
 
quelque chose au fond de soi renâcle à opérer la traversée. On se sent bousculée. Depuis des semaines, la tendance était à l'intériorité, lenteurs, silences, méditations face aux nuages hésitants, et voici qu'il faudrait réapprendre à gazouiller, à converser, à s'extérioriser. Réapprendre la légèreté alors que les moments passés à rêvasser devant les flammes manquent déjà à nos cœurs envoûtés.

20 févr. 2023

Vivre : horizons africains

 

J'aime ces soirs - rares - où le paysage nage en plein brouillard
des airs de Sahara, un songe un mirage, une perte totale de repères.
Le chien affalé, cuivré, ronflant dans un coin du salon.
On se croirait dans un ballon dirigé vers la fin de l'hiver.