30 avr. 2017

Vivre : ailleurs




Je pars en stage résidentiel pour une semaine.
Si longtemps, c'est la première fois.
J'appréhende un peu.
Je suis curieuse aussi.
On verra.

29 avr. 2017

Habiter : question de voisinage


David Bailly / autoportrait en vanitas (détail) / Mauritshuis / La Haye


Je déteste les commérages, les bavardages vains. Mes voisins savent qu'ils peuvent compter sur moi en cas de besoin. Sinon, je n’éprouve pas de curiosité particulière envers eux. Bonjour. Bonsoir. Un sourire, un signe lors d’un croisement de voitures. Ils m’indiffèrent. Poliment. Je ne souhaite de leur part que du respect pour ma vie privée et pas de conflits (de grâce !).
Le seul voisin qui m’intrigue, c’est le propriétaire de la construction originale juste en contrebas. Il vit seul et habite une maison… une maison assez particulière, d'un style très épuré. Sauf que cette maison a l’air triste (c’est sans doute une question de couleur, la façade ayant une teinte prune. Et c'est peut-être aussi dû à une impression d'abandon émanant de son jardin). 
Je me demande parfois quelle peut être la vie d’une personne vivant seule dans une belle maison triste. 

Il y aurait là matière à roman, sans doute.
Seule l'écriture pourrait fournir réponse à mes questions silencieuses.

28 avr. 2017

Regarder : l'art du détail


Près de Cortona / Toscane / 2015


L’été 2015 était particulièrement caniculaire. Il arrivait que l’orage menace, mais la pluie ne tombait jamais là où nous l’attendions, tandis que nous parcourions les routes brûlantes de la Toscane. 
Juste après avoir pris cette photo 5, j’avais saisi au fond d’une ruelle de Cortona trois vieilles femmes assises devant un petit bar, attablées tandis que la touffeur vespérale  ne cédait pas d'un pouce. Je me souviens que, désireuse d'être aussi discrète que possible, j'avais ensuite rapidement rangé mon appareil.

Il en a résulté une photo originale, que j’ai placée en fond d’écran à mon retour de vacances. 
Avec le temps, je croyais tout savoir sur cette image, à force de l'avoir  immanquablement sous les yeux. Au fil des jours, j’y ai découvert peu à peu de multiples détails : sur la façade, une publicité pour une marque de glaces; les couleurs de l'unique table et de ses nappes; l’habillement de chacune des femmes; leurs accessoires (sacs à main, bijoux, canne); leurs consommations (deux bouteilles d’eau minérale).

Et puis ce matin, ça m’est apparu, c’était flagrant : à l’extrême droite de la photographie, j’avais élargi la prise de vue au-delà des trois personnages et cadré un coin de la porte d’accès au bar. Par-delà le chambranle, dans ce que je pensais n'être qu'un coin sombre, on aperçoit dans la pénombre une table de bistrot, une chaise et une liste des prix affichée tout au fond, sur le comptoir. De même, à l’extrême gauche de l’image, on aperçoit  - sur une bande étroite, à peine une vingtaine de centimètres dans le champ réel - la vitrine du magasin voisin, apparemment un commerce de meubles, avec deux dépliants collés sur la vitrine.

On croit parfois avoir fait le tour des choses, tout connaître, tout savoir sur elles.
Et pourtant, cette photo me montre que des détails peuvent toujours apparaître, qu’on cerne rarement tout, 
qu’on peut toujours être surpris par la réalité des choses et de gens.  


Il faudra décidément que je visionne encore une fois Blow up, une histoire bien plus trouble que celle de mes trois grand-mères, et où les détails photographiques révèlent un important secret.


27 avr. 2017

Vivre : Still life / 19





Il y a des jours sans.
Pas dramatiques, pas désolants,
Non : juste des jours sans.
Des jours où des mesures pour contrer une mélancolie émergeante 
demandent à être prises.
J’aime alors recourir aux conseils avisés de la Fée des Lilas
(La situassïon mérite attenssïon
admirable Delphine Seyrig…)
Je prépare un carrotcake avec amandes et noix de coco
Je relis un album de Jérome K.Jérome Bloche
Ou bien …
Je change l’éponge de la cuisine.
J’ignore pourquoi, mais ce petit bout de mousse tout neuf
a le don de me remonter le moral vite fait. 

26 avr. 2017

Regarder : plein champ



Günther Förg / Sans titre / Arken 2017

Ça et là
les champs de colza,
jaune fluorescent.
Et puis, tout à coup,
sous la danse des nuages,  
les voici incognito,
vert profond.

25 avr. 2017

Vivre : les notes du jour


 Heindrick ter Brueggen / Joueuse de luth (détail / KHM / Vienne


Il y a deux flacons de parfum sur la tablette de ma salle de bain.
L’un est simple, il en émane des fragrances sympathiques, rappelant l’été et ses évidences. Rassurant, il donne pêche et légèreté.
Je crois qu’il a un nom anglais, que j’ai lu x fois, mais dont je ne me souviens jamais. On me l’a offert un jour. Je le porte comme un bon jeans fidèle.
L’autre a un nom plutôt étrange, il évoque des senteurs originales. C’est  une femme que j’avais interpellée un jour dans le train, qui me l’a révélé. Je lui avais envié ce parfum de caractère durant tout le trajet.effectué à ses côtés J’avais ensuite demandé le parfum en cadeau pour le Noël suivant.
Il y a des jours où je ne peux pas porter ce deuxième parfum. Des jours où je me sens trop peu armée pour aller affronter le monde en disant : voici, je suis la femme qui ose porter ces notes affirmées.
Ainsi, tous les matins, d’instinct, quand ma main se tend vers l’un ou l’autre des flacons, je sais précisément quelle est mon état d’esprit et dans quelle humeur je commence la journée.


24 avr. 2017

Regarder : les minuscules tableaux de Pieter S.


The Nave and Choir of the Mariakerk in Utrecht  (détail) /Rijksmuseum /Amsterdam


Ce sentiment de paix 
qui se dégage des tableaux de Saenredam...
L’œil doit s'approcher,
s'exercer,
se faire attentif
aux moindres détails, 
tous ces petits riens 
qui étaient son quotidien.