Trois ans déjà. Il a l'air un peu ravagé, un peu éteint. Le palais est toujours somptueux, mais les salles en enfilade sont désertes sous une lumière sévère. Les affaires n'ont pas l'air d'aller très bien. Il nous demande d'où nous arrivons. Nous décrivons des rivages ensoleillés et des vitrines où les maillots côtoient déjà des pullovers décorés de sapins. Il dit : Les enfants ne savent plus attendre. Ils reçoivent tout avant de désirer. Ils sont gavés. Ils ne se réjouissent plus de rien. Autour de lui, les tables acquiescent, qui patientent depuis le matin, qui patientent depuis des décennies, et qui attendront qu'arrive le soir, avec de potentiels visiteurs et la douce lumière des bougies.

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