30 sept. 2022

Vivre : l'exposition d'une question

 

Exposition 2014 / MAK / Vienne

 

Idéalement, on voudrait répondre "non". Mais est-ce si simple ? Ce n'est pas parce que soixante ans d'appels exponentiels à la consommation nous ont promis le bonheur que celui-ci n'a aucun lien avec notre pouvoir d'achat.
Si seulement nous pouvions être heureux d'acheter selon nos besoins réels, réellement identifiés. Et ne pas nous laisser emporter par les diktats, les tendances, les statuts promis et les statuts exposés. "New"! "Nouveauté"! "Dernier modèle"! quelles argumentations!
Si seulement nous pouvions être sûrs de ne pas être ce que nous avons, mais d'avoir ce à quoi nous aspirons. Alors, oui, on pourrait consommer avec bonheur ce qui réjouit notre cœur.

29 sept. 2022

Voyager : une ville, la nuit

 

C'est beau, une ville la nuit, d'autres l'ont déjà dit, c'est fascinant, toutes ces lueurs, ces coins désertés, et ces places agitées. Pour connaître un lieu, il faut sans doute en traquer la luminosité, le découvrir très tôt le matin, et puis en plein midi et puis encore à nuit tombée.
 
 
(une ville est aussi belle quand doucement l'ombre l'appelle, la cueille, la saisit, petit à petit)
  
 
Les lieux ne vivent que par les présences, présences qui passent, qui se remplacent, qui s'effacent. Qui tremblent, qui vrombissent, qui s'évanouissent. On ne se sent jamais seul la nuit dans une ville. Il y a toujours une ombre lasse, qui se déplace, un frémissement, un cri, un crissement. Un appel que personne n'entend, un désespoir qui se rend, la demande de quelqu'un qui attend. Des gens qui se retrouvent, des pas qui se perdent.
 
 
Jamais la ville ne dort vraiment. Ses reflets palpitent, hésitent, reprennent vite la pulsion qui jamais ne quitte son cœur frémissant.

Le cœur des villes les conduit jusqu'au matin et elles recommencent alors leur rengaine habituelle. Comme si de rien n'était. Elles ouvrent leurs terrasses, les cafés offrent leurs tasses, les passants passent et repassent. Tout reprend dans un continuel mouvement.



28 sept. 2022

Regarder : sur les murs, les messages

 
shiFe / tag / centre ville / Padoue
 
No rain no rainbow
la sagesse en 4 mots 
 

27 sept. 2022

Voyager : des images dans la ville

 
Baptistère / Cathédrale de Padoue / Giusto da Menabuoi
 
C'est une ville où les images sur les parois médiévales sont étincelantes. A l'intérieur d'un baptistère ou de chapelles privées, elles ont la beauté d'un paradis retrouvé. On en perdrait la boule à trop vouloir les regarder. Sortant, on quitte avec difficulté le vertige qui s'est emparé de soi, Stendhal me comprendra, sentiment de retrouver la terre ferme après avoir failli se noyer. C'est une ville où l'on perdrait aisément la notion de l'espace et du temps.
 
 
Dans les rues, dans les coins plus précisément, on retrouve aussi d'autres images, moins élégantes, plus terre à terre, certaines se défont sous l'effet de la pluie et de divers outrages, d'autres ont surgi, à l'improviste, qu'on voit qu'on ne voit pas, on a l'impression d'en découvrir à chaque fois.
 

C'est une ville qui vit, qui déverse dans ses artères des flots de chiens, de pèlerins, d'écoliers et de vélos. On y cultive encore plus qu'ailleurs l'art de la discussion et l'art suprême de l'apéro. On tremble en la voyant découvrant promue dans toujours plus de magazines, vantée avec des couleurs sursaturées. On craint dès l'an prochain un excès d'arrivées prêtes à tout désarticuler, des flots de touristes envahissants évinçant les traditionnels croyants. On aimerait la préserver comme on la connait, depuis toujours, avec ses vendeurs de cierges, ses curés empêtrés dans leurs soutanes, ses fonds d'artichaut qui dansent dans leurs bassines et les clochers déployant leurs chants à toute volée par-dessus les cris des étudiants enfin diplômés. On la regarde comme un bien fragile, un chef-d’œuvre en péril, un enfant chétif à protéger. On savoure la fin de son été.



26 sept. 2022

Vivre : parfois le temps...

 
 Église des Eremitani / Padoue / septembre 2022
 
parfois le temps disparaît
le temps d'un moment
ne reste que la présence
à soi, au lieu, à l'instant

 

 

25 sept. 2022

Vivre : Still life / 122

 

Visiter une ville ne signifie pas s'intéresser uniquement à ses attractions et à la carte de ses restaurants, c'est aussi et surtout une question de regards, de détails et d'attitudes, conduisant à de stimulantes rencontres et de belles surprises. 
Le café Giotto, découvert par hasard un matin de safari photo, proposait des pâtisseries exquises et quelques bonnes idées de cadeaux. C'était aussi un lieu un peu spécial : on y vendait des produits réalisés en prison et reconnus en Italie comme de première qualité (leur panettone est classé depuis longtemps parmi les meilleurs produits dans la Péninsule).
Faire de l'expérience carcérale un moment de réinsertion et d'apprentissage, rien d'occupationnel mais un ensemble d'échanges positifs avec le monde extérieur et une opportunité pour les détenus concernés de gagner un salaire et de pouvoir soutenir ainsi leurs familles.
Une idée à encourager et à développer. Et de sublimes douceurs à tester (leurs glaces : à tomber!)

24 sept. 2022

Vivre : suivre les traces

 
Testa di Madonna / Andrea Briosco detto il Riccio / Pinacoteca / Padova
 
Quand on croise un ancien ami ou une vieille connaissance et qu'on lui demande :
"Qu'est-ce que tu deviens ?",  n'est-ce pas à soi dans le fond qu'on pose la question ?