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13 févr. 2019

Regarder : nuances et variations


 Présentation de Jesus au Temple / Mantegna / Gemäldegalerie / Berlin

   Présentation de Jesus au Temple /G. Bellini / Fondazione Querini-Stampalia / Venezia


Les deux oeuvres ont été exposées l'an dernier à Fondazione Querini-Stampalia / Venezia

Bellini. Mantegna. Deux peintres travaillant en famille,
le second ayant épousé la sœur du premier.
Les admirer, c'est s'exercer à l'art de la nuance.
On peut avoir été formés à la même école, tenir le même sujet,
il n'empêche que chaque créateur impose son style et sa manière.
Cela paraît peu de chose, presque rien, des détails :
un sourcil, une barbe, un mode vestimentaire,
 des expressions et des regards, plus ou moins austères,
l'émergence des émotions dans l'espace et la lumière.

9 févr. 2019

Regarder : l'ange des Bellini


Galleria Accademia / Venise

Cet ange merveilleux est minuscule en réalité. 
Il se trouve dans la lunette du triptyque de San Lorenzo,
 peint par Jacopo Bellini* et ses deux fils Giovanni et Gentile. 
Difficile de savoir lequel des trois artistes l'a réalisé
et est parvenu à lui donner cette grâce infinie, 
ce calme, cette absolue détermination dans la bonté.


*(1396-1470)

13 déc. 2016

Vivre : do not disturb


G. Bellini / Sacra conversazione (détail) / Accademia / Venezia

Au cœur de l’après-midi, un message Whatsapp tombe : Après huit mois de silence, étonnamment aimable, elle prend de mes nouvelles et ajoute : « Moi, je dis à tout le monde que je suis en congé, ce qui coupe court aux persiflages. ». Curieuse expression, vraiment…

A soixante-trois ans, elle s’est vue « mise à la retraite ». Elle se voulait première poule du poulailler, femelle dominante, reine mère. La voilà donc à présent déchue, cette imposante personne, elle qui confondait trop souvent méchanceté avec intelligence et était presque autant crainte par la hiérarchie que par les aides, obligées de faire bouillir la marmite.

C’est un fait : quand le monde du travail salarié s’arrête, on est comme passé au tamis. On se retrouve face à soi, à ses limites, à ses coups d’éclat et à ses actes manqués. On récupère aussi, heureusement, sa part d’enfance, ses rêves, et le désir intact de se remettre à construire passionnément des cabanes. La vie est là qui palpite de toutes parts. Mais si cette existence ne dépendait que d’un statut, d’une fonction, d’une place sociale, alors effectivement, on est obligée de dire qu’on est… en congé, difficile de s’avouer « à la retraite ».

Whatsapp, l’univers des smartphones, je me sens toujours moyennement douée en application(s). Sans en nier l'utilité, elles finissent souvent par m’ennuyer. Elles me distraient du droit chemin, lequel allait, ce jour-là, vers Bellini, le crayon à la main. En conséquence… 

j’ai tout simplement éteint.