Montée vers le col / Versant italien / Grand- saint-Bernard
Ces derniers mois, il
y a eu dans ma vie le silence de deux ou trois personnes. J’attendais beaucoup
de ces deux (peut-être trois) personnes. J’attendais le son de leur voix,
j’attendais leur soutien. J’attendais des mots d’encouragement et de
reconnaissance. J’en avais terriblement besoin. Mais j’attendais probablement
trop, j’attendais quelque chose qu’elles ne pouvaient pas me donner. Leurs mots
ne sont pas venus. Parfois, on ne reçoit pas quelque chose qu’on attend, dont
on éprouve intensément le manque, et on doit accepter ce qui est. Juste accepter
ce qu’on n’aura pas.
Il faut admettre le
silence et le vide qu’on aurait voulu voir comblés par deux ou trois personnes.
Un jour d’été, ayant
franchi le col, en contrebas de la montagne, on se tient droit, face à la lumière
vive, face au spectacle mirobolant qui s’étale sous nos yeux, dont les couleurs
commencent à chauffer sous l’effet du soleil, et on accepte qu’on n’a aucun
pouvoir sur le désir des autres (les entreprises de séduction semblent des
manipulations tôt ou tard vouées à s’échouer). Alors... on respire. On
respire encore et encore jusqu’à ce que la beauté de cette merveilleuse journée
quasi automnale nous apparaisse dans toute sa splendeur, nous rende acceptables le
silence et le vide et les ramène à leur absolue banalité.