25 janv. 2023

Vivre : procrastination

 Prière au jardin des Oliviers (détail) / Marco Basaiti / Galeries de l'Accademia / Venise
 
 aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!
Janvier : le mois où il fait si bon rentrer, se lover, s'isoler. 
Tout - absolument tout! - envoyer balader.

 

24 janv. 2023

Vivre : moins vite que la musique

 

la lagune, c'était un fait, malgré les moteurs et les connexions, 
malgré les horaires et les écrans, avec ses défis et ses intempéries
avait une manière bien particulière de dérégler le temps.

23 janv. 2023

Voyager : voir Venise et mourir

 
 
Les trois hommes élégants nous ont rejoints sur le ponton. D'après leur accent, ils devaient arriver d'un pays du Moyen Orient. Ils nous ont demandé si le bateau se dirigeait vers "Saint Mark's square". On leur a dit oui et on était sur le point d'ajouter que le trajet était splendide, les palais, les reflets, le musée à ciel ouvert, quand  tout à coup le plus jeune s'est penché sur son smartphone : mais, c'était bien plus court à pied, s'était-il exclamé, on pouvait y être en 7 minutes (en effet, un chemin bondé, parsemé d'enseignes de luxe et de banales verroteries, rien à voir, tout à acheter)
Il est vrai que par le vaporetto on est obligé d'aller au rythme de l'eau, laisser monter les manutentionnaires de janvier et leurs diables surchargés et permettre aux grand-mamans de descendre prudemment. Cela risquait bien de prendre ... dix minutes supplémentaires.
Alors, ils ont fait demi-tour. Ils voulaient voir Venise et pour eux, la ville, c'était le pont du Rialto et "San Marco", retrouver les images que leurs écrans leur indiquaient. Ayant constaté et approuvé, ils pourraient cocher la case Venise dans leur programme de la journée. Un appareil flambant neuf, avec compatibilité 5G leur permettait de tout réaliser en mode performant. Objectif atteint. Le soir, une pizza ou des lasagnes les attendaient dans un troquet bien noté sur Slurpy. La veille, c'était Rome et le Colisée (avec spaghetti et selfies). Parfait : ils auraient vu l'Italie.

18 janv. 2023

Voyager : entre terre et mer

 

S'il y a foule ? S'il y a foule, a-t-il repris, on s'embarquera, on s'évadera sur les îles.

17 janv. 2023

Vivre : fantasques bourrasques

 
 
Balade à la plage, tempête opiniâtre, paysage qui tremble, branches qui aboient.
 

La longe prend son envol - flocons fourbes sur doigts gourds - les flots s'affolent.
 

Dans la voiture, nous hurlons de concert, le chien et moi. Une débattue. De froid. De joie.




16 janv. 2023

Vivre : révélations

 

Hiver : les arbres, leurs mondes
ouvertures sur tant de présences

15 janv. 2023

Ecrire : au jour le jour

 
Trinità, Madonna con bambino (dett.) / Luca Signorelli / Galleria Uffizi / Firenze
 
Bientôt ce blog fêtera ses sept ans (l'âge de raison, peut-être, dans tous les cas le reflet d'une tranche de vie). A l'origine, il était censé représenter le pendant illustré de mon journal, mon caro diario tenu régulièrement depuis l'âge de 15 ans. Ce devait être un micro-marathon d'écriture quotidienne, liée à un aspect de ma vie, illustrée par des photographies. Très vite, il s'est révélé un judicieux complément, le fait de publier exigeant de sélectionner les thèmes, d'épurer l'écriture, de filtrer aussi les états d'âmes et les épanchements, esquivant autant que possible le consensuel et la conformité, un appel à la sobriété et à une certaine créativité.
Avec du recul, je réalise toute son utilité : ce que je ne trouve pas dans mon journal intime, écrit avec plus de spontanéité, une certaine désinvolture, je viens le repérer ici (quand ai-je donc vécu telle expérience ?  comment ai-je passé ce cap ? à quel point telle expo m'a-t-elle marquée ?). Les mots sont là, et les images aussi. Un blog contient donc une trace de vie, se révélant une sorte de disque dur externe que notre mémoire interne ne saurait garder en présence constamment.
Quelqu'un m'a demandé : et les liens, la sociabilité ? les jeux, les challenges ? A vrai dire, un blog suivi, c'est comme un ami, une réponse à vos besoins. Il en va des blogs comme des amitiés, ça va ça vient, ça prête à surfer ou ça peut s'approfondir, selon les aléas et les nécessités. Je me peux me sentir très proche de personnes que je lis, écrivains, chercheurs ou blogueurs, vivants ou disparus, voisins ou éloignés, et ce lien n'a pas besoin d'être formalisé pour exister. Pas de racolage, et encore moins d'obligations ou d'incitations à la consommation, subliminales ou sponsorisées. Juste une manière de décrire, de se dire et de s'exprimer.