1 sept. 2026

Vivre : se jeter à l'eau

 
La vague / Gisbert Combaz / coll. Langenstein / Porrentruy
 
La plupart du temps je ne donne pas mon avis à moins qu'on me le demande expressément (pas de conseils gratuits, puisque ce ce qui est gratuit ne vaut rien, c'est bien connu). Mais là, quand, ayant pris des nouvelles, je me suis retrouvée face à un visage grimaçant et des yeux remplis de larmes, j'ai pensé : stop. Il y a un moment pour pleurer, un moment pour que le chagrin entende raison et un moment pour prendre des décisions.
J'ai pris soin d'enrober mon discours de quelques précautions, évoqué sa petite-fille qui avait besoin d'elle à ses côtés, parlé des avantages de recommencer une nouvelle vie ailleurs, fourni quelques pistes, donné une ou deux adresses. Ce qu'elle ferait de mon opinion, je m'en fichais. De toutes façons, j'avais l'intention de lui parler franchement avant la fin de la saison. 
A vrai dire je m'attendais à me faire jeter. Ce ne fut pas le cas ... elle n'a pas opposé toutes sortes d'objections pour consolider son statu quo sentimental, elle a eu l'air d'évaluer les ouvertures que j'avançais. Il y a un temps pour tout et là, la phase des pleurs n'avait que trop duré. Avec toutes ses larmes le niveau de la piscine risquait de déborder. Pleurer équivalait à le laisser gagner. L'heure était venue pour elle de monter au filet. A-t-elle entendu, je n'en sais rien. Dans tous les cas, elle a écouté.
 
 

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