7 nov. 2026

Voyager : à l'heure des chiens et des joggeurs

  


 

Parmi les nombreux avantages d'avoir un chien - au fait, y a-t-il le moindre désavantage ? - je savoure particulièrement les balades matinales dans des villes étrangères. Voir le soleil se lever sur des monuments souvent pris d'assaut. Croiser les bosseurs se rendant à leur travail - des vendeuses de boulangeries, des employées d'hôtel se hâtant vers des tables de petits-déjeuners, des livreurs parquant des camionnettes encore pleines à craquer. Longer des étals de marchés en train d'être installés - repérer les courges et les tomates qu'on repassera acheter ou alors longer des fleuves. Laisser plonger ses pensées dans un fleuve. Traverser des  parcs que la lumière vient incendier. Tailler une bavette avec des bistrotiers. Saluer d'autres promeneurs de clébards. Admirer des rues et des places désertes se découvrant sans apprêt. 
Il n'est plus tout à fait cinq heures et Paris s'est déjà éveillé, mais l'esprit y est. Du reste, c'est souvent la chanson que je me mets à fredonner tandis que les lieux se révèlent tels des comédiens qui auraient tombé le masque, révélant leur fragilité. Dans cet entre-deux constitué de facettes inédites j'aime les villes, je m'y projette, je me verrais y habiter. 
Quelques heures plus tard, je me vois déjà les quitter.  
 

 

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