... c'est une journée à se lever de bonne heure, de très bonne heure, à l'appel d'un oiseau - lequel? - vigoureux, déterminé, une véritable assignation à se lever, relayé par une multitude d'autres volatiles, des étourneaux, des mésanges, des merles, des pics épeiche, une journée à bondir, à obtempérer.
C'est une journée à foncer dans ses bottes, droit devant, suivant le chien impatient, qui piste et qui trace, qui s'immobilise et lève sa truffe, qui repart en arrière, qui reprend en avant, qui suspend sa marche, patte levée, qui attend. Une journée à observer le jour qui pointe et se déploie en bleu, en or, en orange.
Une journée qui impose ses conditions : pas question de trop traîner. Il faut partir. Il faut déguerpir. S'en aller à la découverte. Plus loin, très loin, juste après avoir salué du regard le pêcheur dans sa barque, déjà tout affairé, et le Jura flamboyant, et les traînées abricots sur fond mauve persan des avions impatients. C'est une journée ambitieuse qui ne souffre aucune hésitation, aucune rumination, aucune désolation. Une journée à impulsions.
Alors, on s'élance, on court au-devant des Alpes, on se métisse des salades, on se détourne de la médiocrité, on démêle des écheveaux, on reconstruit des projets. C'est une journée qui scintille, qui dore, qui brille. La lumière y est vive. Les sons articulés. C'est une journée à satiété. C'est une journée qui impose à elle-seule l'essence de l'été.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire