7 sept. 2024

Vivre : chercher et chercher encore

 
Viser juste / Hans Silvester / Museon Arlaten / Rencontres Arles 2024
 
 
Dès que tu parviens à définir ton problème en une seule phrase, tu es pratiquement arrivée à sa solution. 
 

6 sept. 2024

Vivre : une vie de chien

 
 

 
C'est sans doute parce que je le délaisse le plus souvent possible qu'il est si attaché à moi. 

5 sept. 2024

Regarder : kiffer l'enfance

 
Skeme courant sur le toit d'un métro / 1982 / AU NOM DU NOM / Arles 2024
 
 
 Dondi 1982 graffe un wagon entier dans la gare de triage de New Lots / 1980 / AU NOM DU NOM / Arles 2024
 
 
Dez (alias dj Kay Slay) graffe un train dans le 3 Yard de Harlem / 1982 / AU NOM DU NOM / Arles 2024

De 1977 à 1980, Martha Cooper était photographe pour le New York Post. Entre ses missions, elle photographie des enfants jouant entre les décombres des quartiers défavorisés. Cette nécessité de détourner l'espace public, de mettre son corps et son imaginaire en mouvement contre les assignations l'a menée à documenter plus tard les pionniers et les pionnières du hip-hop.  Elle dit : "Les quartiers les plus pauvres de la ville avaient la vie la plus riche et mon endroit préféré était Alphabet City, au nord de Houston Street entre les avenues A et D. Dans les années 70 la région était en plein renouvellement urbain, un processus qui se poursuivait encore vingt-cinq ans plus tard.[...] Aux yeux d'un adulte le paysage était laid et menaçant, mais pour un enfant les bâtiments abandonnés et les terrains jonchés de débris constituaient un terrain de jeux parfait, offrant des matériaux bruts et de l'espace ouvert pour jouer de manière improvisée." (présentation Museum of the City of NY)
 Portrait d'Edwin / 1978 / AU NOM DU NOM / Arles 2024

Les photographies de Martha Cooper ramènent à la pure vitalité, celle de l'enfance et de l'adolescence, ce monde sans complexes et sans limites où l'inventivité peut s'exprimer en dehors de toute comparaison. Ces îlots d'avant les sélections et les dévalorisations, d'avant la confrontation avec les questions de classes et de différences sociales.
 
 
AU NOM DU NOM / Arles 2024
 
Un enfant pauvre qui joue dans un quartier pauvre où il est né n'a pas conscience de ce que la société définit comme sa pauvreté. Il ne s'en trouve pas dénigré. Pourquoi le serait-il ? Ce sont les regards extérieurs qui plus tard viendront lui dire qu'il est défavorisé, lui colleront l'étiquette de démuni pour le stigmatiser. Lui, il s'invente des mondes, des univers, des espaces. Lui joue, rit, pleure, pourvu qu'il ait la chance de trouver suffisamment de place et d'amour pour pouvoir grandir en liberté.

Boy on Stilts, Lower East Side / 1978 /AU NOM DU NOM / Arles 2024

Ces images m'ont rappelé l'appel des cabanes de mon enfance sans cesse détruites et toujours recommencées. Le bonheur des jeux inventés et des genoux écorchés. La pauvreté, la véritable pauvreté, c'est le manque de reconnaissance, le manque de mots, de perspectives et de créativité. 
 
  Enfants / Lower East Side / 1978 / AU NOM DU NOM / Arles 2024

"Si ça ce trouve, ils sont plus riches que nous" a lancé l'autre jour un maraîcher après avoir tendu quelques pièces à un couple de vagabonds accompagnés de leur chien. Qui sait, en effet, de quoi le manque des autres est fait ? Et qui saura la misère de ceux qui vont chercher leur bonheur dans les allées des centres commerciaux et autres hypermarchés ?

4 sept. 2024

Vivre : pas de quoi insister

 
Arsenale / Venezia


 Lâcher-prise : lâcher ce sur quoi on n'a pas prise.
Pas plus compliqué que ça. Juste:
renoncer à vouloir contrôler ce qui ne dépend pas de soi. 


3 sept. 2024

Vivre / Regarder : accords

 

tandis que je visionnais des images nippones toutes en douceur et clairvoyance



les nuages au diapason assumaient une mine de circonstance

2 sept. 2024

Regarder : la fragilité des échanges

nishimura tamiko / Eternal Chase – Around Shibetsu, Hokkaido / 1970-72 / quelle joie de vous voir / arles 2024
 
Je voulais capturer ce qui se situe à la lisière entre ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas.
 Je voulais donner forme à ce qui jaillit en marge de la prise de vue. Récemment, j'ai eu la
vague impression d'essayer de capturer quelque chose d'invisible. 
Nishimura Tamiko
 
kawauchi rinko / utatane / 2001 / quelle joie de vous voir / arles 2024
 
Entre les choses matérielles et les choses impalpables, nous naviguons. Nous ne cessons de naviguer, d'aller et venir entre des réalités tangibles, définissables, exprimables et nos émotions, nos perceptions, nos intuitions.
 
kawauchi rinko / ametsuchi / 2012 / quelle joie de vous voir / arles 2024
 
(Toujours ces tensions entre les mots, les codes et les objets, tout ce qui s'impose comme vrai - que nous pouvons attester - et la vie des sens, les mouvements des nuages, les éléments éphémères, les ombres qui dansent)
 
kawauchi rinko / the eyes the ears / 2004 / quelle joie de vous voir / arles 2024
 
Nous nous efforçons sans cesse d'aller et de venir entre ce qui existe et qu'on ne voit pas et ce qu'on voit et qui n'existe pas. Peu de ponts viennent nous rappeler ces allers-retours constants qui sont les nôtres, dans lesquels les autres ne pénètrent que rarement. Peu de ponts, si ce n'est quelques notes - de musique ou de photographe - pour venir nous parler d'un monde commun. 
 
 
 

1 sept. 2024

Vivre : la bonne définition

 
Palais des Papes / Avignon / été 2024
 
Ne règle pas ta focale sur les morsures qu'on t'a infligées
mais sur tes inlassables capacités à cicatriser