Le pêcheurs de Capri / Edmond de Pury / MAHN / Neuchâtel
Ah! Luxe incomparable des journées sans programme - aucun programme - en totale liberté. Ce qui est fascinant, en
les vivant, c'est de constater leur entière autonomie : elles n'ont besoin d'aucune impulsion extérieure pour se dérouler. Les balades se font, les micro conversations
dues à des micro rencontres surviennent, qui conduiront parfois à méditer. Les courses en magasin s'effectuent, qui porteront à choisir un fruit encore jamais goûté, une recette pour le déjeuner à laquelle on ne s'était encore jamais essayée. Le chien que les multiples orages ont terrorisé ne nous lâche pas
d'un coussinet tant il est apeuré et demande à être consolé. L'émission qu'on écoute - intensément, passionnément - nous conduit, par la succession des diffusions, à redécouvrir un artiste négligé depuis
quelques années, et ainsi de suite.
Ces journées sans programme se révèlent d'une totale banalité, et c'est précisément leur banalité qui en fait tout le charme. Personne pour nous dire quoi faire, quoi penser, quoi posséder. Personne pour nous tendre le miroir du "pas assez" et personne à qui les raconter. Juste une envie de bonheur tranquille à satiété. Suffisamment de temps, suffisamment d'argent, suffisamment de lucidité pour savoir gré et, dans la gratitude, ressentir avec la nature un grand bonheur partagé. Ah! Ce goût d'enfance retrouvée...

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