Silenzio! Hanno chiuso le verdi
persiane delle case.
Non vogliono essere invase.
Troppe le fiamme
della tua gloria, o sole!
Bisbigliano appena
gli uccelli, poi tacciono, vinti
dal sonno. Sembrano estinti
gli uomini, tanto è ora pace
e silenzio… Quand’ecco da tutti
gli alberi un suono s’accorda,
un sibilo lungo che assorda,
che solo è così: le cicale.
persiane delle case.
Non vogliono essere invase.
Troppe le fiamme
della tua gloria, o sole!
Bisbigliano appena
gli uccelli, poi tacciono, vinti
dal sonno. Sembrano estinti
gli uomini, tanto è ora pace
e silenzio… Quand’ecco da tutti
gli alberi un suono s’accorda,
un sibilo lungo che assorda,
che solo è così: le cicale.
Umberto SABA / Meriggio d'estate / in : Il Canzoniere (1921)
C'est le grand vide de l'année. Les derniers partis tôt ce matin ont croisé les premiers rentrés, épuisés, pas vraiment prêts à se montrer. Les oiseaux se sont lassés de s'égosiller. Sur les routes et les chemins déserts tremble un soupçon de poussière. Un chamois à l'aube nous a toisés, étonné de notre présence sur ses terres. Les couleurs se sont une à une effacées. L'air s'est densifié. Des branches soulevées, des senteurs de lavande fatiguée, des feuilles penaudes qui se penchent sur nos conversations étriquées. Tapis dans l'ombre, le chien soupire et s'endort. Sur le lac deux immenses ballons roses s'amusent. Entre rien et rien à perte de vue les bras se lèvent et retombent. C'est la nage à peine trop fraîche, à peine trop hérissée de cette mutique journée.
Silence! On a fermé
les persiennes vertes des maisons.
Elles ne veulent pas être envahies.
Les flammes de ta gloire
sont démesurées, ô soleil.
Les oiseaux murmurent à peine,
puis se taisent vaincus par le sommeil.
Les hommes semblent avoir disparu,
tant il y a de paix et de silence...
Quand soudain, de tous les arbres
monte un son, un sifflement assourdissant
qui ne peut être que celui-ci : les cigales.
(traduction libre)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire