7 janv. 2025

Vivre : les petits pas

 
La cueillette des pois / Camille Pisarro / Musée Langmatt / Baden
 
Ces derniers jours, il tourmente à l'extérieur et ça travaille à l'intérieur. Après avoir écrit une carte d'adieu à l'année 2024, me voici dans le petit bureau rouge, face à un grand cahier, en train de découper, coller, inventer, dessiner la vision de la nouvelle année
 
Comment dire ? Je ne crois pas beaucoup aux prétendues bonnes résolutions. Je ne crois pas davantage aux virages brusques, et encore moins aux formidables améliorations. Je croirais plutôt aux avancées confiantes, aux recherches éclairantes, aux paroles qui surgissent, aux traits qui s'esquissent et finissent par fournir des réponses pertinentes. Ne pas forcément attendre beaucoup, mais être ouverte à l'inattendu. Je crois aussi au pouvoir des moments entre deux (le passage d'une année à une autre, les journées amorçant la rentrée de septembre), toutes ces transitions où l'on n'est pas encore sous l'emprise des routines ou des obligations. L'instant de vide entre deux respirations. 

Dans tout ce processus qui prendra plusieurs heures, étalées sur quelques jours, l'exercice des "petits pas" est mon préféré : définir divers objectifs, raisonnables ou pas (laisser la vie en juger), quelques empreintes de pieds dessinées d'un bout à l'autre de la page en guise d'étapes visualisées. En quelques mots, quelques symboles, quelques couleurs, définir les résultats visés, les moyens pour s'en approcher.

Souvent, une phrase peut sauver. Une idée illuminer. Une image faire évoluer. Sans tout bazarder. Sans juger, ni gommer. Juste : évoluer. Vers plus de compréhension, plus de simplification, plus d'assurance. Vers des réalisations qui font sens.
 
En revanche, question accomplissement, la section d'une année se révèle arbitraire. En plongeant dans mes vieux cahiers, je remarque que j'ai atteint l'année dernière des objectifs posés il y a trois ou quatre ans. Le truc - si truc il devait y avoir - c'est de se donner le temps, éparpiller ses espérances et laisser les choses peu à peu se faire, observer ce qui vient avec curiosité comme on regarderait une plante germer.

6 janv. 2025

Vivre : jamais une autre route

 

 
cette voie si évidente - la plus évidente -
pourtant si dure à suivre avec constance :
 rester fidèle à soi-même
 

5 janv. 2025

Vivre : le silence est d'or

 
Tête de femme / Léopold Robert / MAN / Neuchâtel
 
"Je me tue à te le dire!". Sur le parking, portière ouverte, la femme s'époumonait.
Quel dommage! Devant ce suicide annoncé, on avait envie de lui proposer de...
simplement la fermer.
 
 
 

4 janv. 2025

Vivre : une certaine idée du bonheur

 
Narcisse regardant son reflet / Paul Dubois / Glyptotek / Copenhague
 
On a toujours le choix.
Le malheur est toujours optionnel. 
Il y a ceux que ça dérange.
Cette liberté ne les arrange pas.
Mais... même si ça les contrarie :
on a toujours le choix.

3 janv. 2025

Vivre : le voeu de la vendeuse blanche

 
 Portrait de la soeur de l'artiste / W. Hammershoï / SMK / Copenhague
 
Elle paraît de prime abord un peu étrange. Elle est très pâle et peu souriante. Vraiment pas engageante. On s'adresse à elle et c'est comme si ce qu'on lui dit mettait un temps infini à lui parvenir. On a l'impression qu'on la dérange. Ses mots sont des monosyllabes qui se font attendre. Ce n'est que vers la fin, quand elle plie avec soin notre chemise, qu'elle se tourne vers notre chien et dit que le sien lui ressemble... sauf que son chien a un flanc blessé. Il a été gravement brûlé. Une conversation s'engage. Elle a le regard vague, tâtonnant mais elle répond à nos questions. Son chien se trouve... au Mozambique. Un pays où elle est née et qu'elle a quitté enfant. Elle ne peut plus y retourner. Sa dernière visite date d'il y a huit ans.
Depuis... il y a eu la guerre - à vrai dire : des guerres interminables - les troupes Wagner, des désordres politiques et des ouragans. Dernièrement : le cyclone Chido et ses vents violents. Elle parle de leur grande maison au bord de la plage comme si elle l'avait quittée hier. Elle dit nous, mais quand elle mentionne son père, c'est toujours à l'imparfait. Elle reparle du chaos là-bas, les paysans, le puits d'eau potable détruit par l'ouragan, la misère, la guerre civile, les djihadistes, les intérêts énergétiques. Et à nouveau, son père, conjugué au passé, un Suédois parti en Afrique pour aider les gens à irriguer. 
On comprend alors sa peau blanche, ses yeux hagards, perdus entre deux univers, et son comportement devient soudain tellement évident, reflet de ce monde laissé là-bas et pourtant si présent. Comment vivre entre ici et là-bas, sans tangages ? Avant de s'en aller, on lui demande ce qu'on peut lui souhaiter pour cette année qui commence : la paix. Elle répète la paix. On la rejoint dans ce souhait (mon dieu, qu'est-ce qu'on donnerait pour que le monde s'arrange, au moins un peu, au moins pour l'eau, la nourriture et un toit). On gagne la sortie et on ne voudrait pas la laisser là. On se retourne, mais son regard est déjà reparti ailleurs. Dans un lointain univers que les gens d'ici ne comprennent pas.

2 janv. 2025

Vivre : dure, dure vie de chien

 

 
Ok. Il a erré sur des routes durant ses jeunes années (disons : ses premiers mois). Ok. Il s'est retrouvé livré à lui-même et affamé. Il a dû lutter et lutter pour trouver à s'alimenter. Mais... là, il y a prescription. Depuis cinq ans, il en est à trois repas par jour. Plus goûters et friandises (officiellement, pour sa sévère véto, les yeux dans les yeux, il ne se met à l'écuelle que matin et soir). Il ne pense qu'à bâfrer. Il ne fait que renifler. Il harcèle sa dog-sitter pour obtenir du rab à longueur de journée. En ville, il va quémander des parts de sandwiches aux gens en train de déjeuner. Il me fout la honte en allant voler les boulettes des chats voisins. Il peut déceler une lichette de jambon à 200 mètres et tenir mordicus à se l'approprier.
Hier, quand il s'est mis à grimper dans un arbre pour attraper un reste de viande lancé au renard et resté agrippé à une branche, il m'a vraiment scotchée. J'ai cru qu'un ptérodactyle s'était échappé de Jurassica. Il est comme ça. Il a un trou à la place de l'estomac. Il creuse des kilomètres dans les terriers et un découvert dans mon budget. A part ça, il est adorable avec ses grands yeux innocents, implorants... surtout devant les propriétaires qui gardent quelques croquettes dans la poche de leurs blousons.

1 janv. 2025

Vivre : quelques pas au soleil

 

première image de l'année:
le ciel, doux comme un bébé,
les nuages rosis par le froid 
rien n'a changé tout est là
puiser dans la nature de quoi
surmonter les barrières
rendre le monde meilleur
un simple vœu reçu et partagé
pas mal à faire