Jeune fille à une fenêtre grillagée / Dante Gabriel Rossetti/ Fitzwilliam Museum / University of Cambridge
Elle m'a demandé : Vous êtes prête pour les Fêtes ?
Elle m'a demandé : Vous fêtez Noël en famille ?
Ensuite, naturellement, elle a demandé : Et à Nouvel-An, vous avez prévu quelque chose ? Vous partez ?
Elle a logiquement ajouté : Et sur les marchés de Noël, vous y êtes déjà allée ?
Là, je commençais vraiment à fatiguer. Je répondais par monosyllabes. Je regardais mes pointes tomber et je me demandais combien de temps encore il faudrait pour terminer la coupe et vite vite sécher. J'ai dit oui pour un café. Je n'étais pas prête pour ces conversations toutes faites. Les fins d'année préfabriquées m'ont toujours exaspérée.
C'est au moment où elle me tendait mon manteau que j'ai décidé de faire un effort. Je lui ai demandé : et vous, qu'est-ce que vous aimeriez, pour Noël ?
Elle a levé alors les yeux et m'a dit : pour moi, rien. Juste une réponse positive pour mon beau-frère.
Et un dialogue a vraiment commencé. Il a trente ans. Il y a trois mois il est allé consulter parce qu'il maigrissait à vue d’œil. Les premiers médecins ont cherché et n'ont rien trouvé. Les seconds ont diagnostiqué, mais un peu tard. Il a dû partir se faire soigner à l'étranger, à ses frais. Là, il a repris un peu de poids et il doit recevoir les résultats. Il a un enfant de deux ans et il attend face au vent froid.
Je l'ai quittée. Je croise les doigts pour votre beau-frère. Un sourire s'est allumé sur le petit visage mutin de la fille qui m'agaçait.
