7 janv. 2017

Manger : la soupe de janvier



Trois belles carottes
Un oignon (ou deux)
Une orange
Un grand verre de bouillon de légume
Une demi-tasse de crème légère (ou de lait de coco)
Une cc de curry (comme on l'aime)
Du piment en poudre (à volonté)
Du sel

Faire cuire les carottes et les oignons dans le bouillon.
Mixer le tout. Ajouter le curry, le piment et le sel.
Retirer du feu. Verser le jus de l'orange et la crème.
Et...
le tour est joué.

6 janv. 2017

Regarder :en toute intimité



Si « Journal intime » est un de mes films-culte, c’est à cause de scènes comme celle-ci :

Sa cosa stavo pensando? Io stavo pensando una cosa molto triste, cioè che io, anche in una società più decente di questa, mi ritroverò sempre con una minoranza di persone. Ma non nel senso di quei film dove c'è un uomo e una donna che si odiano, si sbranano su un'isola deserta perché il regista non crede nelle persone. Io credo nelle persone. Però non credo nella maggioranza delle persone. Mi sa che mi troverò sempre d'accordo e a mio agio con una minoranza... 

Vous savez à quoi j’étais en train de penser? J’étais en train de penser à une chose très triste, c’est-à-dire que moi, même dans une société plus acceptable que celle-ci, je me retrouverai toujours en accord avec une minorité d’individus. Mais pas dans le sens de ces films où on voit un homme et une femme qui se détestent, s’entredéchirent sur une île déserte parce que le réalisateur ne croit pas en l’être humain. Moi, je crois en l’être humain. Mais je ne crois pas en la majorité des êtres humains. Je pense que je me retrouverai toujours en accord et à mon aise avec une minorité de gens… (traduction libre)


5 janv. 2017

Voyager : au long cours...


Rembrandt / La Fiancée Juive (détail) / Rijksmuseum / Amsterdam


Il y a vingt-cinq ans, j’avais suivi une formation avec un thérapeute de famille, qui était venu nous parler du mariage. Je me souviens encore – à peu de choses près – de ses mots pour entamer le sujet:
Un mariage qui dure, ce n’est pas une longue ligne droite, pas un voyage ronronnant, c’est une suite de crises, de divorces et de remariages. Moi-même, là, après trente ans, je viens tout juste de me remarier avec ma femme….
C’est vrai qu’il faut être fou, givré, niaisement romantique, inconscient, taré, ou atrocement conformiste, pour s’imaginer pouvoir passer toute sa vie embarqué dans un genre de croisière, auprès d’une personne choisie à un moment donné, simplement par le fait d’un contrat et d’une ferme intention initiale.
Avec le temps, j’ai acquis moi-aussi, comme le thérapeute, ma petite expérience et je confirme : pas de routine possible, pas d’ennui au fil des jours qui se suivent et se ressemblent. Pas de traversée plan plan, Et pas de plan retraite du côté du cœur.
Un couple qui dure est sans cesse placé sous le signe du défi. (Je repense du reste régulièrement à la citation basique : Un mariage, c’est résoudre à deux des problèmes qu’on n’aurait jamais eu si l’on était resté seul. On ne saurait mieux dire.)

Le concept est assez simple : Il s'agit de garder à l’esprit chaque jour que rien n’est acquis. On se quitte le matin, on se retrouve le soir. Et durant cette journée, il s’est passé, pour l’un comme pour l’autre, des expériences, marquantes ou pas. On porte donc chaque soir sur cet autre qui rentre un regard de débutant, un regard neuf. Penser pouvoir connaître vraiment une personne relève d’une illusion optique. Un peu comme une de ces boules miroir à facettes dont on ne fait jamais le tour, l'autre doit sans cesse être envisagé sous un angle nouveau. La seule chose stable reste l'intérêt pour le sujet (é)mouvant.

Ce concept nous a amenés assez vite à l'idée du contrat reconduit annuellement. Début janvier, on se retrouve autour d'une belle table. On fait un bilan, on discute des problèmes, des réussites, des challenges à venir. Et à la fin, on décide : oui, non, peut-être ? Il y a eu quelques années « peut-être », des années trois mois à l'essai. Mais jusqu'ici, le cœur nous en a toujours dit.

Alors, on part se remarier. On va se redire « oui » sans témoins, dans une petite église différente à chaque fois.  Mariés civilement, non croyants, nous avons besoin de la sérénité de ces lieux désertés, où la buée de nos serments tremble dans la pénombre.

Etant, fondamentalement, benêts et romantiques, la cérémonie a lieu chaque année à Venise, au plus froid de l’hiver. On a fini par connaître pratiquement toutes les églises de la Sérénissime. Et on l’a visitée par tous les temps : giboulées, neige, pluie, brume, acqua alta, soleil pâle ou insolent.

Cette année, il a annoncé qu’il aimerait faire bénir notre union (sic !) par le curé de la paroisse où a été baptisé Vivaldi (ayant fait sa connaissance l’an dernier, il l’a trouvé très jovial). Lui, l'ex militant d’extrême gauche, l’athée convaincu ! On verra ça… En attendant, je me réjouis de retrouver la lagune. Je me languis de l’air du large, de ces vents qui remontent d'Afrique ou descendent des Alpes, maestrale, scirocco, tramontana, bora, et d'inspirer à pleins poumons...

Quant à savoir si cette année, ce sera "oui", "non", "peut-être", il me reste encore quelques jours de réflexion...

4 janv. 2017

Vivre : let it be / 11




Elle fait la gueule
A ses voisins de gauche, à ses voisins de droite.
Et les croise en regardant droit devant.
Elle fait la gueule.
A ses voisins d’en haut (nous)
Parce qu’on n’a pas tenu compte de sa demande 
et laissé notre prairie être une prairie sans y planter des fleurs  « jolies ».
Elle fait la gueule.
Parce que les choses ne sont pas comme « il faudrait ».
Elle fait la gueule.
Parce qu’on n’écoute pas ce qui « devrait ».
Elle fait la gueule
Quand elle part se promener tout envisonnée .
Elle fait la gueule. Mais !
Elle a déposé dans notre boîte une carte de Noël (le 29 novembre)  :
Chers voisins,
Comme nous partons pour quatre semaines aux Seychelles,
nous ne pourrons pas être là à temps pour vous adresser nos vœux,
alors nous vous écrivons maintenant...

Ayant d’autres choses en tête, 
on a oublié de lui répondre, alors…
Elle fait la gueule.

3 janv. 2017

Vivre : les instants-bulle




En lisière de forêt,
un renard passait furtivement.
Sur la terrasse,
Un enfant coursait des bulles de savon.
Contre le mur,
Son regard innocent,
confiant
suivait les bulles et l’enfant.

2 janv. 2017

Voyager : musée fermé le 1er janvier




Rouler en silence.
Regarder à droite, regarder à gauche.
Les champs comme d’immenses toiles de Rothko
déroulées dans le paysage.
Et les corbeaux en guise de feuillage
Dans les vaillants bouleaux . 

1 janv. 2017

Vivre : A l'aube humer la forêt...


Venezia / 2009


A force, n'a-t-on pas tendance à oublier
 que ces lettres,
ce sont celles d'un jeune poète?

"Si votre vie quotidienne vous paraît pauvre, ne l'accusez-pas; accusez-vous plutôt, dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour en convoquer les richesses. 
Pour celui qui crée, il n'y a pas, en effet, de pauvreté ni de lieu indigent, indifférent."
R.M.Rilke


Vision 2017: 
qu'elle soit une année d'ouvertures et de richesses.
Et ces deux mots-panier : "ouvertures" et  "richesses"
les remplir
avec discernement.
Être comme ce merle,
à peine visible dans la semi-obscurité
qui s'obstine à picorer le sol gelé.
"Si seulement nous avions le courage des oiseaux..."
Les (jeunes) poètes ont toujours raison.