Ce matin, j'ai enfin su à qui appartenait ce long, ce guttural aboiement qui lacérait certaines aubes et allait ensuite se perdre dans la forêt (quel était donc ce chien abandonné, qui hurlait avec tant de force ? de quel demeure s'était-il échappé ? où se dirigeait-il en ces lieux désertés ?). D'un saut, il a surgi. En trois bonds, il s'est enfui. C'était un chamois. Une fois disparu, protégé par des rangées de troncs, il n'arrêtait pas de contester notre droit à occuper ses terres, même si, stupéfaits, fascinés, son territoire, nous ne faisions qu'y passer sur la pointe des pattes et des pieds. L'énigme du chien fantôme (qui me tenaillait depuis un bout de temps) s'est alors dissipée dans le jour qui bleuissait.

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