7 févr. 2021

Vivre : (dés)enchantements

 
Forêt / Hans Emmeneger / collection Pictet / Genève
 
Expédiée depuis le Nord, l'enveloppe est arrivée en même temps que la lumière blonde provenant tout droit du Sahara. Dans cet univers doré et magique, je l'ai décachetée. Ô déception : contrairement aux particules de sable qui dès le lendemain se seraient évaporées, son contenu allait se déposer dans un  coin sombre de la maison pour être vite oublié.

 

6 févr. 2021

Vivre : le mur

 
Vierge  provenant de la chapelle du grand séminaire d'Aix / Jean-Pancrace Chastel / Musée Granet / Aix-en-Pce 
 
A se demander, face à petites et grandes vilénies, si la candeur n'est pas la meilleure façon de se protéger. 


5 févr. 2021

Vivre : aimer l'hiver

 

 
Retenir... encore, encore un peu, respirer, applaudir, ce bel hiver qui semble vouloir finir...


4 févr. 2021

Vivre : les météos intérieures

 

 
combien d'états nous traversent au cours d'une même journée ?
combien d'éclaircies et d'averses en poursuivant notre avancée ?

3 févr. 2021

Vivre : pourquoi ?

 
Portrait de l'artiste dessinant un loup / Kananginak Pootoogook / 2009 / coll. John et Joyce Price
 
La question est simple, si simple, que je me surprends moi-même à me la poser régulièrement : comment se fait-il que, dans un monde superbe, pourvu de tant de ressources, avec des êtres dotés de mille compétences et capacités, on en vienne à subir des conflits, des guerres, des atrocités. La chaos, la famine, la cruauté.
Une affaire d'avidité ? Une envie de rivaliser ? Un besoin de dominer ?
La question est trop simple. Il n'y a probablement que les enfants et les simplets pour se la poser. Toujours est-il que cette question ne cesse ne me harceler.


2 févr. 2021

Regarder : lequel des deux nous éclaire...

 

Cette année, j'ai une peine folle à ranger les décorations de Noël. Elles m'aident probablement à accepter l'ombre particulièrement sombre de cet hiver (j'en arrive chaque matin à me demander : mais l'hiver a-t-il vraiment toujours été aussi noir ?). La maison accueille donc lanternes et lumignons qui  semblent décidément peu disposés à décrocher. Bon. Patientons.

Ces derniers mois, j'ai été subjuguée par quantités d'images en noir et blanc. Une photo de chien vénitien, à nuit tombée, attendant patiemment devant une boucherie m'a obsédée pendant des semaines. Je l'ai découverte ICI. C'est une photographie d'une grande simplicité, prise par William Guidarini, qui représente curieusement pour moi l'essence même de la Sérénissime, même si on n'y voit ni canal, ni palais, ni touriste. Une image qui, plus que toute autre, dit pour moi la Venise que je connais : hivernale, nocturne, épurée, silencieuse, celle qui me manque tant depuis trop longtemps. Preuve qu'il ne faut jamais tout dire tout montrer pour voir les émotions débouler.

Et puis, je suis retournée visiter un blog dont je déplore qu'il ne soit plus en activité, dont la créatrice inspirée avait exploré à plusieurs reprises l'ombre et la lumière dans son milieu familier. Ma maison aussi regorge de coins et recoins où l'ombre danse avec la lumière. Il m'arrive, comme Katja, de partir en balade et d'être fascinée par mon intérieur. Je me dis qu'il me faudrait vraiment prendre du temps, Canon à la main, pour de longues et attentives explorations. ICI. ICI. et ICI, la blogueuse a réalisé sans doute ce qu'on peut montrer de plus épuré et clairvoyant sur le sujet. Notre quotidien est rempli de ces moments et de ces lieux magiques que nous ne prenons pas la peine d'examiner. De ressentir. De voir.

Sur le blog l'Intervalle, hier, cet ouvrage d'Olivier Deck, L'envers de la lumière, et le commentaire de Fabien Ribery sont venus se rajouter à ces images essentielles. Troublée, éblouie, je n'ai pu que regarder, lire, regarder encore ces photographies qui me parlaient tant.

J'ai réalisé combien nos vies sont pleines de ces moments monochromes où le silence entre en nous et où nous sentons que nous n'avons besoin de rien de plus : le temps et la conscience de nous savoir en vie, en paix, avec nous-mêmes et avec le monde qui nous entoure. Ces moments monochromes, nous pensons souvent ne pouvoir les trouver que dans des églises, devant d'époustouflants paysages ou lors de retraites spirituelles. Mais le merveilleux est là, juste là, il se déroule incessamment sous nos yeux, et... bien évidemment, il m'est impossible de terminer ce billet sans citer Rilke : 
Si votre vie quotidienne vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; dites-vous que vous n'êtes pas assez poète pour en convoquer les richesses. Pour celui qui crée, il n'y a pas, en effet, de pauvreté, ni de lieu indigent, indifférent. // LAUJP / 17.02.1903

1 févr. 2021

Vivre : le sens unique

 
Portrait d'une jeune fille d'Ornans / G. Courbet / Musée Courbet / Ornans
 
Elle se plaint. Elle trouve à chaque fois un excellent motif pour se plaindre et, derrière ses lamentos, il y a toujours ce sentiment insistant que tout le monde est mieux loti qu'elle, que la vie l'a trahie, que le sort n'a cessé de s'acharner contre ses volontés. Pour les autres, c'est toujours plus facile. Pour les autres, ce n'est jamais aussi compliqué. Pour les autres, ça n'a jamais une telle intensité. C'est pourquoi elle ne juge pas nécessaire de remercier, ni de rendre une invitation, ni de donner de nouvelles (ni d'en demander, c'est naturel). Les connexions doivent toujours prendre la même unique direction. Quand les liaisons arrivent à l'heure, c'est logique. Quand elles sont en retard, c'est exaspérant. Quand elles s'interrompent, c'est un méchant coup du sort. Encore un, évidemment.