18 nov. 2016

17 nov. 2016

Manger : ratées, mais délicieuses




Pour une cuisinière comme moi, accepter ses échecs est un lot sinon quotidien, du moins relativement fréquent. Mon plus récent constat : je ne sais pas, je ne saurai jamais faire des madeleines qui aient l'air de vraies madeleines, avec un jolie bosse au-dessus. Je réalise des espèces de formes au goût certes délicat et citronné, mais qui n'ont l'air de rien. Ou alors, de pétales d'une fleur inconnue, ou d'écailles d'une créature issue des profondeurs marines. Quoi qu'il en soit, elles disparaissent en un tour de main, donc... je me risque à en donner la recette. Pour une vingtaine de ces "créatures", il faut :

- 2 œufs
- 1 jaune d’œuf
- 120 gr de farine
- 100 gr de sucre
- 100 gr de beurre
- 1 petite cuillère de levure chimique
- du zeste de citron ou d'orange, et/ou un sachet de sucre vanillé

On commence par battre au fouet les œufs avec le sucre. On intègre en douceur la farine tamisée, puis le beurre, qu'on aura pris soin de faire fondre auparavant avec une égale prévenance. On ajoute la levure, les zestes (moi, j'aime bien mélanger zeste d'orange et de citron), le sucre vanillé.
Et on laisse gentiment la pâte ainsi obtenue reposer, au frais, pendant le temps d'une sieste ou d'un quart de polar. La jolie bosse naîtrait, semble-t-il, du contraste violent entre la fraîcheur de la pâte et la chaleur du four (j'ai lu pas mal de forums et de littérature là-dessus, chacun y va de sa théorie). Chez moi, ça n'a pas marché.

On verse donc cette pâte dans les moules adéquats et on la glisse au four préchauffé à 190° pendant une douzaine de minutes. Les sortir quand la couleur vous plait, entre le jaune Van Gogh et les tuniques ocres de Masaccio.



16 nov. 2016

Vivre : éternels retours



Dans la nuit matinale,
sur fond de bruissements animaliers,
et de moteurs lointains,
saluée par quelques feulements et cris,
elle est revenue.

15 nov. 2016

Vivre : les nuits de la Super Lune



Hier soir : 
ciel couvert.
Ce matin aux aurores :
ciel couvert.

Juste...
une fente, une infime ouverture
dans le rideau de nuages,
qui a répandu sur le lac.
le reflet fugace
d'un rayon.

Face à ces occasions,
qui se donnent,
ou pas
admirer le paysage pastel et silencieux. 



14 nov. 2016

Vivre : la valeur de l'argent



Au fond du tube de Labello,
glisser le petit doigt
afin de racler jusqu'à la plus infime quantité
avant d'être sûre de pouvoir le jeter.

Dans la petite boutique de l'étonnante bijoutière,
définir un modèle de bague simple,
un anneau d'argent
surmonté d'un ovale creux en or cuivré,
sans discuter devis ou délai.

En matière financière,
être économe dans les petites choses 
et impulsive, désinvolte dans les grandes.

12 nov. 2016

Ecrire : avoir la classe



L'autre jour à Genève,
tandis que le tramway descendait cahin caha 
la rue de Coutance,
j'ai vu une chose extraordinaire :

au premier étage d'un immeuble,
fièrement dressé sur la rambarde, 
un chien qui en avait,
se tenait à sa fenêtre.

Le poil brillant, d'un gris intense,
il tournait sa tête aristocratique,
vers la gauche, vers la droite,
dans l'impatience à peine contenue de voir arriver l'être aimé.

11 nov. 2016

Vivre : à la racine du mal



C'est un homme que je fréquente depuis plus de vingt ans. Il a joué et continue de jouer un grand rôle dans ma vie. J'ai régulièrement besoin de le voir, même si idéalement je le verrais le moins possible.
Le rencontrer a été souvent lié à des problèmes, et face aux difficultés, il a su agir avec compétence et douceur.
Il n'est pas beau, ni attirant, mais il conserve en toutes circonstances une affabilité orientale très rassurante. Quand il se penche sur moi, mon cœur palpite et mon souffle se fait plus rapide. Mais, avec lui, la séduction n'est pas de mise. C'est le seul homme, je crois, que j'ai vu jeter un regard horrifié sur mes lèvres fardées, la seule fois où je m'étais étourdiment maquillée pour aller le voir.
Je sais sur sa vie privée aussi peu de choses que j'aie bien voulu dire de la mienne. Sa femme, ses fils, sa famille, ses vacances. Mon mari, mon fils, mes vacances, mon travail.
L'autre jour, notre rencontre, particulièrement brève, m'a enchantée. En résumé : commentaires positifs sur les radios et compliments pour mon hygiène irréprochable.