Fan de podcasts, lesquels accompagnent une bonne partie de mes activités quotidiennes, j'apprécie tout particulièrement Les remèdes à la mélancolie, pour le ton à la fois grave et enjoué d'Eva Bester, son écoute attentive, son humour décalé, son tact et la complicité qu'elle sait instaurer avec ses invités. Sa manière aussi de prendre au sérieux la vie, tout en assumant une distance tendre et ironique avec petits et grands soucis.
Faire parler les gens sur leurs remèdes aux blessures intimes est un concept fondamentalement approprié : au fil du dialogue, il y a des douleurs qui se révèlent et elles peuvent se dire uniquement parce que l'on mentionne en même temps les capacités que l'on a pour faire face (ou pour faire avec). Les gens parlent donc d'eux, en creux, sans trop en dire, avec le sourire. On devine les failles, on partage, on compatit.
L'automne dernier, l'animatrice recevait Mathias Malzieu, lequel racontait qu'il avait réalisé qu'il était sorti d'une très grave maladie le jour où il a commencé à râler, comme tout le monde, pour des conneries : la météo ou la défaite de son équipe de foot préférée.
Il a aussi dit - et je le comprends si bien - qu'il ne partageait pas l'opinion de Nietzsche. Il a énoncé : Tout ce qui ne tue pas... abîme un peu. Et puis, il a cité Thoreau, ce mot si beau : En tuant le temps, on blesse l'éternité.
S'embêter, se perdre en distractions, attendre Godot, c'est sans doute injurier infiniment, douloureusement l'éternité.






