17 juin 2026

Vivre : Still life / 197

 
 
 
Tous les dix ans environ, je reçois un portemonnaie Stefi Talman. On vient de m'en offrir un pour mon anniversaire. Jusque là, rien de particulier (si ce n'est qu'avec le temps les pièces, toujours bien réalisées, une excellente maroquinerie, ont tendance à être de moins en moins originales, il me semble qu'au début il n'y avait pas un modèle pareil à un autre, les peaux, cuir grainé ou lisse, veau ou vache, étaient à chaque fois assemblées de telle sorte que chaque exemplaire était unique). J'adore ces objets. J'adore leur qualité, leur organisation, leur taille. Ils entrent dans tous les sacs, peuvent contenir deux monnaies différentes, permettent de glisser quelques médicaments dans leur séparation, sont robustes et s'adaptent à divers types de sacs ou sacoches. J'ai parfois tenté d'utiliser un autre modèle, d'une autre marque. Je transférais alors la monnaie, les billets, les cartes, bien décidée à changer. Mais ça ne tenait jamais plus de quelques jours : ces portemonnaie Stefi Talman sont parfaits et ils me manquaient.
Bien, j'en arrive à la  question : je ne parviens pas à m'en détacher. Je suis incapable de les jeter. Même vieux, râpés, usés, ils restent entassés dans un tiroir. J'ai toujours l'impression qu'ils pourraient encore me servir. Ils sont l'exemple de mon attachement à tout ce que, chose, lieu ou personne, j'ai un jour adopté. Ils me rassurent. Un fil invisible me pousse à les garder. 
 

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