31 mars 2017

Regarder : avec le corps



Bartholomüs Bruyn I, Portrait of Elisabeth Bellinghausen / Mauritshuis / Den Haag


De la Beauté, tant de définitions.
Mais c’est sans doute mon corps qui sait le mieux m’en parler.
Soudain
un sentiment de paix intense s’empare de mon être.
Mes yeux se détendent. Mes épaules se relâchent.


Toutes mes cellules disent oui à l'unisson.
Je vis comme une longue expiration. Une évidence.
Le temps suspend son vol.
Me voici enveloppée d’un calme souverain.
Dans une bulle où plus rien d’extérieur ne peut avoir d’importance.

28 mars 2017

Vivre : Still life / 16





On dit : c’est la première gorgée qui est la meilleure.
(les autres : la distraction, la force de l’habitude)
Être dans la dégustation de toutes les gorgées
implique une sacrée attention.
Cependant, il y a aussi la dernière goutte,
celle que l’on peut recueillir dans le fond de la cuillère.
Foncée, tâchée de marc.

Ah ! la saveur de celle-là !

27 mars 2017

Voyager : slow food



Image tirée du net

Je pars.
Demain j’ai rendez-vous avec de vraies stars, 
une jeune fille et un petit oiseau, 
dans un décor plutôt chic.
Suite à cela, je serai admise à la table de grands maîtres.

Après ces rencontres fastueuses, 
il s'agira de trouver un troquet à la hauteur
pour casser dignement  la croûte le soir venu.

26 mars 2017

Habiter : le bon endroit


Vienne derrière un store depuis le Léopold Museum

A la voir, cette maison,
Avec ses lignes épurées, son absence de fioritures (mais non de floraisons)
ses larges baies vitrées, son économie de moyens,
pourrait-on imaginer les interminables séances
lors des mises au point avec les architectes ?
De tous ces débats, R. rentrait lessivé.
J’en sortais émoustillée et bien décidée à avoir le dernier mot.
Au final, beaucoup d'éclats pour peu de chose :
Juste une maison évidente et claire

D’où il fait bon partir, où il fait toujours bon revenir. 

25 mars 2017

Vivre : sale caractère


Cathédrale Saint-Laurent /  Portail (détail) / Trogir

Sur la terrasse, tôt ce matin, il avait l’air bougon.
Tempêtant, pestant, il m’a poursuivie jusque dans la cuisine,
où il a encore entrepris de me harceler.
Pas commode, aujourd’hui.
J’ai dû le mettre à la porte.
Mais que lui ai-je donc fait,
au vent ? 

24 mars 2017

Vivre : furtivement


Rovinj / 2016

Le chemin qui mène au village contourne ce qu’on nomme pompeusement le « château »,
une belle bâtisse début du XIXème fort bien entretenue par ses discrets propriétaires.
Son jardin arrière est clos par un mur sur lequel ondoie une vigne vierge à la belle saison.
Il y a, dans ce mur, juste au coin, un portail en bois patiné, toujours soigneusement fermé.
Le « château », bien que placée en son cœur, est certainement la maison la plus secrète du village .
Sauf que…
certains jours…
pas plus de deux ou trois dans l’année…
le portail est entrouvert (oh, très peu, juste de quelques centimètres)
Comme une invite.
Alors, immanquablement, je ressens l'envie de planter les freins, descendre et me glisser à l’intérieur.
C’est dans ces moments-là, quand mon pied se lève imperceptiblement,
que je me sens le plus proche de mes six ans.
Alors, quoi qu’on m’ait interdit, quelles qu’aient pu être les menaces,
je serais entrée

dans le plaisir électrique des palpitations surmontées.

23 mars 2017

Vivre : Still life / 15




Acheter ou recevoir de jolis marque-pages. Oui.
Mais au final, toujours utiliser :
Des tickets de train / des quittances / des emballages de bonbons ou de chocolat / 
des billets d’entrée / des dépliants / des étiquettes de vêtements /
et même des brins d’herbe ou de tapis 

Au fil des lectures rendre utile le voué à l’inutile