12 sept. 2026

Vivre : argh!

 
Détail fresque / Ospedale di Santa Maria della Scala / Sienne
 
moi, ce que j'en dis...
j'dis ça, j'dis rien...
j'vous aurais avertie... 
après... chacun fait comme il veut...
faudra pas venir vous plaindre... 
 
 

11 sept. 2026

Voyager : welcome / 6

 
 
 
Elle habitait impasse des Moutons numéro 33. Son code d'entrée était le 3333. Son code Wifi : 12345678
et son mot de passe "maisoùsontlesmoutons". C'était une fille très ouverte et vraiment pas compliquée.
 

5 sept. 2026

Voyager / Regarder : des étincelles dans l'été qui s'écoule

 

Face à tous les rétrécissements et à tous les grésillements que nous impose le quotidien, les départs sont indispensables. A quelques heures de route, il est possible de partir très loin. Là-bas nous attendent nombre de rencontres, des histoires invraisemblables. Nous allons arpenter les pavés et ouvrir les yeux, les laver, être prêts à être étonnés, séduits, éclairés par toutes les facettes de l'humanité. Avant d'y être, pas question de subir des avis imposés ou des parcours balisés. Le contact direct sera notre priorité.
 

Vivre : déménagements

 
Santa Chiara / Girolamo Mazzola Bedoli / Museo Capodimonte / Napoli
 
La femme est partie avec armes et bagages. En s'en allant, elle emportait tout ce qui la constituait. 
Là où elle arriverait, elle déballerait sa vie, ses biens matériels et toutes ses affaires non élucidées. 

Vivre : faire ce qu'on peut avec ce qu'on a

  
rien à voir : une plage des Pouilles
 
Aujourd'hui : temps maussade, gros mouvements de nuages et migraine latente,
toutes les conditions requises pour une journée pas vraiment fabuleuse. J'ai plongé
sous une pluie fine tandis que les baigneurs se raréfiaient. Un surveillant est passé.
Il m'a lancé : Vous avez une très jolie façon de nager. Ouf! ma journée était sauvée.
 

4 sept. 2026

Vivre : à bout de souffle

 
Du côté de Pienza
 
 
Le calme : ce point qui nous attend parfois tout au bout d'une expiration 
 
 

3 sept. 2026

Voyager : j'ai rêvé d'une île

 
Rien à voir : détail  reflets sur le sol de la cathédrale de Majorque
 
L'île toscane est protégée. On n'y accède pas directement depuis la terre ferme, mais à partir d'une autre île plus fréquentée. Les billets de ferry sont limités, ainsi que les visites guidées et une seule plage est autorisée au public. Un unique hôtel, un restaurant. Résultat : un écosystème préservé,  du calme à nuit tombée. Une véritable île, ouverte sur le large, sans shopping, ni vie nocturne endiablée, mais avec goélands et fonds marins verts turquoise. Le séjour ici ne revient pas plus cher, puisqu'on y consomme peu et qu'on n'y parade pas, mais il demande en revanche de prendre son temps et de tendre l'oreille à l'esprit des lieux. Bon sang : pourquoi le système du numerus clausus fonctionne-t-il dans certains endroits ? et pourquoi est-il si aisé de laisser le système s'emballer ailleurs, empêchant toute possibilité de faire marche arrière? 
Peut-être faut-il en chercher les raisons dans le passé : l'île a longtemps servi de pénitencier. Son histoire est racontée ICI. Elle accueille encore une structure restreinte d'une vingtaine de détenus. Dans le cadre d'une  réinsertion par le travail, ils participent à l'entretien des sites et au fonctionnement des structures d'accueil. Le photographe Roberto Ridi, originaire d'une île proche, a vécu parmi eux et en a tiré un livre : Border Light.
Les paradis n'existent pas, certes, mais il y a moyen de voyager autrement en approchant les lieux dans leur authenticité, à l'écart des sentiers ravagés, et surtout en laissant les clichés carte postale aux... cartes postales.
 

2 sept. 2026

Vivre : de lieu en lieu gaiment se transporter

 
Sculptures romaines /Musée d'Archéologie / Split
 
avec l'âge, avec prudence, les virages... 
et toujours 
avec l'enfance en compagnonnage...  
 
Toute fleur fane et l’âge abat toute jeunesse :
La vie, à chaque étape, également fleurit,
Toute vertu fleurit, toute sagesse aussi,
À leur heure ‒ et ne faut qu’elles n’aient point de cesse.
Le cœur doit être prêt, dès que la vie l’appelle,
À faire ses adieux, à tout recommencer,
Afin qu’avec bravoure et sans rien regretter,
Il se donne à quelque autre accointance nouvelle :
Il est un sortilège en tout commencement,
Et qui nous aide à vivre en nous prémunissant.

Il faut de lieu en lieu gaiment nous transporter,
Ne dépendre d’aucun comme d’une patrie,
L’univers ne veut pas être geôle étrécie,
Mais nous grandir à chaque étape, et exalter.
Dès que nous nous sentons dans notre intimité
Et chez nous quelque part, l’atonie s’envisage ;
Seul celui qui est prêt au départ, au voyage,
Échappe à l’habitude et n’en est hébété.

Peut-être serons-nous, à l’heure de la mort,
Vers quelques nouveaux lieux envoyés, galopins !
La vie et son appel n’auront jamais de fin.
Allons, mon cœur, allons, prends congé, du ressort ! 
Stufen / Hermann Hesse / 1941 
 

***

Wie jede Blüte welkt und jede Jugend
Dem Alter weicht, blüht jede Lebensstufe,
Blüht jede Weisheit auch und jede Tugend
Zu ihrer Zeit und darf nicht ewig dauern.
Es muß das Herz bei jedem Lebensrufe
Bereit zum Abschied sein und Neubeginne,
Um sich in Tapferkeit und ohne Trauern
In andre, neue Bindungen zu geben.
Und jedem Anfang wohnt ein Zauber inne,
Der uns beschützt und der uns hilft, zu leben.

Wir sollen heiter Raum um Raum durchschreiten,
An keinem wie an einer Heimat hängen,
Der Weltgeist will nicht fesseln uns und engen,
Er will uns Stuf´ um Stufe heben, weiten.
Kaum sind wir heimisch einem Lebenskreise
Und traulich eingewohnt, so droht Erschlaffen;
Nur wer bereit zu Aufbruch ist und Reise,
Mag lähmender Gewöhnung sich entraffen.

Es wird vielleicht auch noch die Todesstunde
Uns neuen Räumen jung entgegen senden,
Des Lebens Ruf an uns wird niemals enden,
Wohlan denn, Herz, nimm Abschied und gesunde!

 
© Suhrkamp Verlag, Frankfurt am Main, 1953, 1961
Aus: Die Gedichte. Frankfurt am Main: Suhrkamp Verlag, 2001 
 
 

1 sept. 2026

Vivre : se jeter à l'eau

 
La vague / Gisbert Combaz / coll. Langenstein / Porrentruy
 
La plupart du temps je ne donne pas mon avis à moins qu'on me le demande expressément (pas de conseils gratuits, puisque ce qui est gratuit ne vaut rien, c'est bien connu). Mais là, quand, ayant pris des nouvelles, je me suis retrouvée face à un visage grimaçant et des yeux remplis de larmes, j'ai pensé : stop. Il y a un moment pour pleurer, un moment pour que le chagrin entende raison et un moment pour prendre des décisions.
J'ai pris soin d'enrober mon discours de quelques précautions, évoqué sa petite-fille qui avait besoin d'elle à ses côtés, parlé des avantages de recommencer une nouvelle vie ailleurs, fourni quelques pistes, donné une ou deux adresses. Ce qu'elle ferait de mon opinion, je m'en fichais. De toutes façons, j'avais l'intention de lui parler franchement avant la fin de la saison. 
A vrai dire je m'attendais à me faire jeter. Ce ne fut pas le cas ... elle n'a pas opposé toutes sortes d'objections pour consolider son statu quo sentimental, elle a eu l'air d'évaluer les ouvertures que j'avançais. Il y a un temps pour tout et là, la phase des pleurs n'avait que trop duré. Avec toutes ses larmes le niveau de la piscine risquait de déborder. Pleurer équivalait à le laisser gagner. L'heure était venue pour elle de monter au filet. A-t-elle entendu, je n'en sais rien. Dans tous les cas, elle a écouté.
 
 

31 août 2026

Vivre : Still life / 203

 

 
Ce matin, le chien souffrant m'a tirée du lit à potron-minet. Je me suis habillée vite fait pour me rendre compte, une fois dans la forêt, que j'avais enfilé mon chemisier à l'envers. En fait, il a été si bien cousu à l'anglaise que le travail ne se voyait pas. Toutes les coutures étaient enfermées dans un repli très propre. Je suis partie ensuite à la piscine dans cette version en remerciant mentalement l'ouvrière qui avait accompli - mais où donc ? - un si beau travail.
Devant les grilles qui s'ouvraient, j'ai eu une petite pensée pour mon habillement estival : les neuf dixièmes du temps c'est peu dire que je m'habille de manière décontractée. Tout est usé et ne doit répondre qu'à un critère : la praticité. Vieilles sandales en cuir, larges pantalons en jeans ou en viscose, hauts s'enfilant aisément sur une peau mouillée. Même si l'ensemble peut refléter une certaine élégance, tout doit être en mesure d'être perdu ou volé sans générer de tracas. J'ai regardé mes co-nageurs qui arrivaient.
Tout le monde avait adopté le même dress code : le seul but étant d'ôter ses vêtements et de les remettre en un temps éclair, ils semblaient tous être sortis d'un vestiaire Emmaüs. Les plus désinvoltes, habitants du quartier, arrivaient même en maillot, sans linge, pieds nus comptant sur quelques rayons de soleil pour se sécher. Les plus prudents avaient emporté un couvre-chef ou un porte-clef contenant de quoi se payer un café. La plupart affichaient des teintes passées, des cuirs tannés, des paréos effilochés. 
J'adore cet endroit où les différences de classe s'effacent. Les marqueurs bien sûr existent, mais ils se révèlent ailleurs : à un maintien, une allure, un port de tête. Les corps parlent et même si les silhouettes des nageurs sont toutes musclées, il y en a qui savent raconter certaines épreuves, certains gestes, certaines tâches accomplies au fil des années. On n'est pas mince de la même manière quand on a passé sa vie à donner des ordres ou à les exécuter. 
Sur ces considérations, je me suis hâtée vers les bassins. J'ai ôté prestement mon haut devenu réversible et j'ai plongé avec délice. 
 

30 août 2026

Vivre : évasions

 
Le pêcheurs de Capri / Edmond de Pury / MAHN / Neuchâtel
 

Ah! Luxe incomparable des journées sans programme - aucun programme - en totale liberté. Ce qui est fascinant, en les vivant, c'est de constater leur entière autonomie : elles n'ont besoin d'aucune impulsion extérieure pour se dérouler. Les balades se font, les micro conversations dues à des micro rencontres surviennent, qui conduiront parfois à méditer. Les courses en magasin s'effectuent, qui porteront à choisir un fruit encore jamais goûté, une recette pour le déjeuner à laquelle on ne s'était encore jamais essayée. Le chien que les multiples orages ont terrorisé ne nous  lâche pas d'un coussinet tant il est apeuré et demande à être consolé. L'émission qu'on écoute - intensément, passionnément - nous conduit, par la succession des diffusions, à redécouvrir un artiste négligé depuis quelques années, et ainsi de suite. 
Ces journées sans programme se révèlent  d'une totale banalité, et c'est précisément leur banalité qui en fait tout le charme. Personne pour nous dire quoi faire, quoi penser, quoi posséder. Personne pour nous tendre le miroir du "pas assez" et personne à qui les raconter. Juste une envie de bonheur tranquille à satiété. Suffisamment de temps, suffisamment d'argent, suffisamment de lucidité pour savoir gré et, dans la gratitude, ressentir avec la nature un bonheur partagé.  Ah! Ce goût d'enfance retrouvée...
 

29 août 2026

Vivre : ô temps pour moi

 
Soir antique / 1908 / Alphonse Osbert / MCBA / Lausanne
 
 
les temps morts : en réalité des temps tout ce qu'il y a de plus vivants, puisque 
c'est dans les temps dits morts que les idées émergent, que les projets se font jour. 
 

28 août 2026

Vivre : à contre-courant

 

 
Fin août : tandis que certains reprennent le collier, moi je ne songe qu'à m'en défaire. 
L'automne est un appel à dénouer, un fermoir à ouvrir, un horizon à conquérir.
 

27 août 2026

Vivre : perds ce que tu as retrouvé

 

 
Transition à la fois chagrine et suave que celle menant à l'automne, secouée de sanglots et apportant son lot de douceurs. Étrange passage que celui d'une fin d'été, tunnel secoué de deuils : comment accepter de perdre tant de moments aimés ? comment ne pas se reprocher de n'avoir pas su assez en profiter? Feuille parmi les  feuilles on se laisse porter le long de la rivière. On regarde avec tendresse les moineaux, les libellules, les berges peu à peu désertées et qu'on devra bientôt abandonner, l'eau soudain devenue fraîche qui nous avait tant bercés et soudain on ressent ces inexplicables larmes en travers du gosier. 
L'automne est depuis longtemps notre saison préférée. On aime ses promesses, ses découvertes, ses apaisements,  ses énergies récupérées. On apprécie ses matins frissonnants, ses époustouflantes soirées et toutes ses générosités. On s'émeut au souvenir de tous les automnes passés. 
Alors on s'engouffre dans le tunnel, on entre dans la ronde, on pleure et on sourit, on perd et on retrouve. On sait qu'au bout de la traversée il y aura toujours quelque chose à glaner. 
  

26 août 2026

Vivre : people pleasing

 
Portrait de femme en robe rouge / Bernardino Zaganelli di Corignola / Coll. Princes du Liechtenstein
 
 
Combien nous coûte le besoin irrépressible d'être approuvé ? 
 

25 août 2026

Vivre : d'actions en actions

 
Le Massacre des Innocents (détail) / Matteo di Giovanni / S.Maria della Scala / Sienne
 
Profitez. Économisez. Bénéficiez. Comparez. Saisissez l'occasion. Trouvez les meilleures promotions. Dépêchez-vous : les heures, les minutes, les secondes sont comptés. Bref : si vous voulez gagner, hâtez-vous de dépenser. 
Pourquoi raboter sur l'essentiel pour se doter de tant d'accessoire(s) ? Devons-nous vraiment vivre aux dépens des producteurs, des agriculteurs, des travailleurs ? Voulons-nous vraiment le moindre et non le juste prix ? Cette vie au(x) rabais, l'avons-nous vraiment choisie ? 

24 août 2026

Voyager : nos rêves en capsule

 

 
La nuit avant notre départ je m'étais endormie en murmurant "j'ai besoin de beauté", un cri du cœur prononcé dans les bras de Morphée. La beauté, si consolante, peine certains jours à se montrer. Il faut parfois des efforts pour la dénicher. On se sait dans l'absolue nécessité de la conquérir et on est prêts à s'élancer. En quittant la maison, on sait déjà que les vacances seront douces, on le pressent, on a le cœur grand ouvert et tous nos capteurs allumés. 
Quelques heures plus tard, levant les yeux, apercevant au loin le sanctuaire dominant la plaine, j'ai senti mes épaules se relâcher. Pas de doute, j'étais arrivée. La suite n'a fait que confirmer ce simple fait : là-bas tout était calme, sourire et volupté. Je n'étais pas partie très loin, et pas dans un coin renommé, mais j'étais là où il fallait. Et une foule de belles images, quelques couplets - quelques sanglots - sont remontés. 
La première nuit, après une longue balade dans la ville, dans la protection du palazzo stylé, enveloppée de silence et d'élégance, je me suis endormie en murmurant : "j'ai besoin de rester". J'avais trouvé ma bulle magique : pourquoi la quitter ? La lune par-dessus les toits, à demi-cachée, approuvait.

 

 
Qu'est-ce que le luxe ? Quelque chose de tellement personnel et qui s'étend sur un si large spectre... Pour certains, cela peut être de trouver avant le soir un lit où se coucher. Ou alors obtenir un papier pour être enfin légitimé. Pour d'autres cela peut être une Porsche ou des diamants ou une maison sur une île grecque. Une femme confiait l'autre jour que pour elle ce serait s'offrir un air-fryer (tous les goûts sont dans la nature). Toutes ces choses, je n'en ai jamais ressenti l'envie ni l'impérieuse nécessité.

 

En revanche, trouver refuge dans une petite ville baroque, un peu oubliée, délicieusement décalée, sans trop de discours, ni trop de bagages, sans autre équipage qu'une affectueuse complicité fut le luxe indéniable de ces dernières journées.  
 

23 août 2026

Voyager : melting pot

 
 


Façade église San Pietro / Cherasco
 
De bric et de broc être faite, 
assemblage, lieu de brassages,
allant chiner dans les voyages 
les pièces éparpillées d'une identité. 
 
 

22 août 2026

Vivre : le temps du mouvement

 



 
La compétence suprême, à l'avenir, serait donc de savoir s'adapter, pouvoir passer d'un état à un autre, suer, puis greloter, fondre, puis geler, être doués pour les transitions, la souplesse, l'adaptation, ne pas hésiter à entrer, petits rongeurs diligents, dans la turbine du changement...
 

20 août 2026

Vivre : faire comme les autres, aller où ils vont, en être, suivre le courant

 
Photo tirée du net
 
Aujourd'hui ai trouvé sur le portail du Guardian, cet article parlant des Dolomites, reprenant un reportage de la Rai paru le 16 août 2026. En résumé, il relate le processus par lequel une vidéo devenue virale sur Tik Tok a fait d'un paisible refuge de montagne un lieu de surtourisme en l'espace de quelques jours.
Le refuge Friedrich August, dans le Val di Fassa, magnifique vallée du Trentin, se trouve devant un paysage exceptionnel. Il fait face au Sassolungo (le long caillou, en italien ) et pour les amateurs de montagne ce site est un enchantement. Seulement voilà... La file de visiteurs qui a envahi le lieu ces derniers jours n'est nullement attirée par les sommets, les vaches superbes, les pâturages, non, les gens se pressent, certains depuis l'aube, pour pouvoir... dévorer un krapfen. Les Krapfen, également appelés bomboloni en Italie, sont des viennoiseries très courantes, des beignets fourrés à la crème pâtissière qu'on trouve dans n'importe quel bar au moment du petit-déjeuner ou du goûter. Ils coûtent environ  un euro cinquante et, quand ils sont bien préparés, ils sont un véritable délice.
Eh bien, l'influenceur sur Tik tok vantait les mérites des krapfen vendus dans le fameux refuge pour la modique somme de quatre euros. Des Krapfen ex-cep-tion-nels !!! Du coup, des cohortes de touristes se sont rués et ont fini par provoquer la colère des gens du coin. Ceux-ci se retrouvent envahis non pas par des amateurs de montagne, connaissant celle-ci et disposés à marcher pour atteindre leur but de randonnée, mais par des foules arrivées par leur propres moyens, souvent motorisés. 
Sur le reportage de la Rai, on voit des gens tout sourire (pas forcément des ados en quête d'émotions fortes, non, des quinquagénaires bien sous tous rapports) dire innocemment : "On a trouvé ce message sur les social et on s'est dit qu'il fallait absolument aller voir comment c'est, puisque tant de gens ont décidé d'y aller." 
Évidemment, les associations locales s'insurgent contre le phénomène. Toutefois une question se pose : d'où vient cette disponibilité à préparer tant de krapfen de la part des hôteliers ? Quel besoin de jouer à ce point le jeu du succès ? Ont-ils été contaminés par le désir de célébrité? Le mal des sommets les aurait-il frappés ?