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22 mai 2019

Voir : palme ou pas



Antonio Banderas

Dans "Dolor y Gloria", Pedro Almodovar raconte le passage à vide d'un sexagénaire, une descente dans les tourments de l'âme et de la maladie, accompagnée d'héroïne et d'alcool et de réminiscences.
Dans "Dolor y Gloria", il brosse le portrait de trois hommes magnifiques (et magnifiquement interprétés) et c'est heureux qu'enfin, lui qui a si bien su parler des femmes, se penche sur l'inestimable beauté des hommes. Dans "Dolor y Gloria", il y a des larmes dans les yeux de Banderas, qu'on voudrait essuyer, et des tonalités d'enfant perdu dans sa voix, quand il évoque les brisures du passé. Dans "Dolor y Gloria", Asier Etxeandia se lance dans une danse magistrale avant d'entamer un monologue poignant sur les limites de l'amour. Dans "Dolor y Gloria", le cinéma sent la pisse et le jasmin et une fièvre fulgurante terrasse les premiers émois d'un gamin.
Peut-être pas le plus magistral, peut-être pas le plus émouvant, peut-être pas le plus distinguable, mais un film à voir, qu'il me faut revoir absolument. Puisque - avant-dernière réplique - peu importe tout ce qu'on ne saura jamais, peu importent les chemins et leurs mystères, l'essentiel est que les messages parviennent à leur destinataire.