1 févr. 2023

Vivre : le soulagement

 
Vocazione dei figli di Zebedeo (dett.) / Marco Basaiti / Gallerie dell'Accademia / Venezia

En répondant "non" à la femme médusée, je ressentis très précisément, au centre de mon talon, le sens de l'expression : "s'ôter une épine du pied".

31 janv. 2023

Vivre : et pourtant, le printemps

 

Au matin, les rives blêmies, les cimes blanchies parlent sibérien.
Mais les chants, les chants insistants, la hardiesse des jonquilles,
la mue des chiens prédisent des renaissances à nos sens transis.


30 janv. 2023

Vivre : croire et créer

 
 Le Amazzoni / Massimo Campigli / Ca' Pesaro / Venezia
 
En bas, à droite, elle avait collé sur son tableau un extrait soigneusement déchiré : la fin de quelque chose est souvent le début de quelque chose de nouveau - et il peut en ressortir des trésors. Elle a commenté : ce sera mon motto de l'année. Sa palette était noire et blanche, mais il y avait quelques chances qu'elle puisse peu à peu prendre des couleurs.

29 janv. 2023

Lire : avoir du mal à rapporter des faits

 
 
 
Je connais très bien ce sentiment d'effleurement. Chaque fois que vous êtes enfin prêts à parler de ce temps-là, la mémoire fait défaut et la langue se colle au palais. Et puis, vous ne dites rien qui vaille. Il arrive parfois que les mots commencent à jaillir de votre bouche, vous racontez, vous abondez. comme si un cours d'eau bouché s'était ouvert. Mais vous vous rendez compte aussitôt que c'est un écoulement plat, chronologique et extérieur, sans flamme intérieure. La parole, coule, coule, mais vous ne révélez rien et vous sortez de là tête basse. [p.194]
 
C'est à l'âge de 67 ans, alors qu'il était déjà un écrivain confirmé, qu'Aaron Appelfeld a publié Histoire d'une vie. Il fallait certainement une longue maturation intérieure et une grande expérience d'écriture pour parvenir à exprimer dans son langage très personnel l'expérience qui fut la sienne afin que d'autres personnes, extérieures, puissent entrer dans ce monde où l'horreur côtoie la sainteté et que les mots peuvent évoquer sans jamais décrire. 

Sa trajectoire pourrait être esquissée ainsi : une petite enfance heureuse dans une famille aimante, cultivée, assimilée, la montée du nazisme et l'envahissement de la Bucovine, sa terre natale, l'assassinat de sa mère, la déportation avec son père, la fuite et la survie en solitaire jusqu'à la fin de la guerre dans des situations extrêmes. Et puis un long chemin vers Israël, détour passant par la Croatie et l'Italie, avant de recommencer une nouvelle vie, dans une nouvelle langue et sur une nouvelle terre.

Histoire d'une vie est présenté comme un roman. Il pourrait s'agir d'une autobiographie, puisque le narrateur parle de réalités qui concernent Aaron Appelfeld. Mais celui-ci prévient dès les premières pages, en préface : 
 
Les pages qui suivent sont des fragments de mémoire et de contemplation. La mémoire est fuyante et sélective, elle produit ce qu'elle choisit.[p. 7]
 
Ainsi, les questions de temporalité restent toujours floues dans les œuvres de cet auteur. Ce qui frappe en lisant ce livre, c'est l'importance du corps comme support de mémoire. Cette thématique court sur tout le récit : ce sont les sensations corporelles qui rendent compte de ce qui fut, bien plus que les souvenirs enfouis ramenés sous forme de mots et de pensées à la conscience. La force de l'expérience profondément ressentie prime toujours sur les faits.
 
Plus de cinquante ans ont passé depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le cœur a beaucoup oublié, principalement des lieux, des dates, des noms de gens, et pourtant je ressens ces jours-là dans tout mon corps. Chaque fois qu'il pleut, qu'il fait froid ou que souffle un vent violent, je suis de nouveau dans le ghetto, dans le camp ou dans les forêts qui m'ont abrité longtemps. La mémoire, s'avère-t-il, a des racines profondément ancrées dans le corps. Il suffit parfois de l'odeur de la paille pourrie ou du cri d'un oiseau pour me transporter loin et à l'intérieur. [p.60]

Plus de cinquante ans ont passé et la même peur habite mes jambes. [p.71]

Si les "tenants des faits" avaient été prêts à m'écouter un instant, je leur aurais de nouveau raconté que j'avais sept ans lorsque éclata le Seconde Guerre mondiale. La guerre s'était terrée dans mon corps, pas dans ma mémoire. Je n'inventais pas, je faisais surgir des profondeurs de mon corps des sensations et des pensées absorbées en aveugle. A présent je le sais : même si j'avais su alors formuler mes pensées, cela ne m'aurait pas aidé. Les gens réclamaient des faits, des faits précis, comme si en eux résidait le pouvoir de résoudre toutes les énigmes. [p.200]

Pour éviter "un magma de mots inexacts, un rythme faussé, des images faibles ou exagérées" l'écrivain se refuse à parler de la Shoah. Pas question pour lui de la décrire. Pour autant, peu d'écrivains ont su l'évoquer mieux que lui. En creux.
 
Une épreuve profonde, ai-je appris, peut être faussée facilement. Cette fois-ci non plus je ne toucherai pas ce feu. Je ne parlerai pas du camp, mais de la fuite, qui eut lieu à l'automne 1942, alors que j'avais dix ans.[p.60]
 
Je suis entrée dans le monde d'Aaron Appelfeld à partir de ce livre et il me semble qu'il est le pivot de toute son écriture. L'ensemble de ce qu'il a écrit auparavant ne fait que conduire à ces pages de grande intensité et tout ce qu'il a écrit après ne fait qu'amplifier cette narration. En le relisant, j'ai réalisé combien non seulement le corps, mais aussi le silence, est un élément central dans son œuvre. Il est un écrivain de la contemplation.

Je n'avais jamais aimé le pathos et les grands mots. J'aimais et j'aime encore contempler. La supériorité de la contemplation tient au fait qu'elle est dénuée de mots. Le silence des objets et des paysages vient à vous sans rien imposer.
 
Lire ses livres, c'est accepter d'entrer dans un monde irrationnel, lié à l'enfance, au silence et à l'observation, dans lequel présent et passé, s'entremêlent continuellement et où les morts côtoient sans cesse les vivants. Ce monde irrationnel est la seule manière raisonnable et forte de dire et de raconter ce qui fut quand l'être humain a été confronté à l'horreur et à l'inexplicable. 
Au centre de cet ouvrage se trouvent des pages d'une rare profondeur où l'écrivain rend compte de son expérience et de sa conception de la littérature dans une langue d'une extrême pureté. Son style est limpide, poétique et juste. Ce sont aussi des pages qui, si on prend la peine de les considérer avec un peu de recul, peuvent tout simplement être perçues comme une description de l'identité de l'artiste. Qu'est-ce que l'art, sinon une manière de transmettre la réalité au-delà des descriptions ou des déroulements rationnels ?
 
En complément de ce billet, je me permets de mettre en lien  ICI le compte-rendu du roman Mon père et ma mère, publié par Aaron Appelfeld en 2013, et présenté par les éditions l'Olivier dans sa version française en 2020. Ce livre décrit les jours se déroulant juste avant une catastrophe, marqués par l'attente et le pressentiment.
Pour mieux connaître cet auteur : Dans le faisceau des vivants, publié en 2019 par Valérie Zenatti, traductrice et amie de l'écrivain.

 
 
 
 
Lecture proposée dans le cadre des lectures communes autour de l'Holocauste.
Merci aux organisateurs.
Autres livres présentés : Maus, Art Spiegelman //   Hana, Alena Mornstajnova  

28 janv. 2023

Voyager : avis de disparition

 
Fable de Venise / Hugo Pratt / édition couleur 2016

Je me souviens que pendant longtemps Venise était remplie de chats. Ils faisaient partie de sa légende. Beaucoup sont restés dans ma mémoire. Il y avait cet élégant félidé qui faisait office de concierge à la Locanda La Corte. Impossible de récupérer sa chambre sans s'être fait enregistrer par l'animal qui vous tenait bien à l’œil. Un jour j'avais tiré le portrait à ce chat qui louchait avec candeur, assis sur le campo Bandiera e Moro. Quelqu'un qui tenait énormément à lui avait tracé un numéro de téléphone sur son collier et le chat semblait attendre qu'on veuille bien venir le récupérer. Évidemment, impossible d'oublier l'énorme matou qui un soir nous a coupé la route dédaigneusement sur la Fondamenta della Toletta. Intrigués par cet imposant personnage, nous l'avions suivi durant un long moment, nous demandant qui pouvait bien être son maître. Tout à coup, le somptueux félin bifurqua sur la gauche pour entrer tel un monarque dans une boucherie bien achalandée où tous les clients lui firent place. Et puis, il y a eu la colonie de Torcello, qui se dorait au soleil du printemps, confiante dans la générosité des touristes. Et, un peu partout dans la ville, des chats qui se prenaient pour des lions (à moins que ce ne fût le contraire).
  
Eh bien, la surprise de ce dernier voyage a été ne n'apercevoir aucun chat, nulle part. Ni dans les calli, ni sur les campielli, aucun félin alangui pour orner la ville. Faisait-il peut-être trop froid ? Restaient-ils plus volontiers lovés à l'intérieur ? Qui sait ? En revanche, une multitude de chiens avaient surgi, de toutes parts, accompagnant leurs maîtres qui faisaient leur footing, ou leurs maîtresses leur shopping. Des chiens terriblement bien mis, très racés, portant avec élégance des manteaux assortis à ceux de leur humain ou de leur humaine. Des chiens urbains, bien dressés, promenés comme des bébés et pour lesquels on avait ouvert ça et là plusieurs boutiques de produits dérivés.

27 janv. 2023

Lire : recomposer avec l'aide de milliers de souvenirs fragmentaires...

 

Ils m'ont conseillé d'oublier parce qu'il ne voulaient pas entendre ce que je pourrais raconter. Mais leur peur était inutile. Je ne pouvais pas oublier. Mes souvenirs  sont tatoués dans ma tête comme  le numéro sur mon avant-bras. Mais les raconter, ça, je ne pourrais pas. [p.330]
 
Ce livre raconte l'histoire de deux femmes tchèques, Hana et sa nièce Mira. La première est née au début des années 1920, dans la petite ville de Meziříčí, au sud de Prague. La seconde en 1945 au moment de la libération de la ville par les troupes soviétiques. L'aînée a vécu l'enfer de la déportation et a réchappé de manière invraisemblable non seulement aux camps, mais au typhus et à une autre forme de violence extrême : le mépris et le rejet de son expérience, la poussant jusqu'aux confins de l'autisme. La plus jeune a perdu ses parents et sa fratrie lors d'une épidémie de typhus en 1954 et a été ensuite recueillie par sa tante jusqu'à l'âge adulte. Meziříčí, sa vie quotidienne, ses habitants juifs et non-juifs, servent de toile de fond à la narration, d'abord dans le contexte de l'entre-deux guerres, puis après la guerre. Le livre s'achève en 1963.

Le récit est présenté selon une construction intéressante qui se déploie en trois parties. La première est portée par la voix de Mira et elle raconte le point de vue de la génération d'après la déportation. Ce qu'elle ignore, ce qu'elle est amenée à soupçonner, ce qu'elle finit par apprendre (ce n'est qu'à la page 87 qu'apparaît le mot "juive", un mot lancé à Mira par une camarade de classe pour justifier une impossible invitation).
La partie centrale commence durant les années ayant précédé la guerre et l'invasion allemande. On y découvre l'histoire de la famille concernée, active et intégrée dans la société, dont la judéité quasiment refoulée est ravivée par les théories nazies. Elle décrit les mesures discriminatoires qui vont s'intensifiant et enfin les persécutions et les déportations. On s’interroge. Qui est la narratrice de cette deuxième partie ? S'agit-il vraiment de Mira, dont on apprend le goût pour les études et les lettres, une Mira qui se serait penchée sur le passé des siens ? C'est ce que l'autrice voudrait nous faire croire, mais un mystère plane sur cette voix omnisciente, la voix d'une personne qui aurait eu le recul nécessaire pour se documenter et témoigner sur l'histoire de sa famille. (Ce n'est là bien sûr qu'une simple supposition de ma part : impossible de vérifier, je n'ai pas pu trouver de documentation sur Alena Mornštajnová, l'autrice, et savoir si une partie de son récit correspond à une biographie familiale).
Enfin, la troisième partie - qui contient l'expérience de la déportation - est racontée par Hana et court sur une vingtaine d'années complétant l'histoire du point de vue du personnage le plus violemment touché par les tempêtes de l'Histoire.

La force du roman  tient certainement dans cette construction, ces va-et-vient dans la temporalité qui permettent non seulement une narration non linéaire captivante, mais aussi une progression dans la tension et l'émotion qui soit supportable pour les lecteurs. En cela, Alena Mornštajnová  maîtrise bien son écriture avec un style simple, efficace et sobre. Comme pour tous les écrits romancés sur l'Holocauste qui se proposent d'éviter les survols et les ellipses, la difficulté consiste à dire et décrire tout en permettant une lecture soutenable et on mesure à chaque chapitre les difficultés auxquelles a dû être confrontée l'autrice. J'ai apprécié le fait que dans de courts chapitres l'écrivaine ait osé traiter la vie dans les camps d'extermination dans ses aspects les plus triviaux ou sordides (même si le cadre d'un roman permet difficilement de décrire la réalité dans toute son horreur). Bref, ce livre parvient à proposer à un large public un sujet sensible et douloureux (historique, mais toujours très actuel au vu de la situation géopolitique que nous sommes en train de vivre). 
 
Tout m'était familier et étranger à la fois. Parce que moi, je n'avais plus ma place dans ce tableau.
La ville n'avait pas changé. C'est moi qui avais changé.
Je me traînais le long des rues jusqu'à la place,  les yeux rivés sur  le trottoir. Je ne m'arrêtais que par instants, pour me reposer et regarder cette ville étrangère dans laquelle j'étais née vingt-six ans plus tôt. Les gens me contournaient, certains sans faire attention à moi, d'autres agacés. Il devaient se  demander qui était cette femme étrange qui se tenait ainsi au beau milieu du trottoir, gênant tout le monde. Autrefois, ça m'aurait été désagréable. A présent, ça m'était égal. [p.273] 
 
L'ouvrage est présenté comme un succès éditorial dans son pays (le nombre d'exemplaires tirés en Tchécoslovaquie est mentionné sur le bandeau en couverture et répété à deux reprises : sur la quatrième de couverture et dans la présentation de l'auteur). Un tel succès peut s'expliquer sans doute par le fait que l'autrice sait judicieusement doser la part de réalisme de son récit avec la part de romanesque (les traitrises amoureuses et les histoires d'amour qui finissent bien, la fin ouverte sur une note d'espoir et non sur diverses lâchetés ordinaires, l'antisémitisme du peuple tchèque effleuré mais pas vraiment traité).

Les deux protagonistes sont des personnages très forts, chacune à leur manière. On peut regretter que l'écrivaine n'explore pas mieux leur relation, comment elle s'établit et se fortifie, puisque Hana la recluse, l'asociale quasi psychotique accueille chez elle la jeune Mira alors qu'elle n'est pour elle qu'une inconnue (même si elle est la fille de sa sœur aimée). Elles sont amenées à vivre ensemble pendant une dizaine d'années et on peut imaginer le rôle primordial qu'a pu jouer leur rapport dans la survie d'Hana. Du reste, celle-ci dit à un certain moment : "Mira se glissa dans ma vie, s'y installa fermement et devint le centre de gravité de mon être". Le roman aurait gagné à être moins elliptique et à dépeindre la consolidation de leur lien au fil des jours et des échanges.
 
Par ailleurs, j'ai trouvé que le personnage titre manquait d’épaisseur, voire de crédibilité : elle qui aurait pu mourir tant de fois, à Auschwitz ou ailleurs, n'était son incroyable ténacité, son exceptionnelle force corporelle, elle qui a survécu à toutes les horreurs, sans compter l'horreur du retour : le rejet de toute la communauté peu désireuse de voir et de savoir ce qui avait pu arriver aux déportés, est présentée comme un être cassé dans tous les sens du terme. Tout le long du texte, elle est régulièrement dépeinte comme dérangée, voire folle et en même temps elle tient un discours des plus fluides pour raconter sa version des faits durant les 80 dernières pages. A travers elle pourrait se développer la question centrale de la culpabilité : la manière dont elle est tenue pour responsable d'événements et de drames survenus avant, pendant et après la déportation et en vient elle-même cruellement à intérioriser les désastres subis aurait mérité d'être plus fouillée. Mais sans doute Alena Mornštajnová est-elle une écrivaine de la description, désireuse de présenter des faits, et laissant à ses lecteurs le soin d'imaginer les mouvements intérieurs de ses personnages.

Le problème de savoir si et comment l'Holocauste peut être décrit en mode romanesque se pose continuellement avec ce livre. De quelle manière aborder cette thématique autrement que par un récit documentaire quand on ne parle pas d'expérience ? Cela dit, le livre m'a offert la possibilité de mieux connaître une page de l'histoire du pays tchèque. Il m'a aussi permis de découvrir la maison d'édition Jaune et Bleu, créée en 2015, entre Paris et Colmar et présentée ICI

(Enfin, à propos de stratégies éditoriales, juste un mot sur la question des couvertures de livres, devenues de véritables arguments de vente. La représentation d'un gâteau sur les éditions originale et française peut se comprendre, étant donné le rôle joué par un dessert dans le déroulement de l'histoire, même si elle reflète mal le récit qui n'a rien de lisse ni de brillant. En revanche, le livre anglais avec son énorme étoile jaune en couverture paraît de mauvais goût, par son aspect racoleur. Dès lors, la couverture allemande, représentant une petite fille penchée contre une barrière, paraît plus convaincante car c'est bien de cela, dans le fond, qu'il s'agit : de l'enfance, de l'innocence que des catastrophes viennent fracasser. A tout prendre, il se pourrait que la couverture croate, au dessin sobrement allusif, soit la mieux adaptée.)
 



 
 
Lecture proposée dans le cadre des lectures communes autour de l'Holocauste.
Merci aux organisateurs.
                                                    

26 janv. 2023

Lire : des piles et des piles non réclamées

 
Libreria Marco Polo / Dorsoduro / Venezia
"Fuck the mobile. Let's return to telepathy"
 
L'ancienne cabine téléphonique qui sert de boîte à échange de livres dans le village voisin, joliment aménagée, régulièrement rangée, déborde pourtant de bouquins que personne ne veut emporter. Les guides de voyage, les albums pour enfants, les romans récents s'entassent et la PAL menace de devenir une PAJ. On croirait voir des présentoirs de vêtements lamentablement oubliés. Que se passe-t-il donc ? Pourquoi ce trop-plein ? Il semblerait qu'il y ait trop de trop en matière d'édition comme dans toutes sortes d'autres productions. Les libraires transformés en préposés à la mise en place des arrivages se retrouvent sur les rotules et les gens poussés à consommer, achètent des bouquins dont ils sont vite lassés ou qu'ils ne parviennent pas à terminer. Comme c'est navrant, un écrit qui ne trouve aucun regard désirant! Quant à moi, j'étais dans la plus totale incapacité de contribuer à diminuer le stock. J'avais passé toute l'après-midi sur une préface, dont les quatre pages m'ont envoûtée, par leur profondeur, par leur beauté. Nous voilà bien avancés!