31 janv. 2022

Vivre : question de mérite

 
Exposition MAK / Vienne /  Eté 2014
 
quand, mais quand donc cessera-t-on de confondre la valeur des personnes avec leur capacité à consommer ?
 

30 janv. 2022

Vivre : les migrations du soir

 
Sculptures romaines / Kunsthistorisches Museum / Wien
 
Dans l'anonymat de la grande ville, la nuit est tombée, si vite, trop vite plongeant par surprise sur les rails et les trottoirs, bousculant la foule qui s'agite, se percute, s'évite, sans se voir. Chacun cherche son chez soi. Chacun voudrait l'atteindre, désespérément, et n'a de cesse de l'avoir atteint, en ramant. Chacun se hâte à tâtons vers le secours d'une sortie, d'un quai familier, d'une porte franchie. Des courants en crue se déversent. Des flux se télescopent. Un enfant s'accroche. Un homme en perd sa sacoche. Les réverbères illuminent les visages blafards, cernés par les années, cernés par les marées, pauvres masques défigurés par les trop longues journées. Les propos faiblissent, les adieux se tarissent, les conversations s'appauvrissent. On n'en peut plus de tenir bon, d'être dans la course. On rassemble ce qu'il reste d'énergie à faire bonne figure avec au fond de soi une seule obsession : retrouver coûte que coûte sa maison.

29 janv. 2022

Vivre : question d'équilibre

 
Continuo / Roberto Barni / giardino Spoerri / Seggiano
 
Tant de raisons de déraper, tant d'occasions de s'irriter,
de ruminer, de s'interroger, de déprimer, de chanceler
- oui, quand on y pense, tant de motifs pour se gâcher l'existence
rendre opaque ce qui ne devrait être que clarté -
et pourtant rester présente, veiller à ne pas se laisser emporter
demeure l'unique façon d'être, de vivre et d'avancer.
 

28 janv. 2022

Vivre : au Royaume du Danemark...

 

 
Au hasard de mes déambulations, dans la paisible librairie Quai des Brumes, le bouquin de Céline Marty, Travailler moins pour vivre mieux, m'a tapé dans l’œil et je n'ai pu que l'embarquer. Par la suite, plusieurs personnes intéressées m'ont demandé à l'emprunter. Nul doute : le travail est un sujet sensible. Très. 
En observant autour de soi, en écoutant les uns et les autres, on ne peut que constater que les gens satisfaits de leur vie professionnelle ne sont pas légion. Après avoir indiqué leur métier comme on présente une carte de visite ou comme l'on décline un pédigrée, quand les discours se font plus profonds et les affirmations plus proches de la sincérité, une dichotomie apparaît très vite : d'une part, il y a les personnes, avec  leurs attentes, leurs dons, leurs compétences, leurs énergies et, d'autre part, il y a le monde professionnel auquel elles se retrouvent confrontées et qui, d'une manière ou d'une autre, finit un jour par les décevoir, ou les user, voire les broyer.
Burnouts percutants ou à répétition. Harcèlements plus ou moins violents. Exigences démesurées. Incohérences. Conflits de pouvoir. Tout cela s'amoncèle et on se demande comment les gens peuvent survivre à tant de difficultés. La trajectoire professionnelle apparaît comme un parcours d'obstacles, une sorte de slalom au cours duquel, si l'on tient à sauver sa peau, il s'agit de pratiquer l'art de l'esquive, du combat florentin, l'art de la négociation et le non moins utile art de la fugue.
Même les loisirs, nous dit Céline Marty, sont organisés de telle sorte que non seulement ils aident à contrebalancer les méfaits du travail sur la santé, mais qu'en plus ils se révèlent rentables et quantifiables. 
Retirée de cet univers depuis  quelques années, je ne cesse ne m'interroger sur cette invraisemblable énigme : qu'est-ce qui fait que tant de salariés doués et enthousiastes, honnêtes, généreux et impliqués en arrivent à ne plus vouloir s'investir dans le monde salarié ? En arrivent, quand ils le peuvent, à le fuir pour se sauver, dépensant dans leur désespoir une énergie de noyés ?
Nul doute : Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark. Sans doute le monde professionnel est-il le reflet des dysfonctionnements plus larges de notre monde et de nos sociétés. La question du sens est fondamentale. Elle demande à être pensée, analysée, discutée : pourquoi et comment en est-on arrivé là ? Quelle marge de manœuvre pour les remises en question et les changements possibles ? J'espère que l'ouvrage apporte quelques pistes (et j'ai hâte qu'il me revienne).

27 janv. 2022

Vivre : le silence uni de l'hiver

 

 il y a des images, on dirait le silence...
on pourrait rester de longs moments,
immobile, imaginer des îles, des lagunes,
ne craindre ni le froid, ni les brumes,
à laisser émerger des vers de Rilke...
 
Le silence uni de l'hiver // est remplacé dans l'air // par un silence à ramage ; // chaque voix qui accourt // y ajoute un contour, // y parfait une image.
Et tout cela n'est que le fond // de ce qui serait l'action // de notre coeur qui surpasse // le multiple dessin // de ce silence plein // d'inexprimable audace.

26 janv. 2022

Vivre : ouvertures

 

Face à trop de brouhaha et de brouillages, monter de quelques étages...

25 janv. 2022

Vivre : suivre le conseil de Léon

 

Aujourd'hui, je me suis sentie bien, totalement, magnifiquement bien. La vie, les gens, le monde (et même le brouillard) me souriaient. Je suis tombée sur trois livres et deux revues qui feront mon bonheur pendant les prochaines après-midis. J'ai accueilli de bonnes nouvelles. Tout allait pour le mieux. Je me suis demandé à quoi cela tenait. Une question de sommeil profond ? Une question d'alimentation ?  de création ou de méditation ? J'y ai longuement pensé durant mes longues promenades sous les arbres bienveillants. Là, je crois que je viens enfin de trouver. Suis tombée sur cette citation de Tolstoï : "Si vous voulez être heureux, soyez-le." Voilà. Pas plus compliqué que ça.