7 janv. 2018

Lire : suivre celles qui regardent


Livre paru aux éditions Rhubarbe

Une perle, une merveille que ce petit livre dévoré (ou plutôt devrais-je dire : bu comme du petit lait?).
Ce dialogue entre deux artistes, l'écrivaine et la graveuse, racontant plusieurs histoires, à travers l'histoire d'une recherche de maison, au fil d'un cheminement finement ciselé. L'habitat comme opportunité de parler du sens de la vie, de l'attention aux choses. Le style est épuré, poétique. Un livre à garder précieusement, pour le relire et le relire encore.

J’aime croire qu’un simple jardin puisse contenir en résumé tout ce qu’un homme est en devoir de comprendre et d’attendre. Limiter le monde à quelques mètres, est une fuite ou une préparation à l’ouverture ? Trop souvent il m’a semblé que la course en avant menait à des impasses : l’agitation, la consommation, le plaisir immédiat. Tout ce qui devrait donner à l’homme le sentiment de sa toute puissance, le rend en fait d’une infinie fragilité. Je mise, comme Nan Shan*, sur le retrait.[p.51]
 *Auteur de "Dresser des pierres et planter des bambous", éd. Les deux Océans, 2002

6 janv. 2018

Vivre : l'épreuve




Comme pour les humains, les tempêtes passent
Révèlent les fragilités, les faiblesses masquées,
Laissent sur les berges leurs longues traces.



5 janv. 2018

Vivre : la tendresse des jours


Fresques bibliothèque de la cathédrale (détail) / Pinturicchio / Sienne

C’est une soirée ordinaire.
Je lève la tête et remarque les deux bougies, près du sofa.
Ce n’est pas moi qui ai pensé à les allumer.
Souvent, je ne pense pas à ces choses-là.
C’est lui, en passant, furtivement.
Elles font partie de ces attentions aériennes,
preuves quotidiennes de son amour.

4 janv. 2018

Vivre : de plus belle




Après ces jours dits « les Fêtes »
s’ébrouer
vivement
pour repartir de plus belle.


3 janv. 2018

Vivre : l’art de clore



La mère de Patti Smith disait que ce qu’on fait le 1er janvier préfigure ce que l’on fera le reste de l’année.**
Il est aussi possible que ce qu’on fait durant le dernier jour d’une année préfigure ce que sera la prochaine.
Ma main sur la joue de cette vieille femme endormie.
Cet homme, ce simple héros, cette présence lumineuse au cœur de la perte et du silence.
Et puis ces deux personnes, patinées par l'âge, qui ont bien voulu me confier quelques tranches de leur vie.
Et le soleil qui a daigné se déployer en orange et en carmin, tandis que défilait le paysage,
Et ces cahiers qui se sont laissés ouvrir sur de prenantes perspectives,
Et au fond de moi cette certitude d’avoir mené à bien ce que j’avais à faire.
Livre ouvert, yeux grands ouverts, dans un wagon qui roulait sur la bonne voie.



**Just kids, Folio, p. 293

2 janv. 2018

Habiter : face à la chaîne





La blancheur peut être grise, bleue, rose.
Laiteuse, cassée, givrée.
Platine, métallique, argentée.
Et même, à l'occasion : immaculée.


1 janv. 2018

Vivre : comme des enfants explorateurs

Giuseppe Palumbo / Visioni del Sud Salento 1907-1959 / Otranto /  2017


Que 2018 porte à partir, à capter, à découvrir
Avec un regard de voyageur, un regard d’enfant explorateur
Un œil neuf et audacieux posé sur les petites et grandes choses de la vie
Pas nécessairement loin, pas forcément vite
Pas après pas, moment après moment
Et puis, naturellement, qu’elle invite à revenir,
Rentrer chez soi, pleins d’expérience et de projets.
En devenir.