A quoi tient le bonheur... à trois fois rien, c'est sûr. Sentir rouler sous ma paume cette boule de pâte souple, qui fera des chapatis gonflés et croquants. Humer le parfum d'épices que déroule à travers toute la maison le rotkohl fumant. La joie complice de découvrir que la cheffe Ada Parellada n'estime pas nécessaire d'ôter la fibre blanche des poivrons en préparant sa samfaina (de même que pour Gioele Merli il n'est pas besoin d'équeuter les haricots verts des deux côtés : pourquoi leur enlever cette petite virgule qui n'est qu'une délicieuse particularité?). On n'est jamais obligés de manger tous pareils, ni au même moment, ni d'appliquer des règles dont personne ne connaît plus l'origine ni le véritable sens. Et surtout : on n'est pas tenu de jeter tant de choses qui peuvent être consommées. On peut toujours. On ne doit jamais. On trace sa voie en faisant fi des diktats, en se posant cent questions et en suivant ses intuitions.
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