Kleinkinderschule auf der Kirchenfeldbrücke / 1900 /Albert Anker / Kunstmuseum / Bern
Énorme douche sur ce lundi de rentrée. Sous un ciel maussade, les gens aveuglés pendant tout l'été semblaient déboussolés. Les attentes, d'un jour à l'autre, avaient totalement changé : espérer avoir le temps de boire son café en terrasse entre deux averses, frissonner, retrouver au fond du coffre un vieux parapluie rouillé, mettre la main sur un T-shirt pour passer de quarante à quinze degrés, re-frissonner, envisager de manger autre chose que des salades et du halloumi grillé, éternuer. Peu de gens pour sourire. Tout le monde paraissait pressé. Certaines retrouvaient au fond de leur sac des choses incongrues : lunettes noires, tube de crème solaire, éventails. Certains évoquaient déjà les vacances de décembre (le Brésil! le Brésil!) En à peine l'espace d'une nuit le monde avait changé.
Seuls les petits, avec leurs sacs à dos et leurs bandes réfléchissantes, avaient l'air de s'amuser : retrouver les copains, les jeux, les cahiers, échapper à l'ennui des après-midis solitaires, partager des goûters. Ils quittaient à midi leur école avec fierté, tout heureux de revivre la magie des récrés.
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