On avait repéré le pullover dans une vitrine près du campo Santi Giovanni e Paolo. Personne à l'intérieur, mais un petit message affiché invitait à sonner. Ce qu'on a fait, plusieurs fois, sans que personne ne réponde. Un passant nous a glissé en vénitien qu'il fallait contourner le palazzo, traverser le petit pont et se rendre dans l'autre magasin, destiné aux hommes, lequel serait certainement ouvert en fin d'après-midi.
La vendeuse était là, qui n'avait rien entendu et nous a proposé de nous guider vers la première boutique en empruntant le raccourci à travers le rez du palais. Nous avons traversé le portego, le grand corridor central reliant la porte de terre à la porte d'eau, par laquelle s'effectuaient les livraisons depuis le canal. Il était terriblement humide et terriblement élégant, ouvert sur une cour où il devait faire bon l'été, à l'abri des fortes chaleurs. Tandis que j'essayais quelques modèles, elle nous a expliqué que la propriétaire louait à la semaine l'appartement de 500 mètres carrés situé au piano nobile. Un peu grand pour nous, quand même ...
Chaque fois que j'enfile ce pullover la chaleur de sa laine vient me rappeler notre souffle embué dans l'ombre profonde et le bruit de nos pas traversant le portego désert.
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