12 janv. 2026

Vivre : Still life / 187

 


qu'importe sa valeur marchande et qu'importent ses destinataires, 
inattendu, banal ou éblouissant, l'essentiel est qu'il vienne du cœur :
un message d'amour qui part, et personne ne sait ce qu'il va devenir... 

 
 

11 janv. 2026

Vivre : que faire ?

 

que faire ? au cœur de l'hiver, que faire ?
rien. rien : surtout ne pas s'agiter, se contenter
de respirer et vivre intensément et uniquement 
l'hiver 

10 janv. 2026

Vivre : Still life / 186

 



Petit cadeau. Grand plaisir. Qu'il est doux, tapotant dans l'aube glacée, 
de prendre son café en suivant les traces d'un lugeur déluré !
 

 

9 janv. 2026

Vivre : Still life / 185

 
 

 
Ma grand-mère n'avait pas une once de coquetterie. Elle n'en avait ni les moyens ni le temps. Son seul produit de beauté, c'était le borotalco Roberts (merci, ô merci, la marque de n'avoir jamais changé le look du flacon). Le talc adoucisseur de peau, absorbant l'humidité, soignant les orteils irrités, avec une rassurante odeur de propreté, se trouve toujours en bonne place dans ma salle de bain. Quand ce bon vieux virus (VZV pour les intimes) qui se planquait dans mon organisme depuis près de soixante ans a choisi la veille de Noël pour faire son come-back, avec son lot de rougeurs et de démangeaisons, les antiviraux prescrits par ma doctoresse m'ont bien défendue. Mais surtout : au moment du coucher, il était si bon de pouvoir apaiser mes vésicules avec la poudre douce et blanche de mon enfance... une vraie caresse apportant son lot de réminiscences... 

8 janv. 2026

Lire : le charme discret de la proximité

 
 


 ...le seul voyage qui importe est celui que nous faisons sans l'aide de personne, en osant nous émanciper du cadre convenu du tourisme. [p.60}
Dédaigner le "monumental", c'est échapper à toutes les versions officielles qui le recouvrent et orienter son regard vers l'inconnu - le non-jugé, le non-classé, le non-répertorié, le non-aseptisé sous un amas de commentaires. C'est retrouver le regard d'un enfant qui ne sait pas, qui ne sait rien, mais qui ressent, sans lunettes déformantes, la densité du monde. Ma pratique du microvoyage consiste précisément dans cet état d'esprit innocent - d'autres diraient naïf d'appréhender le monde. Il me semble que ce n'est qu'à ce prix que l'on peut atteindre la beauté simple et naturelle.
En vérité, les touristes qui "fuient" à l'autre bout du monde convaincus d'échapper à l'ennui de l'archiconnu, manquent d'imagination.  [p.182-183]
 
On entre dans ce petit livre un peu comme on part à l'aventure et on le lit comme on boit du petit lait. Le microvoyage, c'est le contraire du tourisme de masse appelant à aller chercher très loin un antidote à la routine ou à la frustration. L'auteur, qui habite la région parisienne depuis de nombreuses années, y décrit son plaisir et son enthousiasme à partir chaque samedi en vadrouille de proximité sans aucun plan ni itinéraire prédéfini. Il raconte le bonheur lié à ce genre de voyage ayant remplacé depuis un bout de temps en ce qui le concerne les transhumances dans lesquelles se lancent ses contemporains. Un bonheur tout en lenteur et en curiosité qu'il lui appartient de renouveler de semaine en semaine.
 
A l'appui de ses arguments, Rémy Oudghiri appelle tour à tour une belle brochette d'artistes et de poètes : bien sûr, Rousseau, Baudelaire, Rilke, Giono, Jacottet mais aussi Handke (dont il invite à lire Mon année dans la baie de Personne) et des cinéastes comme Tati et Wim Wenders. Certes, les citations sont pour la plupart connues, mais elles sont intégrées avec justesse dans les chapitres qu'elles illustrent et elles donnent envie de se replonger dans l'ouvrage qui les a vues naître.
 
Le manifeste du microvoyage se base sur six recommandations détaillées à la fin du livre, à savoir : le dépaysement; la beauté; la sobriété; l'apprentissage; la poésie; le bonheur. L'auteur en propose en guise de synthèse la formule suivante : l'art du microvoyage est une façon de dévoiler la poésie du monde [p.171] 
 
Peut-être que la philosophie qui résume le mieux cette démarche d'apprentissage est celle du maître taoïste  Tchouang-Tseu, cité en page 186 :
 
Avec peu, on se trouve, avec trop, on se perd. 
 
Un petit livre magique (même si par moments redondant) qui vient rappeler le plaisir qu'il y a à appartenir au monde sans se sentir obligé de suivre les diktats des modes et des codes imposés. Une invitation à écouter "sa petite musique" à l'écart des foules et de leurs déplacements en croissance démesurée. Et si, tout compte fait, l'émerveillement de la découverte se trouvait à quelques enjambées ?
 

7 janv. 2026

Vivre : hiberner (ou pas)

 

 
Au petit matin moins neuf degrés avec un givre inspiré venu ciseler toutes sortes de jolis flocons sur les vitrages frigorifiés.
Mes pieds toujours glissés sans chaussettes dans mes souliers et toujours pas le moindre gant pour envelopper mes mains glacées.
Fêlés pour fêlés, sur les rives, toujours les mêmes passionnés scrutant rêveusement le lac avant d'ôter leurs frusques et de s'y jeter.
 

6 janv. 2026

Vivre : activités de pacotille

 
Les devoirs de vacances / Maurice Denis / Petit-Palais / Genève
 
 
La cure de janvier a commencé et force est de constater qu'avec le temps l'entassement de choses a bien diminué. A tel point qu'ici ce ne sont plus tant les objets qui obstruent l'existence, mais plutôt d'autres réalités. La surconsommation s'est déplacée. Snacking, following, scrolling, peoplepleasing. Quels que soient les mots pour les dire, la langue et les sonorités, il y a tant de moyens de dilapider ses énergies. Il y a tant de moyens de perdre sa vie, de perdre son temps, ce temps si précieux qui nous a été remis le jour où l'on est née. Est-ce bien ton capital, ta sueur que tu veux éparpiller en dépenses insensées ? Est-ce vraiment ainsi que tu veux les galvauder, veux-tu les gâcher en toutes sortes d'activités - ou plutôt : de non activités, bêlantes et insensées - le veux-tu vraiment ? Si tu ne veux pas, si tu ne veux plus, à quoi vas-tu renoncer dès aujourd'hui ? Tel est l'exercice de la journée.