7 mai 2018

Vivre : still life / 42





Utile, oui, en principe. Pratique, je dis pas le contraire. 
Ultra léger et compact, certes.
Mais... susceptible, insolent et fieffé coquin.
Il n’a pas sa pareille pour me lâcher juste la veille d’un départ 
ou même – sournoisement – durant le trajet aller.
"Monsieur" me laisse en rade. Il ne pipe plus mot.
Naturellement, à peine rentrés, il retrouve sa verve avec le plus grand naturel.
Oh! Coco! tu es censé m'éviter de trimbaler des kilos de papier !
Si tu continues à me faire faux bond, je te quitte définitivement pour... BOOK!!!



6 mai 2018

Vivre : se souvenir des jours anciens


Vierge à l'Annonciation (détail) / Taddeo di Bartolo / Musée du Petit-Palais / Avignon


Tant de choses finissent parfois, la loi des séries sans doute.
Voici le joli bazar d'Y. qui liquide tout son stock :
adieu, papier de soie rouge auquel j'aimais confier mes livres;
adieu, pinceaux, plumes, et superbes enveloppes;
adieu, épatantes trouvailles dénichées près du comptoir.
Je choisis mes derniers Prismalos avec des yeux aquarelle.

5 mai 2018

Regarder : il faut travailler beaucoup, une tonne de passion et cent grammes de patience*


Arbre et maisons / 1953

Ciel de Vaucluse / 1953

Paysage de Provence / Grignan / 1953-54

Paysage Agrigente / 1953-54


Je décolle souvent et voyage toujours pour voir si le lieu du leurre ne se confond pas avec celui de ma main. 
Il faut pourtant y arriver, que ce soit sans hésitation là et pas ailleurs que cela se passe. 
C'est si dur d'accepter l'abruti qui se trouve en soi et pourtant comment faire sans lui ? 12.11.1953 / Nicolas de Staël à René Char



Un titre de baron. 
Une allure de prince. 
L'acharnement d'un bosseur. 
Les tourments d'un éternel voyageur.
Une peinture affirmée, lumineuse.
Un mélange détonnant. Un passage éclair.


Nicolas de Staël en Provence / Caumont Centre d'Art / Aix-en-Provence / 27.04. 13.09.2018

* lettre à Jean Adrian, collectionneur et ami.

4 mai 2018

Ecouter : les grains de sel





Il n’y a pas de plus grand bonheur que de se rendre compte qu’on est là, qu’on respire, et qu’on peut observer l’immensité de la nature. Donc se sentir vivant, participer de la nature. Cela peut sembler un peu simpliste, mais pour moi c’est l’essence-même du bonheur.
[Heure bleue / 30.05.2017]

Trop joli, cette semaine, d’écouter jour après jour L’Heure bleue. Les cinq émissions sont dédiées à l’anthropologue Françoise Héritier. Sacré cadeau offert par Laure Adler : en plus des invitées qui se succèdent chaque jour (dont l'expressive Christiane Taubira), Dominique Blanc lit en préambule, et avec une délectation indubitable, lettre après lettre, le livre Le Sel de la vie : lettre à un ami. Petite sélection :

Coucher à la belle étoile.
Faire un long voyage sur piste sans crever un pneu.
Assumer ses détestations.
Descendre en voiture la rue de Belleville d’un trait.
Racler à la cuillère la mousse sucrée au fond de la tasse.
Imaginer le dessous des robes à crinoline.
Savoir que celui qu’on attend viendra.
Sentir la terre tourner sous son corps en regardant les nuages.
Se souvenir toute honte bue de ses gaffes passées.
Avoir été très forte au lancer de poids et nulle ailleurs en sport.

Le hasard m’a fait ranger ce matin un tiroir où j’ai déniché une dizaine de petits calepins. Dont celui acheté à la Fondazione Querini Stampalia, il y a un bout de temps déjà et dont j'avais fait mon "carnet des plaisirs"Mes grains de sel à moi. Je me suis proposé de continuer à remplir ces pages délaissées après un déménagement. Car enfin, cesser de faire des choses précieuses, n’est-ce pas une manière de se perdre en chemin ? 


L'Heure Bleue / France Inter / 30 avril-4 mai 2018


3 mai 2018

Vivre : Bic-à-brac


Cimetière de Lourmarin



Un choix de sobriété, une simple dalle. 
Quelques brins de verdure, quelques lys au printemps.
C'était compter sans les fleurs en plastique de certains.
Ni les nombreux stylo-billes que d'autres ont vissés tout autour.
D'où vient, mais d'où vient ce besoin de profaner des lieux
au nom d'une admiration béate ?

2 mai 2018

Regarder : tendresses intemporelles


Sabine / Apollon Lauré / Musée romain / Vaison

Persée / Louis Martin // Daphnis et Chloe / Marius-Joseph Ramus / Musée Granet / Aix-en-Provence


Présences. Echanges. 
Êtres de marbre ou de plâtre,
qui fascinent et émeuvent
par-delà le temps, par-delà les âges.

1 mai 2018

Habiter : home!




Grimper deux par deux les marches de cette maison-tour.
Basculer dans un océan de verdure.
Éprouver à chaque fois la même ivresse :
rentrer de vacances comme on arrive en vacances.